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Valneva accélère en attendant son grand test clinique / Des ventes en plein essor avant l’issue des essais Lyme
Il ne fallait pas s’arrêter à la lecture, mardi, de la perte nette de 20,8 millions d’euros publiée par Valneva pour le premier semestre 2025, contre un bénéfice de 34 millions un an plus tôt. L’an passé, les comptes avaient été dopés par un produit exceptionnel de 90,8 millions d’euros lié à la vente d’un bon de revue prioritaire accordé par la FDA pour son vaccin contre le chikungunya. Ce sésame, qui permet d’accélérer l’examen d’un autre produit, avait été monétisé afin de financer la R&D plutôt que conservé pour un usage ultérieur.
Les marchés, eux, ne s’y trompent pas : l’action de la deuxième biotech française - franco-autrichienne plus exactement - en termes de capitalisation boursière, derrière Abivax, bondissait mardi de près de 9 %, à près de 4 euros, au plus haut depuis février dernier, portée par un faisceau de signaux positifs.
Car en dehors de cet effet de base défavorable, les indicateurs commerciaux de Valneva affichent une santé éclatante. Le chiffre d’affaires semestriel a bondi de 37,8 %, à 97,6 millions d’euros, soutenu par les ventes de ses trois produits phares. Ixiaro, vaccin contre l’encéphalite japonaise, reste le pilier du portefeuille : ses revenus progressent de 30,6 %, à 54,7 millions, grâce à la reprise des ventes aux voyageurs et à un contrat de 32,8 millions de dollars signé en janvier avec le département américain de la Défense.
Montée en puissance du vaccin contre le chikungunya
Le vaccin anticholérique Dukoral affiche lui aussi une croissance solide (+16,4 %, à 17,4 millions), notamment grâce à la fourniture d’1,1 million d’euros de doses à Mayotte lors de l’épidémie du premier trimestre. Mais c’est bien Ixchiq, le vaccin contre le chikungunya lancé fin 2023 aux États-Unis, qui marque le décollage attendu : ses ventes atteignent 7,5 millions d’euros, contre 1 million un an plus tôt. Ce bond s’explique aussi par la fourniture de doses au second trimestre 2025 à l’île de La Réunion, frappée par une importante épidémie
Certes, le produit a connu une suspension temporaire chez les plus de 60 ans au printemps, après le signalement d’effets indésirables graves, mais la levée des restrictions cet été, assortie d’une mise à jour des informations d’utilisation, a permis de relancer la dynamique. Le vaccin a depuis obtenu le feu vert du Brésil, premier pays endémique à l’approuver, et son indication a été élargie aux adolescents dans l’Union européenne, avec d’autres extensions en cours d’examen.
Portée par ces évolutions favorables, la société a maintenu sa prévision de chiffre d’affaires annuel entre 180 et 190 millions d’euros.
Mais au-delà de l’activité commerciale, c’est aussi sur le terrain de la rentabilité que Valneva avance. Si l’absence cette année d’un produit exceptionnel comme celui de 2024 pèse sur le résultat, les indicateurs sous-jacents s’améliorent : marge brute en hausse, frais généraux en recul et maîtrise accrue des dépenses. "Nous avons également considérablement réduit nos dépenses", souligne Peter Bühler, directeur financier.
Une assise financière renforcée avant l’échéance Lyme
Parallèlement, le groupe a renforcé sa trésorerie de manière prudente, un élément clé pour financer ses développements et préparer les prochaines échéances cliniques. Grâce à son programme At-the-Market, qui permet d’émettre des actions progressivement selon les conditions de marché, Valneva a attiré deux investisseurs institutionnels spécialisés santé, désormais au capital. Cette flexibilité de financement lui donne davantage de latitude pour aborder la prochaine étape décisive.
Car c’est un véritable catalyseur stratégique qui se profile : les résultats de phase III du VLA15, candidat vaccin contre la maladie de Lyme développé avec Pfizer. L’essai, mené sur plusieurs milliers de participants, devrait livrer ses données après la saison de transmission 2025. Aucun vaccin n’existe à ce jour contre cette infection en expansion. D’après le Market Harbingers Institute, ce marché, estimé à 1,2 milliard de dollars en 2024, pourrait plus que doubler pour atteindre 3,5 milliards d’ici 2033, à un rythme de croissance annuel de 12,5 %. En cas de succès clinique, Valneva pourrait percevoir jusqu’à 143 millions de dollars de paiements initiaux de Pfizer, plus des royalties de 14 % à 22 % et des paiements d’étape pouvant atteindre 100 millions.
La fin d’année sera également marquée par une échéance importante de développement avec un autre projet, certes moins avancé : le vaccin expérimental contre le virus Zika (VLA1601). Entré en phase I en mars 2024, il doit livrer ses premiers résultats d’ici fin 2025. De quoi confirmer l’ambition de Valneva de se concentrer sur les niches vaccinales délaissées par les grands laboratoires, tout en consolidant sa position sur des segments à fort potentiel.
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