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La première biotech de la place de Paris entre dans une phase cruciale / Pour Valneva, 2025 est l’année clé contre la maladie de Lyme

Valneva affiche une nette amélioration de sa performance financière en 2024, avec une réduction marquée de sa perte nette. Malgré un démarrage commercial timide pour son vaccin contre le chikungunya, la biotech se concentre désormais sur son projet phare contre la maladie de Lyme, avec des résultats attendus d’ici fin 2025.
Thomas Lingelbach, le directeur général de Valneva - Photo by Andy Buchanan / POOL / AFP
Thomas Lingelbach, le directeur général de Valneva - Photo by Andy Buchanan / POOL / AFP

La plus importante biotech – au coude à coude avec Medincell - cotée à Paris se porte bien. Son cours de Bourse gagnait plus de 3% jeudi, parmi les plus fortes hausses du SBF 120 après l’annonce d’une perte nette fortement réduite en 2024, à 12,2 millions d’euros, à comparer à celle de 101,4 millions d’euros enregistrée en 2023.

Techniquement, le terme biotech désigne les entreprises qui développent des produits de santé en s’appuyant sur les biotechnologies, notamment dans les domaines des thérapies innovantes, des anticorps monoclonaux, de la thérapie génique, etc.

Dans le cas de Valneva, l’appellation biotech peut se justifier par le fait qu’elle développe des vaccins à partir de plateformes technologiques spécifiques, comme celles basées sur des virus inactivés ou des adjuvants innovants. Cela dit, Valneva est aussi une entreprise industrielle avec des capacités de production, ce qui la différencie des biotechs en phase de R&D pure, si bien que l’on peut la qualifier de biopharma, terme plus large englobant à la fois les aspects biotechnologiques et la production de médicaments ou vaccins.

Depuis l'année dernière, la société franco-autrichienne a enrichi son portefeuille de vaccins du voyage, qui comprenait déjà des produits contre le choléra et l’encéphalite japonaise, avec Ixchiq, le premier vaccin autorisé contre le chikungunya. Lancé en 2024, il a généré 3,7 millions d’euros de ventes, un début commercial jugé décevant au regard des attentes, qui étaient presque deux fois plus élevées, sans remettre en cause son potentiel. "Les équipes commerciales de Valneva se sont attachées en 2024 à sensibiliser à la maladie, façonner le marché", justifie le groupe.

Lancé en 2024 aux États-Unis, au Canada et en France, le vaccin a depuis obtenu de nouvelles autorisations dans d’autres pays dont les pays nordiques et l’Autriche. Une demande d’autorisation de mise sur le marché est en cours d’examen au Brésil, ce qui constituerait potentiellement la première autorisation d'utilisation dans une population endémique. Par ailleurs, des démarches sont en cours aux États-Unis, en Europe et au Canada pour étendre l’indication du vaccin, actuellement approuvé chez les adultes, aux adolescents de 12 à 17 ans.

 

Une certaine visibilité financière 

 

Pour ce qui est de la réduction significative de la perte nette, elle trouve son explication dans la vente du "Priority Review Voucher" (PRV) lié justement à ce vaccin contre le chikungunya, un facteur déjà mis en évidence au premier semestre.

Valneva avait reçu ce PRV (ou bon de priorité pour examen en français) de la Food and Drug Administration (FDA), l’agence américaine du médicament, en récompense du développement d’un traitement répondant à un besoin non satisfait. Il permet de bénéficier d'un examen accéléré de la part de la FDA pour un autre produit. Plutôt que de conserver ce bon pour bénéficier plus tard d’un examen prioritaire sur un autre de ses traitements, Valneva a choisi de le vendre, récoltant ainsi un produit net de 90,8 millions d’euros pour financer ses projets de R&D.

Une rentrée d’argent bienvenue pour sécuriser la prochaine grande étape de création de valeur de l’entreprise. Le principal enjeu du laboratoire cette année réside toujours dans le développement de son vaccin contre la maladie de Lyme, en partenariat avec son premier actionnaire, le groupe pharmaceutique américain Pfizer. Les 9000 patients de l’essai clinique de phase 3 en cours ont reçu les trois premières doses en 2024, et les premiers résultats sont attendus à la fin de cette année.

Cette échéance majeure pour l’entreprise peut être abordée avec une certaine sérénité, grâce à une trésorerie solide de 168,3 millions d’euros à fin 2024. En 2025, les investissements en R&D devraient se situer entre 90 et 100 millions d’euros, dont une partie sera couverte par des subventions et des crédits d’impôt recherche. Par ailleurs, Valneva prévoit une réduction de plus de 50 % de sa consommation de trésorerie d’exploitation en 2025, par rapport aux 67,2 millions d’euros de 2024, déjà largement diminuée par rapport aux 202,7 millions de 2023.

Ainsi, la société estime disposer d'une visibilité financière suffisante pour atteindre une profitabilité durable, soutenue par les revenus futurs de son vaccin contre la maladie de Lyme. Un objectif réaliste, car des résultats concluants à la fin 2025 pourraient ouvrir la voie à une demande d'autorisation de mise sur le marché en 2026, pour un lancement prévu en 2027.

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