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Un refinancement clé pour accompagner la montée en puissance de Valneva / L’accord conclu avec Pharmakon Advisors repousse les échéances à 2030

Valneva sécurise un refinancement majeur de 500 millions de dollars auprès de Pharmakon Advisors, spécialiste américain du financement non dilutif, et ajuste ses prévisions après la suspension par la FDA de son vaccin contre le chikungunya. Une séquence contrastée pour la biotech, entre consolidation financière et attentes cliniques très fortes autour du vaccin contre la maladie de Lyme.
Le programme contre la maladie de Lyme, mené avec Pfizer, reste le principal catalyseur de valorisation pour la biotech nantaise (Photo by Frank Hoermann/SVEN SIMON / SVEN SIMON / dpa Picture-Alliance via AFP)
Le programme contre la maladie de Lyme, mené avec Pfizer, reste le principal catalyseur de valorisation pour la biotech nantaise (Photo by Frank Hoermann/SVEN SIMON / SVEN SIMON / dpa Picture-Alliance via AFP)

On savait la trajectoire de Valneva heurtée, reflet des soubresauts propres aux biotechs, dont la valorisation dépend étroitement de l’avancement clinique. Depuis la suspension par la FDA, fin août, de la licence de son vaccin contre le chikungunya IXCHIQ, le titre a connu de fortes turbulences avant de regagner le terrain perdu, porté par une série d’annonces positives. La dernière en date, dévoilée lundi, renforce cette fois la structure financière du groupe en lui redonnant de l’air jusqu’à la prochaine étape majeure de son développement.

La société de Saint-Herblain a en effet sécurisé un nouvel accord de financement pouvant atteindre 500 millions de dollars auprès de fonds gérés par Pharmakon Advisors. Spécialiste américain du financement non dilutif pour les biotechs, Pharmakon a déjà soutenu Valneva par le passé et gère les fonds BioPharma Credit, qui ont engagé plus de 11 milliards de dollars depuis leur création. La première tranche, de 215 millions, servira à rembourser intégralement le précédent prêt contracté auprès de Deerfield Management et OrbiMed, tandis que le solde, soit jusqu’à 285 millions, pourra être mobilisé ultérieurement pour accompagner de futures opérations de développement. Ce refinancement, assorti d’un taux d’intérêt fixe inférieur à celui du prêt initial, repousse les échéances de remboursement du premier trimestre 2026 au quatrième trimestre 2030 et remplace la structure amortissable par un remboursement unique à maturité.

 

La nouvelle architecture de dette ouvre une phase plus sereine

 

En étalant ses engagements financiers sur une durée plus longue, Valneva sécurise sa trésorerie et sa capacité à poursuivre le développement de son portefeuille de vaccins, tout en accompagnant les dernières étapes cliniques du programme Lyme conduit avec Pfizer.

"L’optimisation de la structure de notre dette nous permet de concentrer nos ressources sur la création de nouvelle valeur pour l’entreprise en développant un portefeuille de vaccins de premier plan", explique Peter Bühler, directeur financier de Valneva. Une approche qui, souligne le cabinet Oddo BHF, devrait se traduire concrètement par une réduction des charges de trésorerie et une meilleure visibilité financière sur les cinq prochaines années.

 

Léger décalage clinique sur Lyme

 

Le groupe a profité de cette annonce pour mettre à jour ses prévisions annuelles, logiquement ajustées après la décision américaine de suspendre la licence d’IXCHIQ. Les ventes de produits sont désormais attendues entre 155 et 170 millions d’euros, contre 170 à 180 millions précédemment, et le chiffre d’affaires global entre 165 et 180 millions. Les dépenses de R & D, en revanche, sont revues à la baisse dans une fourchette de 80 à 90 millions d’euros, partiellement compensées par des subventions et crédits d’impôt recherche.

La sanction boursière du jour, une baisse d’environ 6 %, traduit moins la déception sur les perspectives financières que le léger report du calendrier de phase 3 pour le candidat vaccin contre la maladie de Lyme. Menée en partenariat avec Pfizer, cette étude décisive (VALOR) prolongera le suivi des patients jusqu’à la fin 2025, ce qui repousse la publication des résultats au premier semestre 2026 – contre la fin 2025 précédemment – avant une soumission réglementaire la même année et une mise sur le marché envisagée au second semestre 2027.

 

Des données qui confortent le potentiel

 

Pour les investisseurs, le dossier Lyme reste le principal catalyseur de valorisation. En cas de succès, Valneva, qui partage les droits commerciaux avec Pfizer, pourrait générer près de 287 millions d’euros de ventes et environ 46 millions de royalties, selon les estimations du groupe. Le fondement scientifique et commercial du programme Lyme s’est renforcé début septembre avec la publication de nouvelles données de phase 2. Celles-ci ont confirmé une réponse immunitaire robuste et prolongée, laissant entrevoir la possibilité d’un schéma de rappel annuel. Si ce modèle devait être retenu, il offrirait à Valneva et Pfizer une base de revenus récurrents et une dynamique économique plus prévisible qu’un vaccin à dose unique, d’autant que le profil de sécurité observé reste excellent.

Sur le volet chikungunya, la société a publié fin septembre des données de suivi à quatre ans montrant la persistance de la protection conférée par IXCHIQ et l’absence d’événements indésirables graves. De quoi relativiser la portée de la décision américaine, que certains observateurs attribuent autant à un contexte de défiance vaccinale des autorités qu’à un réel doute scientifique.

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