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Orange accélère dans la dernière ligne droite de son plan stratégique / Tandis que le dossier SFR suit son cours

Un peu plus d’une semaine après avoir remis une offre conjointe avec Bouygues Telecom et Free, non engageante, afin d’acquérir une grande partie des activités d’Altice en France, Orange a présenté jeudi ses résultats trimestriels. L’occasion, pour la direction, de répondre aux questions à ce sujet : si l’issue de l’offre est incertaine et jalonnée de plusieurs étapes, elle présente toutefois plusieurs arguments à faire valoir, selon Orange, notamment auprès des autorités antitrust. Sous réserve qu’un accord puisse effectivement être trouvé. En attendant, le groupe reste concentré sur l’exécution de sa stratégie et a annoncé relever son objectif de rentabilité pour l’année.
 (Photo by Joan Cros / NurPhoto via AFP)
(Photo by Joan Cros / NurPhoto via AFP)

Tous les feux des projecteurs sont braqués, depuis une semaine, sur une potentielle et prochaine consolidation dans le secteur des télécommunications en France. Après des mois de rumeurs, Orange, Bouygues Telecom et Free-Groupe Iliad ont remis une offre conjointe, non engageante, portant sur une grande partie des activités d’Altice en France, qui prévoit une répartition de la plupart des actifs de SFR entre les trois groupes. Selon le schéma établi par cette offre à 17 milliards d’euros, maintenue malgré un premier rejet de celle-ci par Altice, Orange aurait la main sur 27 % de son prix et de sa valeur, ceci comprenant une partie des activités B2C de SFR, ainsi que d’autres actifs et ressources, notamment des infrastructures et fréquences.

L’issue du dossier reste pour l’heure jalonnée de "si". Tout d’abord car les négociations sont désormais engagées. Sous réserve d’un accord entre le groupe de Patrick Drahi et les trois autres opérateurs, la remise d’une offre confirmatoire serait conditionnée à la réalisation de due diligences, ainsi qu’à une évaluation financière et opérationnelle. L’opération serait aussi soumise à la consultation préalable des instances représentatives du personnel et devra, enfin, obtenir l’aval des autorités antitrust compétentes.

"Nous savons ce que sont les autorités antitrust, nous savons ce qui s’est passé au Royaume-Uni avec l’approbation de la CMA (qui a accepté le passage de quatre à trois opérateurs au travers de remèdes concurrentiels comportementaux, ndlr) et nous n’avons aucun signal des autorités antitrust indiquant qu’elles approuveraient une telle transaction. Nous savons aussi, d’après notre expérience avec la Belgique et l’Espagne, qu’elles l’examineraient en tout cas attentivement", a répondu la dirigeante d'Orange, Christel Heydemann, lors de la présentation des résultats trimestriels du groupe aux analystes financiers, interrogée sur la question.

 

Plusieurs arguments

 

Étant donné que l’offre rassemble trois entreprises, des procédures pourraient être menées de manière séparée, a-t-elle souligné. "En fonction, cela peut être la France ou Bruxelles. Les autorités antitrust peuvent aussi décider d’adopter une approche globale. Mais il ne fait aucun doute que les deux autorités travailleraient ensemble sur l’évaluation", a-t-elle poursuivi. Pour la directrice générale d’Orange, l’offre des trois opérateurs s’articule en tout cas à un raisonnement logique. Tout d’abord parce que l’Europe gagnerait à bien des égards à ce qu’une consolidation nationale s’opère sur les marchés télécoms. Un sujet sur lequel le groupe n’hésite pas à plaider de longue date.

"Lorsqu’on examine l’intensité de la concurrence sur nos marchés mobiles, la capacité à créer des synergies et à gagner en efficacité nous permet également de rester compétitifs et d’offrir des prix bas aux consommateurs. […] Sans oublier que l’offre provient d’un groupe d’entreprises françaises, dans un environnement où nous parlons d’actifs hautement critiques", a indiqué Christel Heydemann, rappelant par la suite que le rapprochement entre MasMovil et Orange Espagne en était la preuve par l’exemple. Dix-huit mois après le closing de l’opération, des synergies ont été créées, MasOrange reste compétitif sur ses différents segments de marché, sans que les niveaux de prix, pour les consommateurs, n’aient été modifiés.

D’autant, a-t-elle aussi pointé, que l’aboutissement d’une telle opération renforcerait de fait les trois opérateurs l’ayant construite, ce qui aurait leur donnerait tous de l’aptitude à investir, et ce qui protégerait donc l’intensité de la concurrence sur le marché français. La transaction permettrait, en résumé, d’assurer la continuité du service pour les clients de SFR, a assuré Christel Heydemann, tout en musclant donc les investissements nécessaires à la bonne résilience des réseaux très haut débit, à la cybersécurité, mais aussi aux nouvelles technologies, comme l’IA, et en conservant un écosystème favorable aux consommateurs.

 

Rehaussement consécutif

 

"Il n’y a aucune certitude qu’un accord sera trouvé, mais nous sommes engagés à créer un dialogue constructif et nous restons concentrés sur l’exécution de notre stratégie", a-t-elle toutefois souligné. Une stratégie qui ne tardera pas à être mise à jour, puisque son plan stratégique triennal en cours, "Lead the Future", touchera en effet à sa fin en 2025. Un Capital Markets Day sera organisé le 19 février prochain, et permettra à l’entreprise de présenter ses évolutions. En attendant, Orange a délivré au troisième trimestre des résultats solides, se félicite le groupe, qui l’ont conduit à relever son objectif annuel d’Ebitdaal à au moins 3,5 %. Au titre du trimestre, il a en effet grimpé de 3,7 %, tandis que son taux de marge correspondant a progressé de 0,7 point. La cible avait, pour mémoire, déjà été révisée à la hausse, à 3 %, à la fin du premier semestre.

Sur le plan des revenus, de juillet à septembre, Orange a enregistré un chiffre d’affaires en progression de 0,8 % sur un an, à base comparable, pour un total de près de 10 milliards d’euros. Une hausse portée par la croissance des services de détail, qui a été compensée par le net recul des services aux opérateurs, des ventes d’équipements et des autres revenus. Comme lors des trimestres précédents, l’Afrique et le Moyen-Orient ont particulièrement contribué à la dynamique, avec des revenus de 2,1 milliards d’euros, en hausse de 12,2 %, portés par tous les moteurs de croissance dans la zone – soit la data mobile, Orange Money, le fixe haut-débit ainsi que le B2B. La région signe ainsi un taux de croissance à deux chiffres pour le dixième trimestre consécutif.

En France, les revenus d’Orange ont représenté 4,3 milliards d’euros, soit une baisse de 3,7 %, traduisant l’impact des effets de prix sur les services de détail, mais aussi le recul attendu des services aux opérateurs (de 9 %) ainsi que des ventes d’équipements. Portée par une bonne tendance des services de détail, l’Europe a quant à elle vu ses revenus grimper de 4,7 %, tandis qu’Orange Business voit ses revenus baisser de 4,3 %, du fait de tensions sur le marché IT et de l’optimisation du portefeuille de produits et services opérée l’année dernière. Dans l’ensemble, sur le plan commercial, le trimestre aura en tout cas été prolifique : le groupe a dépassé la barre des 300 millions de clients. Un cap symbolique, souligne Orange, traduisant des ventes nettes au rendez-vous en France, en Europe et au Moyen-Orient. En France, les ventes nettes mobiles ont d’ailleurs atteint leur meilleur niveau depuis 2022, avec 138 000 d’entre elles enregistrées sur le trimestre.

 

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