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Amundi franchit un nouveau record d’encours à 2 317 milliards d’euros / Un trimestre solide à l’approche du nouveau plan stratégique 2025-2028
"Ce troisième trimestre a confirmé la dynamique de croissance d’Amundi, avec une collecte soutenue sur nos axes stratégiques et une hausse de 5 % de nos revenus." Valérie Baudson, la directrice générale d’Amundi, avait de bonnes nouvelles à annoncer lors de la présentation à la presse des résultats du troisième trimestre du premier gestionnaire d’actifs européen, en premier lieu sur le front commercial. Les encours ont franchi un nouveau sommet à 2 317 milliards d’euros à fin septembre, portés par 15 milliards de collecte sur la période et 67 milliards depuis le début de l’année. Une performance soutenue par des moteurs de croissance équilibrés entre clientèle de particuliers et institutionnels.
Un trimestre dense, dopé par la vigueur des ETF mais aussi par les stratégies obligataires actives et les solutions multi-actifs. "Nous confirmons notre leadership européen et notre deuxième place au global sur les ETF", a souligné Valérie Baudson, alors que les encours sur ces produits dépassent pour la première fois les 300 milliards d’euros et que la gamme “Core” a connu d’importants flux sur les indices Europe 600 et S & P 500.
L’Asie et le digital confirment leur rôle de moteurs de croissance
L’Asie reste un relais de croissance central. Les coentreprises indienne, coréenne et chinoise ont généré près de 5 milliards de collecte sur le seul trimestre, dans un mix équilibré entre gestion active et passive. La distribution auprès des plateformes digitales y progresse également, notamment via le partenariat élargi avec Standard Chartered. "Les plateformes digitales représentent 34 % de la collecte depuis le début de l’année et plus de 50 % des flux au troisième trimestre", a indiqué la dirigeante, illustrant la montée en puissance de ce canal.
Au-delà de ces relais de conquête, Amundi consolide ses positions historiques. L’épargne salariale et retraite enregistre une collecte record proche de 4 milliards sur neuf mois. "La loi Partage de la valeur accélère l’ouverture de plans d’épargne, en hausse de 40 % depuis janvier", a ajouté Valérie Baudson, alors qu’Amundi revendique plus de 100 milliards d’encours et 45 % de parts de marché dans ce segment en France.
Une rentabilité soutenue par la technologie et la maîtrise des charges
Les résultats reflètent cet élan. Les revenus ajustés progressent de 4,9 % sur un an, tirés par les commissions de gestion et la contribution grandissante des activités technologiques, dont les revenus bondissent de près de 50 %. En parallèle, les charges demeurent contenues, avec un coefficient d’exploitation ajusté de 51,4 %, parmi les plus faibles du secteur. Le résultat avant impôt ajusté progresse de 3,8 % à 445 millions d’euros, soutenu par la performance des coentreprises asiatiques et par la contribution croissante de Victory Capital.
Autre point mis en avant par le directeur financier : la solidité du capital du groupe. "Nous disposons d’encore près de 1,3 milliard d’euros de capital excédentaire", a indiqué Nicolas Calcoen, après environ 500 millions engagés dans des opérations de croissance externe et un taux de distribution moyen supérieur à l’engagement initial de 65 %. Ce matelas confortable préserve les marges de manœuvre avant la présentation du prochain plan stratégique.
CPR-BFT : une fusion structurante
Les dirigeants ont aussi profité de cette publication pour faire le point sur le plan d’optimisation en cours. La fusion entre CPR AM et BFT IM, devenue effective le 1er octobre, crée un acteur de 100 milliards d’euros d’encours et marque une étape importante dans la simplification du dispositif. Une réorganisation du multi-actifs est également en cours, avec à la clé 40 millions d’euros d’économies annuelles à partir de 2026. La charge de restructuration correspondante, environ 80 millions, a été comptabilisée en une fois au troisième trimestre et neutralisée dans le résultat ajusté.
Le groupe a néanmoins dû composer avec certains vents contraires. L’effet de change défavorable a pesé sur les encours moyens et les revenus, la baisse des taux courts a réduit les produits financiers, et la montée en puissance des clients institutionnels et de la gestion passive a entretenu une légère pression sur la marge moyenne. S’y ajoutent une décollecte persistante dans les réseaux UniCredit et le retrait ponctuel d’un mandat obligataire de 9 milliards d’euros, deux éléments identifiés comme non récurrents.
Le dossier italien reste d’ailleurs un paramètre à surveiller. "Notre contrat avec UniCredit court jusqu’à mi-2027 […] nous sommes disposés à rester un partenaire de long terme", a rappelé Valérie Baudson. Les encours issus du partenariat représentent environ 69 milliards d’euros en Italie sur 200 milliards gérés dans le pays, avec des revenus comparables à la moyenne du retail. Le futur plan stratégique intégrera explicitement cette incertitude au-delà de 2027.
La variable fiscale
Autre point d’attention : la contribution exceptionnelle sur les grandes entreprises, dont le coût 2025 est estimé à près de 72 millions d’euros. "Il est trop tôt pour mesurer la décision finale dans le cadre du budget 2026", a prévenu le directeur financier, tout en précisant que l’impact a été retraité dans le résultat ajusté. Ce facteur fiscal ne remet pas en cause la trajectoire opérationnelle mais il s’avère d’ores et déjà clair qu’il s’agira à nouveau d’un facteur à prendre en compte l’année prochaine.
Le chapitre 2025 n’est pas encore refermé qu’un nouveau cycle s’apprête déjà à s’ouvrir. Le 18 novembre, Amundi dévoilera la feuille de route de son prochain plan stratégique. Les performances du trimestre lui offrent un point d’appui idéal : une croissance équilibrée, une activité technologique en forte progression et une structure de capital qui laisse le champ libre à de nouvelles ambitions.
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