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Amundi redessine ses lignes de force / Une gouvernance plus transversale et régionale

Le leader européen de la gestion d’actifs restructure son organisation autour de grands blocs métiers et d’un pilotage régional renforcé. Une évolution qui reflète la montée en puissance des enjeux de distribution internationale et des infrastructures technologiques dans le secteur.
Valérie Baudson (Photo by Vernon Yuen / NurPhoto / NurPhoto via AFP)
Valérie Baudson (Photo by Vernon Yuen / NurPhoto / NurPhoto via AFP)

Amundi resserre son organisation sans toucher à l’équilibre de son sommet. Le premier gestionnaire d’actifs européen a dévoilé cette semaine une nouvelle gouvernance articulée autour de cinq pôles métiers et trois grandes régions géographiques, avec l’ambition affichée de « simplifier son organisation », de « renforcer l’accompagnement de ses clients » et d’« accentuer la transversalité et l’agilité de l’entreprise ». Derrière cette réorganisation, le groupe a redessiné les lignes de partage entre métiers, clientèles et zones géographiques, dans une industrie où les grands acteurs cherchent à gagner en lisibilité commerciale tout en absorbant une complexité réglementaire et technologique croissante.

Le changement le plus visible tient au regroupement des métiers et des clientèles au sein de grands ensembles plus transversaux. Jusqu’ici, le comité de direction générale reposait sur une organisation relativement segmentée, avec des pôles distincts pour les clients institutionnels et corporate, la distribution et les banques privées, les actifs réels et alternatifs ou encore les réseaux partenaires internationaux. La nouvelle architecture regroupe désormais ces fonctions autour de cinq grands blocs : clients, investissements, opérations et technologie, transformation, ainsi que stratégie et finance.

 

Une direction resserrée autour des grands métiers

 

Parmi les évolutions notables, Fannie Wurtz concentre un double mandat particulièrement stratégique : elle prend la direction du pôle Clients tout en assumant la présidence de la région Asie, marché prioritaire pour Amundi depuis plusieurs années.

De son côté, Nicolas Calcoen, déjà directeur général délégué et responsable de la stratégie, de la finance et du contrôle, hérite également de la présidence de l’Amérique du Nord. La logique régionale vient donc se superposer à la logique fonctionnelle, avec une double casquette pour les deux principaux dirigeants opérationnels autour de Valérie Baudson.

Le comité de direction générale conserve le même format qu’auparavant, avec treize membres. Plusieurs figures clés restent en place, à commencer par Vincent Mortier, dont le périmètre s’élargit désormais à l’ensemble des gestions du groupe, incluant la gestion active, la gestion passive et les marchés privés, Claire Cornil, en charge des opérations et de la technologie, ou encore Éric Vandamme aux risques. Olivier Mariée voit pour sa part son rôle élargi : déjà responsable des joint ventures et des réseaux partenaires internationaux, il supervise désormais l’ensemble de la région Europe. Benoît Tassou conserve la direction des réseaux partenaires France et ajoutera la présidence de CPRAM, sous réserve des autorisations réglementaires.

La nouvelle organisation acte aussi le départ de Jean Jacques Barbéris, jusqu’ici directeur du pôle Clients institutionnels et Corporate et superviseur des sujets ESG, récemment nommé chez CACEIS comme directeur général délégué en charge du coverage et des actifs digitaux. La réorganisation redistribue une partie de ses anciennes responsabilités au sein d’un pôle Clients désormais plus large et plus intégré.

 

Le poids croissant des infrastructures et de la technologie

 

Cette réorganisation reflète aussi le poids croissant des fonctions technologiques et industrielles dans la gestion d’actifs. La création d’un pôle « Opérations et Technologie » et d’un pôle « Transformation, Ressources humaines et Communication » témoigne de l’importance prise par les infrastructures opérationnelles, les plateformes technologiques et les enjeux d’exécution dans un secteur où la taille et la capacité de distribution deviennent de plus en plus déterminantes.

Le groupe met également davantage en avant sa lecture géographique du marché. L’organisation est désormais explicitement structurée autour de trois grandes régions : Europe, Asie et Amérique du Nord. Une évolution qui reflète la montée en puissance des enjeux de distribution internationale pour Amundi, alors que le groupe cherche depuis plusieurs années à renforcer sa présence hors de ses marchés historiques européens, notamment via ses joint ventures asiatiques et son partenariat stratégique avec Victory Capital aux États-Unis.

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