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Feuilleton de l'été / Jad Sader / Amala Partners

Feuilleton de l'été
Jad Sader / Amala Partners

exclusif Série d'été - ces jeunes leaders qui construisent la France de demain / Jad Sader, managing director de l’activité Debt Advisory chez Amala Partners

EXCLUSIF. Du droit au financement, du Liban à la France, Jad Sader a construit son parcours par étapes, sans itinéraire tracé d’avance. L’un des premiers à rejoindre Amala Partners, il a contribué à ériger une expertise en conseil en financement, désormais au cœur des opérations de la maison. Être au plus près des projets, des dirigeants et de leur vision entrepreneuriale lui va parfaitement.
Jad Sader, managing director de l’activité Debt Advisory chez Amala Partners
Jad Sader, managing director de l’activité Debt Advisory chez Amala Partners

Il est l’un des premiers à avoir rejoint Amala Partners, à une époque où la jeune maison de conseil comptait à peine cinq collaborateurs. C’était en 2020. Cinq ans plus tard, l’équipe approche la cinquantaine de personnes, et Jad Sader y dirige l’activité Debt Advisory, avec une vingtaine de transactions par an à son actif. Le chemin qui l’a mené là ne répond à aucun plan préétabli.

Il faut remonter à Beyrouth pour trouver les premières lignes de son parcours. Né au Liban, il y passe les vingt-deux premières années de sa vie. "J’ai grandi dans un environnement très francophone. Mon lycée jésuite était tenu par des Pères français. " Une influence historique toujours présente, dans un pays où près de 40 % de la population parle encore la langue de Molière.

L’université s’inscrit dans la continuité familiale : son père est magistrat, ses aînés ont suivi la même voie. Il choisit le droit, "par facilité", dit-il, et obtient sa maîtrise en 2007. À ce moment-là, il envisage encore de marcher dans leurs pas. Mais le contexte politique et économique libanais est morose : le pays traverse une crise institutionnelle, sans président de la République.

 

De Beyrouth à Lyon

 

L’idée de partir fait son chemin. "Je me suis dit que ce serait bien de bouger un peu, de voir ailleurs. " Le projet d’un double diplôme se dessine. La France apparaît comme une évidence : il quitte Beyrouth, direction Lyon.

Admis sur titre à l’EM Lyon, il s’oriente vers la finance d’entreprise. À ce stade, rien n’est encore figé. "Mon parcours n’était pas complètement tracé. Je cherchais surtout à acquérir davantage de bagage." Ses stages vont orienter la suite : d’abord en fusions-acquisitions chez Société Générale, puis en financement d’acquisition chez Natixis. " Je voulais diversifier mes compétences. " L’expérience convainc : Natixis lui propose un CDI, nous sommes en 2010. Il rejoint l’équipe financement, d’abord sur des opérations corporate, avant de se spécialiser dans les transactions liées au private equity. "Je baigne dans le financement depuis une quinzaine d’années ", glisse-t-il, la suite ayant confirmé qu’il avait choisi le bon créneau.

L’expérience est riche, les dossiers s’enchaînent. Tout paraît aligné, si ce n’est que, peu à peu, il se heurte à la mécanique des grandes structures, avec un rythme de progression moins en phase avec ses attentes. " Je m’entendais très bien avec l’équipe. J’avais fait le tour du métier. Il y avait sans doute des perspectives, mais pas à l’horizon que je visais."

Il n’est pas en recherche active mais n’est pas imperméable à l’idée d’un changement. Le déclic survient à la faveur d’un dossier emblématique : Kersia, leader mondial de la biosécurité et de la sûreté alimentaire. Jad Sader travaille alors sur le financement de l’opération chez Natixis, l’une des banques arrangeuses. Le fonds acquéreur, IK Partners, est conseillé à la fois par Natixis Partners et par Amala, tout juste fondée par Jean-Baptiste Marchand. " Le courant était très bien passé ", se souvient-il.

 

L’aventure Amala

 

Quelques mois plus tard, un chasseur de têtes l’invite à prolonger cette interaction. L’environnement chez Natixis est stable, les liens sont solides. Mais après dix ans dans la même maison, l’idée d’un nouveau cycle s’impose. Il sonde son entourage : les retours sur Jean-Baptiste Marchand sont unanimement positifs, voire dithyrambiques : ses deals, son esprit entrepreneurial, sa capacité à fédérer. " J’avais toujours dit que je partirais si je trouvais la bonne opportunité. Là, c’était le bon moment. "

Il rejoint Amala presque from scratch, séduit par l’idée d’une aventure à bâtir. "C’était l’état d’esprit dans lequel j’étais : certains auraient pu parler d’un saut dans l’inconnu, mais j’avais fait mes due diligences."

