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Les start-ups de la défense peuvent compter sur un nouveau réseau d’investisseurs européens / Une initiative se lance en s'inspirant du modèle de Défense Angels
Les business angels français donnent des idées. Après le lancement du fonds "Bpifrance Défense" à la mi-octobre, la banque publique d’investissement a inauguré la semaine dernière la première édition de la Semaine européenne de la Défense, à Paris. Au programme : la réunion de plus de 1 000 acteurs européens de l’innovation de défense et de la technologie duale. Une séquence marquée par plusieurs annonces, dont celle de la création du "Defence Angels European Network" (DAEN), le premier réseau paneuropéen de business angels dédié aux technologies de défense et à l’innovation stratégique.
Des investisseurs capitaux pour soutenir l’innovation
Une initiative s’inspirant du réseau français Défense Angels, première structure de business angels en Europe consacrée au financement des start-ups stratégiques, précise Bpifrance. Il s’agit par ailleurs de la première fois que des investisseurs privés issus de l’ensemble du continent unissent leurs forces pour soutenir les start-ups européennes les plus en pointe dans les domaines de la défense, des technologies à double usage et des technologies critiques (allant des matériaux avancés aux drones, ou encore l’espace, la cybersécurité et le quantique). Ce type de réseau et d’investisseurs est tout particulièrement utile pour les start-ups en phase de démarrage : les business angels sont souvent d’anciens entrepreneurs, aux conseils et au carnet d’adresses utiles à toute entreprise.
Leurs financements représentent, par ailleurs, le grand avantage de produire un effet de levier notable sur les autres acteurs de marché. Un axe de prime importance pour les start-ups de la défense, tout comme pour les autres entreprises de cette filière. Pour mémoire, une récente étude de la banque dirigée par Nicolas Dufourcq avait en effet estimé que l’effort de défense porté par l’OTAN, qui nécessitera une mobilisation accrue de toutes les forces productives, générera un besoin de financements d’environ 15 milliards d’euros entre 2025 et 2030 – cela étant principalement réparti entre 10 milliards d’euros de dette, 5 milliards d’euros de fonds propres et de 200 millions d’euros d’autofinancements.
Plusieurs maillons
Le DAEN est soutenu par des fédérations nationales (comme France Angels ou son homologue italien), par les deux fédérations européennes de business angels et par plusieurs réseaux similaires des États membres de l’Union européenne. La naissance de ce réseau a également fait participer plusieurs partenaires institutionnels, comme Bpifrance au travers de sa plateforme internationale de mise en relation EuroQuity, le ministère des Armées français et d’autres acteurs européens. L’objectif est en tout cas clair : pallier le déficit de financement en amorçage des start-ups qui développent des technologies essentielles à la sécurité, à la résilience et à la compétitivité de l’Europe.
Ce réseau, ayant été pensé comme une plateforme, vise à favoriser les co-investissements transfrontaliers, le partage d’expertises entre business angels et à mettre en relation les entrepreneurs de la "defence tech" avec des partenaires industriels, financiers et institutionnels d’horizons géographiques multiples. "Il servira également de pont entre les instruments publics — tels que le Fonds européen de défense, la Defence Equity Facility ou le Conseil européen de l’innovation — et la communauté des investisseurs privés européens ", précise Bpifrance.
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