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Coface ressent les effets du cycle mais garde le cap / La diversification engagée doit renforcer davantage la résilience du modèle

Le ralentissement du commerce mondial, la baisse des matières premières et la remontée des défaillances pèsent sur l’activité de Coface. Le groupe compense par une gestion rigoureuse et par la montée en puissance de ses services d’information, au cœur de sa stratégie Power the Core.
Coface fait face à un environnement économique moins porteur, tout en consolidant sa diversification (Photo by Aleksander Kalka/NurPhoto) (Photo by Aleksander Kalka / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
Coface fait face à un environnement économique moins porteur, tout en consolidant sa diversification (Photo by Aleksander Kalka/NurPhoto) (Photo by Aleksander Kalka / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

"Un environnement économique qui se durcit". Sans s’y résumer, les résultats du trimestre portent la marque de ce contexte que souligne Xavier Durand, directeur général de Coface. Marqué par la mise en place de nouvelles barrières douanières, la baisse du prix des matières premières et un nombre de défaillances d’entreprises supérieur à la moyenne de cycle, l’environnement reste peu porteur pour l’assurance-crédit. Le groupe affiche néanmoins un résultat net trimestriel de 52 millions d’euros, en ligne avec les attentes du marché, et un retour sur fonds propres tangibles (RoATE) de 12 % sur neuf mois, un niveau que le groupe juge "supérieur à ses objectifs de moyenne de cycle".

Le chiffre d’affaires s’établit à 1,39 milliard d’euros, en hausse de +1,8 % à périmètre et change constants. Les primes d’assurance-crédit progressent de +1,1 %, tirées par une activité client légèrement plus dynamique (+2,1 %) dans un environnement où les volumes d’échanges se redressent, même modestement, après un point bas en 2024. La rétention reste élevée à 93,5 %, proche des records historiques, tandis que l’effet prix demeure négatif (-1,8 %), signe d’une concurrence toujours vive.

 

Une discipline technique mise à l’épreuve

 

La qualité du portefeuille reste un atout central. Le ratio combiné net atteint 71,9 %, en hausse de 7,6 points sur un an, mais toujours inférieur à la moyenne de cycle. La sinistralité nette s’élève à 39,6 %, soit +4,1 points, traduisant le retour des défaillances à des niveaux pré-Covid et des sinistres plus importants. "La rigueur de souscription de Coface a permis de limiter la progression du ratio de sinistralité, malgré la hausse de la taille moyenne des dossiers indemnisés", souligne le directeur général.

Cette discipline s’exerce dans un cadre de marges plus étroites. L’inflation et la poursuite des investissements ont alourdi les frais de gestion, faisant progresser le ratio de coûts à 32,3 %. Le ratio combiné, qui additionne ces frais et la sinistralité pour mesurer la rentabilité du cœur d’activité, se maintient autour de 72 %. Le résultat opérationnel recule de 17 % à 261,6 millions d’euros, pour un bénéfice net de 176 millions (-15 %). Oddo BHF juge la performance "conforme aux attentes, dans un environnement plus difficile".

 

L’innovation et la donnée en soutien

 

Si l’activité d’assurance-crédit marque le pas, la dynamique des services continue de se renforcer. Les services d’information, le recouvrement et l’affacturage progressent de 10,7 % au troisième trimestre et représentent désormais près de 11 % des revenus du groupe. Ce mouvement illustre la pertinence de la diversification engagée depuis plusieurs années, autour de la donnée, de la connectivité et de l’innovation produit. C’est dans cette logique que Coface a créé en juillet un pôle technologique dédié, confié à Thibault Surer, afin de mieux coordonner ces leviers de croissance.

"La stratégie résolue d’investissement dans la création d’un écosystème autour de l’analyse et du contrôle des risques, de la distribution digitale et des services complémentaires trouve donc toute sa justification", assure Xavier Durand. Coface a d’ailleurs renforcé en 2025 ce dispositif par plusieurs acquisitions ciblées dans les services d’information, dont Cedar Rose, spécialiste de l’information commerciale au Moyen-Orient et en Afrique, et Novertur. Ces rachats élargissent la couverture géographique et sectorielle du groupe, tout en consolidant un modèle combinant assurance-crédit, data et technologies avancées.

La montée en puissance des services d’information et l’exploitation accrue de la donnée doivent contribuer à rendre le modèle moins cyclique et plus rentable, en ligne avec la feuille de route Power the Core, qui guide la stratégie de Coface jusqu’en 2027.

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