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L’ascension estivale de Valneva / Du chikungunya à la maladie de Lyme, la promesse d’un changement d’échelle
Où s’arrêtera Valneva ? L’action du laboratoire franco-autrichien spécialisé dans les vaccins poursuit son ascension estivale : repassée au-dessus des 5 euros pour la première fois depuis la fin 2023, elle valorise désormais la société près de 850 millions d’euros, confirmant son statut de deuxième biotech cotée en France derrière Abivax. Certes, la comparaison a ses limites : la capitalisation d’Abivax a récemment basculé dans une autre dimension, propulsée par des résultats cliniques spectaculaires. Mais la trajectoire de Valneva illustre bien la transformation d’une société longtemps cantonnée à une niche en un acteur désormais doté d’une envergure plus conforme à son poids scientifique et clinique.
Le dernier catalyseur boursier est venu du Canada. Santé Canada, l’équivalent local de notre Agence du médicament, a autorisé la mise sur le marché du vaccin IXCHIQ contre le chikungunya pour toutes les classes d’âge à partir de 12 ans. Jusqu’ici réservé aux adultes, le produit de Valneva élargit ainsi son spectre d’utilisation, après une première extension obtenue en Europe au printemps. Le groupe avait déjà marqué des points début 2025 en décrochant au Brésil la première homologation dans un pays endémique, ce qui lui confère une crédibilité sanitaire particulière.
Un premier vaccin contre le chikungunya en phase d’essor
L’enjeu n’est pas mince : le chikungunya, maladie virale transmise par les moustiques Aedes, provoque de violentes douleurs articulaires et musculaires, parfois persistantes des mois entiers, sans qu’aucun vaccin n’existât jusqu’à présent. Valneva a été le premier sur ce terrain, même si le groupe a été rejoint en février par Bavarian Nordic, dont le vaccin VIMKUNYA a obtenu à son tour une autorisation européenne. Le marché, encore émergent, est estimé à plus de 500 millions de dollars par an d’ici 2032.
Si le marché est porteur, la montée en puissance commerciale a été perturbée. Au printemps, des cas d’effets indésirables graves chez les plus de 65 ans, notamment porteurs de comorbidités, ont entraîné une suspension temporaire dans cette tranche d’âge. La levée des restrictions cet été, assortie d’un renforcement des précautions d’usage, a permis de relancer les ventes, mais l’épisode a fait prendre un certain retard, difficilement quantifiable à ce stade. Valneva visait initialement 100 millions d’euros de revenus annuels pour IXCHIQ au bout de trois ans, un objectif désormais soumis à l’épreuve du réel. Les ventes ont néanmoins décollé, atteignant 7,5 millions d’euros au premier semestre 2025, contre à peine 1 million un an plus tôt.
La maladie de Lyme, un marché d’une tout autre ampleur
Mais la flambée du titre, la meilleure performance du SBF 120 avec + 135 % depuis janvier, + 82 % sur un mois et + 75 % sur trois mois, trouve sans doute davantage sa source dans les espoirs suscités par un autre produit : le VLA15, candidat vaccin contre la maladie de Lyme développé avec Pfizer. L’essai de phase III, mené sur plusieurs milliers de participants, doit livrer ses résultats après la saison de transmission 2025.
Et cette fois, l’enjeu est d’une tout autre ampleur que le chikungunya. D’après le Market Harbingers Institute, le marché mondial de la maladie de Lyme, estimé à 1,2 milliard de dollars en 2024, pourrait plus que doubler pour atteindre 3,5 milliards d’ici 2033, à un rythme de croissance annuel de 12,5 %. Certes, en cas de succès clinique, Valneva ne capterait pas l’entièreté de la valeur du produit. La part qui lui reviendrait n’en serait pas moins substantielle : jusqu’à 143 millions de dollars de paiements initiaux, assortis de royalties de 14 % à 22 % et de paiements d’étape pouvant atteindre 100 millions.
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