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Septembre record pour Airbus / Un défi de cadence inédit mais jugé crédible
Airbus accélère nettement la cadence en cette rentrée industrielle. Avec 73 avions livrés en septembre, le groupe toulousain signe son meilleur mois de l’année, et même le meilleur mois de septembre de son histoire. Le constructeur, qui totalisait 434 livraisons fin août, en compte désormais 507 depuis le début de l’année, confirmant une montée en puissance progressive après un premier semestre contraint par les pénuries de moteurs.
Les données détaillées montrent que cette performance repose quasi exclusivement sur les monocouloirs, cœur du plan industriel du groupe. En septembre, Airbus a livré neuf A220 et cinquante-neuf appareils de la famille A320, dont quarante A321, proches de leurs plus hauts historiques. À l’inverse, un seul A350 a été remis à son client, signe que la chaîne long-courrier reste perturbée par des goulets d’étranglement persistants.
Objectif annuel sous contrainte moteur
Au total, le bilan de septembre penche clairement du côté positif. "Le total de 73 livraisons dépasse nos attentes et confirme que la montée en cadence reste en ligne avec les objectifs annuels", souligne Christophe Menard chez Deutsche Bank. L’analyste rappelle que le chiffre dépasse les records observés avant crise, avec 69 et 71 appareils livrés respectivement en septembre 2018 et 2019.
Pour autant, la marche reste haute. Airbus vise 820 livraisons en 2025, soit une hausse de 7 % par rapport à 2024. Avec 507 appareils déjà livrés, il lui faut encore en remettre 313 en trois mois, soit plus d’une centaine par mois jusqu’à la fin de l’année – un rythme jamais atteint sur une période aussi longue. L’avionneur commence à bénéficier de la montée en cadence de nouvelles lignes d’assemblage à Tianjin, dans le nord de la Chine, et à Mobile, en Alabama, récemment mises en service. Leur contribution reste encore limitée, mais elles doivent soutenir l’accélération du rythme de livraisons à la fin de l’année et en 2026. Cependant, la contrainte majeure demeure celle de la motorisation : à fin juin, environ soixante appareils “planeurs”, c’est-à-dire assemblés sans moteurs, étaient en attente de livraison.
Sommets boursiers
Cela n’empêche pas les marchés d’afficher leur confiance. Le titre Airbus a franchi début octobre la barre des 200 euros, un plus-haut historique. Un optimisme alimenté par la direction elle-même : Guillaume Faury, le directeur général de l’avionneur a confirmé cet été avoir mis en place un programme avec les motoristes CFM International et Pratt & Whitney pour ramener à zéro “planeur” d’ici fin d’année.
Si ce calendrier est tenu, le groupe pourra combler l’essentiel du retard. Un scénario que les analystes jugent crédible, à l’image de Deutsche Bank pour qui "l’objectif de livraison pour 2025 reste réalisable".
Maître du ciel à long terme
Pour le reste, le groupe bénéficie d’une visibilité commerciale exceptionnelle. Le carnet de commandes s’élevait à 8 658 appareils fin 2024, et Airbus a engrangé 514 commandes nettes supplémentaires depuis janvier, assurant plus de dix ans d’activité au rythme actuel. Lors du Salon du Bourget en juin, l’avionneur a d’ailleurs actualisé ses prévisions de marché à long terme, anticipant 43 420 nouvelles livraisons d’ici 2044, dont 34 250 monocouloirs. La flotte mondiale devrait ainsi presque doubler, passant de 24 730 avions fin 2024 à 49 210 en vingt ans - un essor qui devrait permettre à Airbus de consolider encore sa position de leader, alors que son rival Boeing reste empêtré dans d’importantes difficultés opérationnelles et financières.
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