WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Macro-économie / Taux

Macro-économie / Taux

France : l’emploi privé fait de la résistance / Il s’est montré stable au printemps

Dans un contexte d’aléas baissiers significatifs, seules 4 800 destructions nettes d’emplois privés (-0,02 %) ont été enregistrées entre avril et juin 2024, soit le rythme de contraction le plus faible depuis l’automne dernier. Cette robustesse pourrait ne pas durer.
Catherine Vautrin, ministre du Travail - JULIEN DE ROSA / AFP
Catherine Vautrin, ministre du Travail - JULIEN DE ROSA / AFP

Confronté à de nombreux vents contraires, l’emploi privé tient le choc. D’après les données publiées par l’Insee, 4 800 destructions nettes ont été enregistrées entre avril et juin, soit une baisse de 0,02 %. C’est la vitesse de recul la plus faible depuis l’automne 2024. A contrario, l’on peut aussi pointer que jamais depuis la crise financière mondiale, l’emploi privé ne s’était contracté au cours de trois trimestres consécutifs (-114 600 en neuf mois).

Au deuxième trimestre, l’emploi intérimaire recule de nouveau légèrement : -0,6 % après -0,5 % au trimestre précédent (soit -4 000 emplois après -3 300 emplois). Les intérimaires sont comptabilisés dans le secteur tertiaire marchand quel que soit le secteur dans lequel ils effectuent leur mission.

L’emploi salarié privé dans l’industrie, hors intérim, demeure pratiquement stable, enregistrant une légère baisse de 0,1 %, soit 3 200 postes supprimés, dans le prolongement de la quasi-stagnation observée au trimestre précédent (‑0,1 %, soit ‑2 500 emplois). Dans le tertiaire marchand hors intérim, l’emploi connaît également une stabilité relative, avec une hausse marginale de 0,1 % correspondant à 10 000 créations nettes d’emplois, après un léger recul de 0,2 % au trimestre précédent (‑23 900 emplois).

Le secteur de la construction, quant à lui, poursuit son repli ininterrompu pour le dixième trimestre consécutif, avec une diminution de 0,5 % (‑7 700 emplois), succédant à une baisse de 0,7 % enregistrée entre janvier et mars (‑10 300 emplois).

Cette stabilité, qui implique une hausse du taux de chômage, s’il s’avère qu’elle concerne l’ensemble de l’emploi, du fait de la croissance de la population active, va-t-elle se poursuivre au second semestre ? Dans leur dernier point de conjoncture datant de juin, les économistes de l’Insee disent tabler sur des destructions nettes d’emplois privés de 34 000 au troisième trimestre, puis de 29 000 au dernier trimestre 2025. Dans ses prévisions, l’OFCE indique également s’attendre à une accélération des destructions nettes d’emploi salarié marchand au cours du second semestre.

La dernière enquête de l’Insee auprès des chefs d’entreprise dévoilée fin juillet rapporte que le climat de l’emploi s’est replié par rapport à juin, à 96,7 points (moyenne de long terme à 100 points), soit un niveau autour duquel il gravite depuis le début de l’année. Ce mouvement est lié aux entreprises de l’industrie et à celles du commerce de détail. A noter que les réponses à cette enquête ont été collectées entre le 25 juin et le 21 juillet, soit avant l’annonce de l’accord commercial entre l’Union européenne et les Etats-Unis.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article