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Air France - KLM / SAS / Ben Smith / Steven Zaat

Air France-KLM monte à bord de la Scandinavie avec SAS / Copenhague bientôt au rang de hub stratégique

Air France-KLM va prendre le contrôle de la compagnie scandinave SAS en portant sa participation de 19,9 % à 60,5 %. Une opération stratégique, préparée de longue date, qui s’appuie sur des synergies commerciales déjà solides et vise à faire de Copenhague un troisième hub du groupe aux côtés de Paris-CDG et Amsterdam.
Air France-KLM va monter à 60,5% du capital de la compagnie aérienne scandinave SAS - Photo by Nicolas Economou / NurPhoto via AFP
Air France-KLM va monter à 60,5% du capital de la compagnie aérienne scandinave SAS - Photo by Nicolas Economou / NurPhoto via AFP

On attendait plutôt Air France-KLM sur le dossier TAP. Le groupe dirigé par Benjamin Smith avait clairement affiché son intérêt pour la compagnie portugaise, dans le cadre du processus de privatisation relancé début 2025 par le gouvernement de Lisbonne. Mais c’est finalement vers le nord de l’Europe que s’accélère la stratégie d’expansion du groupe franco-néerlandais.

Air France-KLM a annoncé vendredi son intention de porter sa participation au capital de SAS Scandinavian Airlines de 19,9 % à 60,5 %, en rachetant l’intégralité des parts détenues par les fonds Castlelake (32 %) et Lind Invest (8,6 %). Une montée au capital attendue, préparée dès l’origine de l’alliance nouée entre les deux compagnies en 2024, et désormais rendue possible par les bons résultats de SAS à la sortie de sa procédure de sauvegarde américaine.

 

Une montée en puissance programmée

 

Ce renforcement était dans les cartons depuis l’entrée d’Air France-KLM au capital en 2024. À l’époque, le groupe avait expressément prévu la possibilité de devenir actionnaire majoritaire de SAS à moyen terme, sous conditions. Celles-ci sont désormais réunies : sortie réussie du chapitre 11, redressement opérationnel rapide, synergies commerciales tangibles.

"Les performances financières de SAS se rapprochent très fortement des objectifs que nous avions fixés ", a souligné Steven Zaat, directeur financier d’Air France-KLM, lors de la conférence téléphonique avec les analystes. Ce constat a entraîné l’activation anticipée d’une clause permettant à Castlelake et Lind Invest de céder leurs parts à Air France-KLM. Mais c’est aussi la dynamique commerciale enclenchée depuis 2024 qui a convaincu le groupe d’avancer sans attendre.

 

Des résultats au-delà des attentes

 

En moins d’un an, les effets de la coopération entre les deux compagnies ont été spectaculaires. Les partages de code ont généré 120 millions d’euros de chiffre d’affaires, dont plus de 70 millions directement apportés par les équipes de SAS. "Réussir cela en moins d’un an, nous ne l’avions jamais vu", s’est enthousiasmé Benjamin Smith, évoquant un "renforcement de nos capacités commerciales, de notre gestion des revenus, de nos politiques de flotte".

Le potentiel de synergies va bien au-delà de la seule commercialisation. Côté fidélisation, la fusion progressive des programmes Eurobonus (SAS) et Flying Blue créerait une base commune de plus de 35 millions de membres. "La moitié de leurs revenus proviennent de leurs membres, tout comme chez nous", a précisé Steven Zaat. Côté coûts, des économies sont attendues sur l’achat de flotte, la maintenance, l’IT, l’organisation commerciale ou encore la couverture carburant, jusqu’ici absente chez SAS.

 

Une logique de croissance

 

L’enjeu dépasse la seule rationalisation. SAS, dotée d’une flotte long-courrier limitée, offre un levier de développement sur un marché scandinave encore sous-exploité. "SAS est aujourd’hui sous-dimensionnée sur le long-courrier. Nous voulons renforcer le long-courrier au départ de Copenhague", a confirmé Benjamin Smith. L’objectif est clair : faire de la capitale danoise un troisième hub pour le groupe, aux côtés de Paris-CDG et Amsterdam-Schiphol.

Ce développement n’impliquera pas de suppressions de postes. "Ce n’est pas du tout l’objectif de cette opération ", a insisté Steven Zaat, directeur financier adjoint. "Il s’agit d’une logique de croissance." Le plan prévoit de maintenir une présence significative en Suède et en Norvège, tout en concentrant les investissements à Copenhague, en raison de son potentiel géographique et économique.

L’intégration future de SAS à la coentreprise transatlantique "Blue Sky" – qui réunit Air France-KLM, Delta et Virgin Atlantic – doit permettre de renforcer encore la connectivité du hub danois vers l’Amérique du Nord, une priorité pour le groupe.

 

Une opération financée sans dilution

 

Si la solidité du projet industriel avec SAS ne fait pas de doute, il s’agissait aussi pour la direction d’Air France-KLM de convaincre sur la capacité à mener cette opération sans fragiliser sa propre situation financière, historiquement marquée par plusieurs épisodes délicats : le groupe a subi un endettement massif et des pertes record lors de la crise du Covid-19, nécessitant des aides d’État et le recours à la dette hybride pour éviter la faillite.

Or le financement de cette montée au capital ne nécessitera pas d’augmentation de capital. "C’est une transaction non dilutive", a assuré Steven Zaat. Elle sera réalisée "sur notre trésorerie ou via une émission obligataire classique ", sans remettre en cause les objectifs du groupe en matière de réduction de dette hybride.

Air France-KLM précise que la valeur définitive de l’opération sera fixée au moment de sa finalisation, en fonction des performances financières de SAS, notamment de l’EBITDA et de la dette nette. Pour l’heure, l’État danois conservera sa participation de 26,4 %, avec une représentation au conseil d’administration.

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