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Amundi parie gros sur l’Asie / 150 milliards d'euros de collecte nette visés d'ici 2028

L’Asie devra fournir à elle seule la moitié de la collecte nette visée par Amundi d’ici à 2028. Pour atteindre cet objectif de 150 milliards d’euros, le groupe mise sur son ancrage local, ses partenariats bancaires et les puissants moteurs démographiques et patrimoniaux de la région.
(Photo by MATTHIAS BALK / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)
(Photo by MATTHIAS BALK / DPA / dpa Picture-Alliance via AFP)

L’Asie occupe plus que jamais une place centrale dans les ambitions d’Amundi. Le premier gestionnaire d’actifs européen réunissait jeudi dernier à Londres investisseurs et analystes pour détailler sa stratégie dans une région que le groupe considère comme son « second marché domestique », ainsi que l’a souligné Fannie Wurtz, directrice générale adjointe, responsable du pôle clients et présidente Asie. 

Et pour cause. Fin 2025, Amundi gérait 473 milliards d’euros d’actifs pour le compte de clients asiatiques, un montant multiplié par quatre depuis 2015. Sur les quatre dernières années, la région a généré 84 milliards d’euros de collecte nette.

Fort de cette dynamique, le groupe entend désormais changer d’échelle. Il vise 150 milliards d’euros de collecte nette en Asie entre 2025 et 2028, soit la moitié de la cible mondiale du plan stratégique « Invest for the Future » présenté lors du Capital Markets Day de novembre 2025, de quoi faire de la région le principal moteur de croissance du groupe. Une cible établie hors effet exceptionnel lié à l’appel d’offres en cours sur le mandat de l’EPFO en Inde, qui ferait de l’Asie le principal moteur de croissance du groupe sur la période.

 

Les coentreprises au cœur de la stratégie

 

Le cœur du dispositif tient aux coentreprises nouées de longue date avec de grandes banques locales en Inde, en Chine et en Corée du Sud, qui rassemblent à elles seules 361 milliards d’euros d’encours, contre 298 milliards trois ans plus tôt. Elles ont généré 56 milliards d’euros de collecte nette entre 2022 et 2025 et représentent désormais environ 10 % du résultat net du groupe.

Les partenaires bancaires du groupe, parmi lesquels SBI en Inde, Agricultural Bank of China, Bank of China ou encore NongHyup Financial Group en Corée, donnent accès à près de 1,6 milliard de clients particuliers via un réseau cumulé d’environ 60 000 agences. Une force de frappe que le groupe entend exploiter davantage, en pénétrant plus profondément la base de clientèle de ses partenaires et en s’appuyant sur la distribution digitale.

 

Une présence directe en pleine expansion

 

Au-delà des coentreprises, le groupe met en avant une présence directe en croissance rapide, à 112 milliards d’euros d’encours fin 2025, contre 80 milliards trois ans plus tôt. Hong Kong, Shanghai, Singapour et le Japon en constituent les têtes de pont. Au-delà de ces places, Amundi revendique une approche dite « tailored », censée épouser la diversité de la région, qu’il découpe en trois cercles : les géants à forte croissance - Chine, Inde, Corée du Sud -, adressés pour l’essentiel via les coentreprises ; les marchés internationaux déjà installés - Japon, Hong Kong, Singapour, Taïwan ; et les « champions de nouvelle génération » d’Asie du Sud-Est.

C’est ce dernier cercle que le groupe érige en « nouvelles frontières ». Au-delà de la Thaïlande (2 milliards d’euros d’encours) et de la Malaisie (10 milliards), où il a déjà pris pied, Amundi cible l’Indonésie et les Philippines - deux marchés que les documents rangent parmi ces champions émergents sans y faire encore état d’encours. Sur ces nouvelles frontières, le groupe dit vouloir s’implanter localement, de façon organique ou via de nouvelles coentreprises, à l’image de celles déjà nouées en Inde, en Chine et en Corée du Sud.

 

Une croissance portée par l’épargne et la démographie

 

Pour étayer son ambition, Amundi a déroulé les vents porteurs structurels de la région : un patrimoine de détail asiatique appelé à doubler entre 2020 et 2028 pour atteindre 23 000 milliards de dollars, une croissance plus rapide qu’en Europe et en Amérique du Nord ; des actifs institutionnels également en passe de doubler, à 24 000 milliards ; et un vieillissement démographique massif, avec plus de 850 millions d’Asiens de 65 ans et plus attendus en 2050 et un déficit d’épargne retraite estimé à 160 000 milliards de dollars.

À quoi s’ajoute un argument plus conjoncturel : la quête de diversification d’investisseurs, en Asie comme ailleurs, désireux de rééquilibrer des portefeuilles très exposés aux États-Unis.

« Nous accélérons nos ambitions pour saisir les opportunités significatives de la région », fait valoir Fannie Wurtz, qui dit disposer d'« une feuille de route claire ». Reste à transformer l’intention en moyens : 30 % d’effectifs régionaux en plus d’ici 2028, une clientèle fortunée comme institutionnelle visée en hausse de moitié, et une gamme étoffée des ETF aux actifs privés.

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