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CSRD : les engagements climatiques sont là / Reste que les entreprises doivent passer aux actions concrètes

Le cabinet Forvis Mazars a passé au crible les premiers rapports de durabilité publiés par 154 grandes entreprises européennes dans le cadre de la directive CSRD. Un effort sans précédent de transparence de la part des groupes concernés où l’on se rend compte que si la plupart affichent des objectifs climatiques ambitieux, des lacunes subsistent, notamment en matière d’adaptation au changement climatique et d’évaluation des risques financiers.
Pollution (Photo by Jason Whitman / NurPhoto via AFP)
Pollution (Photo by Jason Whitman / NurPhoto via AFP)

Si l’exercice fut contraignant, c’est une réussite en matière de transparence. C’est ainsi que Forvis Mazars qualifie les premiers rapports de durabilité (exigés par la directive européenne CSRD) publiés par 154 entreprises européennes, dont 68 françaises (issues du CAC 40, du SBF 120 et des grandes ETI). "Ce millésime marque un tournant : après des années d’anticipation limitée, les entreprises ont relevé le défi d’un reporting riche, structuré et comparable", observe le cabinet de conseil à l’occasion de la nouvelle édition annuelle de son baromètre RSE.

 

Des spécificités sectorielles révélatrices

 

Parmi les points notables, la quasi-totalité des entreprises analysées ont livré un bilan carbone conforme aux normes internationales. "99 % des entreprises analysées ont publié un bilan carbone conforme au protocole GHG (Protocole sur les Gaz à Effet de Serre, Protocole GES), et 83 % respectent déjà les exigences de la CSRD en matière de contrôle opérationnel", relève Forvis Mazars.

L’approche de double matérialité - cœur de la CSRD - est également bien intégrée. Les entreprises du panel ont identifié 46 impacts, avec une majorité d’impacts négatifs (62 %) et de risques financiers (71 %). "Cette analyse est d’autant plus robuste que 73 % des entreprises ont consulté leurs parties prenantes externes et 90 % leurs parties prenantes internes pour conduire leur démarche ", souligne le cabinet.

L’étude met aussi en lumière des différences notables entre secteurs. "Dans l’énergie et la chimie, la complexité des chaînes de valeur se conjugue à la difficulté de traiter le sujet des substances préoccupantes, jugé matériel par 82 % des acteurs de la chimie et 62 % de l’automobile, même si, dans ce dernier secteur, seule une entreprise sur quatre a été en mesure de publier des données quantitatives. Dans la banque et l’assurance, la transparence financière et la cybersécurité prennent une place croissante, tandis que le numérique se distingue par une exposition accrue aux risques liés à la protection des données", détaille Forvis Mazars.

 

Des ambitions climatiques visibles, mais encore incomplètes

 

Ces premières publications constituent également un levier inédit pour analyser les objectifs climatiques et plans de transition. Une majorité d’entreprises affiche ainsi des engagements concrets : "96 % des acteurs ont désormais défini des objectifs de réduction, dont 60 % alignés avec les Accords de Paris, visant une ambition inférieure à 1,5 degré sur les scopes 1, 2 et 3".

Mais des zones d’ombre subsistent : aucune entreprise n’a par exemple encore publié de politique d’adaptation au changement climatique. " L’intégration des enjeux financiers reste balbutiante : à peine 21 % des entreprises ont initié une évaluation des impacts financiers associés aux risques et opportunités de transition", note le cabinet.

Des rapports qui marquent donc une avancée indéniable, mais dont l’efficacité à long terme dépendra de leur capacité à s’incarner dans des actions concrètes, estime Forvis Mazars. "Ces premiers états de durabilité montrent la capacité des entreprises à relever un défi réglementaire et organisationnel majeur. Les rapports publiés, denses et techniques, permettent enfin de comparer les stratégies climat et les plans de transition. La CSRD a donc atteint son objectif de transparence, mais le vrai défi commence maintenant : transformer cette conformité réglementaire en leviers concrets de transition et d’adaptation", commente Edwige Rey, associée, responsable RSE et développement durable.

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