WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Fusions, Acquisitions / Morgan Stanley

Fusions, Acquisitions
Morgan Stanley

L’Europe reste en tête du duel transatlantique des M&A / Un marché du Vieux Continent où Goldman, JP Morgan et Barclays brillent

En dépit d’un environnement économique chahuté, l’Europe confirme son avance sur l’Amérique du Nord dans les fusions-acquisitions. Porté par des valorisations attractives et le soutien des taux bas, le marché séduit toujours davantage les investisseurs venus d’outre-Atlantique, alimentant un dynamisme dont bénéficient aussi les grandes banques américaines.
Le marché européen des M&A a de nouveau fait preuve de résilience au deuxième trimestre 2025 (Photo by Jakub Porzycki / NurPhoto via AFP)
Le marché européen des M&A a de nouveau fait preuve de résilience au deuxième trimestre 2025 (Photo by Jakub Porzycki / NurPhoto via AFP)

Dans le duel transatlantique des fusions-acquisitions, l’Europe garde la main. Selon PitchBook, près de 5 300 opérations ont été conclues sur le vieux continent au deuxième trimestre. Additionnées à celles du début d’année, elles dépassent les 9 668 deals recensés sur l’ensemble du premier semestre en Amérique du Nord. Bien partie pour devancer son rival transatlantique pour la troisième année consécutive, l’Europe pourrait même signer en 2025 sa meilleure année en plus d’une décennie en termes de volume. Une vigueur qui pourrait surprendre au premier abord, tant le contexte macroéconomique reste chahuté et incertain, mais qui traduit une dynamique intrinsèque nourrie par la richesse du tissu économique européen et renforcée par des atouts monétaires.

Et la résistance ne se lit pas qu’en volume. Tandis que le nombre de transactions progresse encore de 2 %, en valeur, le repli reste limité à –1 % par rapport au trimestre précédent. "Le marché européen des M&A est resté très résilient malgré les conditions volatiles créées par les annonces de tarifs américains début avril", constate Nicolas Moura, CFA, CAIA, Senior Research Analyst chez PitchBook. Une résilience qui s’appuie notamment sur l’appétit d’investisseurs venus d’outre-Atlantique, attirés par la décote persistante des valorisations européennes.

 

Capitaux venus d’outre-Atlantique et soutien des taux bas

 

L’acquisition de Hornetsecurity par Proofpoint pour 1,6 milliard de dollars ou celle de Deliveroo par DoorDash pour 3,8 milliards en sont des exemples récents. Les fonds américains ne dédaignent pas non plus des cibles plus modestes, mais actives sur des marchés spécifiques, comme l’assurance au Royaume-Uni, où Apollo a investi dans Pension Insurance Corporation et GTCR a repris JMG Group.

Il est vrai aussi que, depuis le printemps 2025, l’attrait européen peut s’appuyer sur un avantage monétaire marqué : la Banque centrale européenne a engagé un cycle d’assouplissement, avec deux baisses de taux au deuxième trimestre, tandis que la Réserve fédérale maintenait les siens inchangés. Résultat : "le différentiel entre les taux directeurs s’est creusé, celui de la Fed étant plus du double de celui de la BCE", souligne Nicolas Moura. Ce spread facilite le financement des opérations, en particulier pour les fonds de private equity, et soutient les valorisations boursières en réduisant les taux d’actualisation. Parallèlement, les entreprises européennes profitent de conditions macroéconomiques plus stables et d’opportunités domestiques attractives, en particulier dans des secteurs moins exposés aux risques liés au commerce avec les États-Unis.

D’un point de vue sectoriel, PitchBook relève que les technologies de l’information se démarquent, avec une hausse trimestrielle de 36,6 % de la valeur des transactions, à rebours de l’énergie (– 56,4 %). Dans un marché exposé aux turbulences commerciales américaines, le choix des secteurs devient d’ailleurs de plus en plus stratégique pour les investisseurs financiers comme pour les acheteurs industriels. Selon l’institut, il est probable que la consolidation s’intensifie encore dans l’automobile et la chimie, où les marges sont mises à rude épreuve, tandis que l’aéronautique et la défense voient leur attractivité renforcée par la hausse des budgets et les impératifs de souveraineté.

 

Banques américaines en pole position

 

Dans ce contexte, deux grandes banques américaines capitalisent pleinement sur la dynamique du marché européen : Goldman Sachs, toujours solidement installée en tête par valeur avec 23,8 milliards de dollars conseillés au premier semestre, et JP Morgan, qui progresse dans la hiérarchie pour se hisser à la deuxième place (21,8 milliards). Barclays et Jefferies signent également de belles avancées dans le classement. Derrière, Lazard occupe la cinquième place avec 14,7 milliards, suivie de Bank of America, Rothschild & Co, UBS et Morgan Stanley, neuvième contre troisième un an plus tôt.

Un recul à relativiser cependant. Rien qu’en France, les banquiers de Morgan Stanley soulignaient, en juillet, que plusieurs opérations majeures - pour un total de plusieurs milliards d’euros, mais aux montants non divulgués - n’apparaissaient pas dans les league tables. Leur inclusion traduirait de fait un niveau d’activité plus élevé qu’il n’y paraît.

Sur le critère du volume, le paysage change : PwC prend la première place avec 52 transactions, devant Clearwater (51), société de conseil en fusions-acquisitions spécialisée dans le segment mid-market, et Rothschild & Co (50), passé de la première à la troisième place, ce qui reste une performance solide pour cette maison dont la présence sur le podium ne surprend guère tant elle est historiquement active sur les opérations de petite et moyenne taille. GlobalData relève néanmoins que sept des dix premiers acteurs par valeur et huit sur dix par volume affichent un recul de leurs indicateurs sur un an, à l’exception notable de Bank of America (+ 53,9 % en valeur) ou d’Ernst & Young (+ 216,6 %).

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article