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BNP Paribas / prêteurs / Private equity
Les prêteurs du private equity dessinent une carte éclatée / BNP Paribas, HPS et Goldman Sachs se disputent la tête selon les zones et les secteurs
L’écosystème du private equity vit plus que jamais au rythme des prêteurs. Dans un environnement marqué par la sélectivité accrue du financement bancaire et la montée en puissance des acteurs alternatifs, le classement PitchBook des "most active lenders" au deuxième trimestre 2025 illustre à quel point la hiérarchie des forces se recompose selon les zones géographiques, les types d’opérations et les secteurs.
Aux États-Unis, la profondeur du marché continue de favoriser les grands noms du private debt. HPS Investment Partners s’impose une nouvelle fois en tête du classement général avec 64 opérations recensées, devançant BMO (59) et Ares (54), à égalité avec JP Morgan. Le poids de Wall Street reste décisif : Bank of America, Goldman Sachs et Truist figurent encore dans le top 10, tandis que les spécialistes du financement direct comme Antares Capital ou Golub Capital confirment leur rôle de piliers dans les buyouts comme dans les opérations d’add-on. La photographie américaine met en lumière un paysage hybride, où les grandes banques d’investissement partagent le terrain avec des plateformes indépendantes devenues incontournables.
Un palmarès européen dominé par BNP
Le contraste est frappant avec l’Europe, où BNP Paribas s’impose largement en tête avec 49 deals financés. Goldman Sachs, qui en compte 44, et JP Morgan, avec 31, rappellent toutefois le poids persistant des banques américaines. Mais derrière ce trio, la hiérarchie reste largement occupée par les grands établissements bancaires continentaux - Barclays, Crédit Agricole et Deutsche Bank en tête -, confirmant la centralité des banques universelles dans le financement des transactions sponsorisées. Société Générale, HSBC, Morgan Stanley ou encore Santander complètent un palmarès où la diversité des modèles est manifeste, mais où les champions européens tiennent solidement la barre.
Dans le détail régional, les hiérarchies révèlent la spécificité de chaque marché. Au Royaume-Uni et en Irlande, HSBC caracole en tête avec 14 financements, devant Deutsche Bank qui en totalise 12 et Barclays 11, symbole de l’équilibre entre acteurs domestiques et continentaux.
En France et au Benelux, BNP Paribas creuse l’écart avec 23 opérations, suivi par Crédit Agricole avec 17, tandis que Goldman Sachs complète le trio de tête avec 15. La présence de la banque américaine reflète moins une implantation locale qu’un rôle constant dans les financements sponsorisés impliquant des cibles françaises ou belges - souvent aux côtés de fonds américains. Une nuance d’autant plus importante que PitchBook a élargi la méthodologie de ses classements : ils couvrent désormais toutes les transactions avec des sociétés européennes, indépendamment de la nationalité du prêteur.
Des hiérarchies régionales contrastées
Dans l’espace DACH — qui regroupe l’Allemagne, l’Autriche et la Suisse —, JP Morgan se hisse en tête avec six opérations, confirmant l’appétit des banques américaines pour les marchés germaniques, tandis que BNP Paribas et Goldman Sachs suivent de près. Dans les pays nordiques, ce sont les acteurs régionaux qui dominent, Nordea et Danske Bank occupant les deux premières marches du podium, mais Goldman Sachs reste bien placé avec cinq financements. Enfin, en Europe du Sud, BNP Paribas s’impose nettement avec 17 transactions, loin devant Goldman Sachs, Barclays et UniCredit qui tournent autour d’une dizaine chacune, soulignant le rôle central des banques transalpines et ibériques.
Au-delà de la géographie, la typologie des opérations éclaire les dynamiques en cours. Sur les buyouts américains - en particulier dans le segment mid-market -, les prêteurs spécialisés trustent le podium : TPG Twin Brook arrive en tête avec 13 opérations, devant Crescent Capital, HPS et Monroe Capital, tous à 12. Les grands buyouts de taille massive restent davantage le terrain des banques d’investissement, mais dans ce mid-market, ce sont les plateformes de private credit qui s’imposent par leur réactivité et leur souplesse. HPS domine aussi les secondary buyouts avec dix transactions, tandis qu’Antares, BMO et Churchill règnent sur les add-ons, cœur battant de la stratégie buy-and-build.
B2B, santé, énergie : des terrains de jeu distincts
La ventilation sectorielle révèle par ailleurs les lignes de force d’un marché encore très polarisé. Le segment B2B reste de loin le plus disputé, BNP Paribas (29 deals) y devançant Goldman Sachs (24) et Bank of America (23). Les grandes banques universelles et d’investissement s’y livrent à une compétition intense, reflet de l’appétit des fonds pour les services aux entreprises. Le B2C est davantage anglo-saxon : JP Morgan s’y impose (14 opérations), devant Ares et Bank of America (13 chacun).
Derrière ces grands ensembles, certaines spécialités dessinent une géographie différente. Dans la santé, Goldman Sachs caracole en tête avec 16 opérations, suivi par Jefferies avec 13 et BMO avec 12. L’IT confirme son statut de moteur des financements, Goldman Sachs (17 opérations) et Golub Capital (16) prenant une longueur d’avance. Dans l’énergie, le rapport de force change : ce ne sont plus les grandes banques sponsor-focused qui dominent, mais les acteurs dotés d’une expertise historique en financement de projets et d’infrastructures. Mitsubishi UFJ se hisse en tête avec 12 financements et Santander suit avec 10, reflétant le poids de banques rompues au financement de centrales, de réseaux et de projets capitalistiques, un terrain où leur savoir-faire spécifique leur donne un avantage décisif.
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