Depuis, l’activité de conseil en financement a pris une autre dimension. L’équipe s’est étoffée avec des profils expérimentés, les juniors sont mutualisés avec les équipes M&A, et la séniorité est revendiquée comme un marqueur fort. "Nous avons pris le parti de renforcer l’équipe par le haut : tous ceux qui échangent avec des clients ou des prêteurs ont déjà plusieurs années d’expérience." Jad Sader prend soin de souligner les atouts de la maison. L’approche, insiste-t-il, est celle du sur-mesure. " Nous sommes avant tout au service d’un projet que nous nous devons de bien comprendre et respecter : on ne traite pas un dossier comme un autre. Le mot d’ordre est la proactivité (plus que la simple réactivité) : on n’est pas des passe-plats et ne subissons pas le marché ". Lui-même reste directement impliqué dans les opérations, attentif à la structuration, au dialogue avec les prêteurs.

Rejoindre Amala, ce n’était pas seulement changer d’entreprise. Cette bascule s’est accompagnée d’un rapport plus direct aux décideurs et d’un rôle plus ancré dans la stratégie. " L’un des aspects les plus stimulants, c’est l’approche entrepreneuriale, et l’exposition au top management des sociétés." Le rapport au client en est transformé. "On est au cœur du projet, qu’il s’agisse d’un entrepreneur ou d’un fonds. C’est plus concret, et plus gratifiant."

 

Le refinancement comme terrain de jeu

 

Plus encore que le LBO classique, c’est le segment du refinancement qui s’impose comme l’un de ses terrains de prédilection. " Nous réalisons de plus en plus d’opérations de refinancement qui peuvent prendre plusieurs formes : remplacement d’un pool bancaire peu adapté à une stratégie acquisitive, alléger le coût de la dette, dividend recap dans un contexte où les sorties se font plus rares ", explique le banquier d'affaires. Moins dépendant des opérations M&A, il permet d’ouvrir des relations directes avec les entreprises et les sponsors. 

L’exemple du courtier en assurance santé Santiane, refinancé aux côtés de Latour Capital, illustre bien cette mécanique : un seul unitrancheur en remplacement de deux, une baisse de taux, et une clause de portabilité pour faciliter une revente. Même logique sur Serapid (systèmes de levage), Osmaïa (paysage et infrastructures urbaines), ou encore Groupe LT (installations thermiques), dans des opérations menées avec LBO France ou MBO+. " Ce sont des contextes où l’on peut structurer un financement plus agile, mais aussi créer les conditions d’un futur deal à travers les clauses de portabilité ", souligne-t-il.

Ces refinancements sont devenus à la fois des leviers stratégiques et des angles d’entrée pour se repositionner sur les opérations à la vente. " Cela crée un cercle vertueux dans la diversification de l’offre pour répondre aux besoins de nos clients (avec le M&A et l’activité GPS) ; et assurer un accompagnement sur la durée quels que soient les besoins.", précise Jad Sader.

La logique d’interaction entre les métiers s’étend désormais à une troisième brique stratégique : l'accompagnement des GPs, qu’il s’agisse de levées de fonds ou de fonds de continuation. Le but : "couvrir l’ensemble de la chaîne de valeur du private equity." L’arrivée récente de Nicolas de Nazelle, chargé de piloter ce volet, est venue renforcer cette vision intégrée.

 

L’efficacité au service de l’équilibre

 

Cet engagement professionnel n’efface pas les exigences d’un équilibre personnel. S’il parvient à le préserver, c’est qu’il sait où placer ses priorités. Père de deux jeunes enfants, il tient à être présent aux moments qui comptent, quitte à se reconnecter plus tard si nécessaire. "Je veux les voir le matin, les coucher le soir, dans la mesure du possible, quitte à se reconnecter de chez soi ". Une discipline qu’il applique aussi à sa manière de travailler, avec une approche 80-20 assumée. "L’idée, c’est de se concentrer sur l’essentiel, éviter la dispersion. On ne fait pas d’overwork pour faire de l’overwork. "

Pas de plan de carrière figé, mais une direction claire : continuer à développer l’activité de financement, gagner en profondeur de marché, cultiver la qualité d’exécution. "Je suis très heureux là où je suis. Ce que vous pouvez me souhaiter, c’est que cela continue comme ça."

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