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Feuilleton de l'été / AMF / Laura Martini

Feuilleton de l'été
AMF / Laura Martini

exclusif Série d’été - ces jeunes leaders qui construisent la France de demain / Laura Martini, adjointe à la directrice de l’Instruction et du Contentieux des sanctions de l'AMF

EXCLUSIF. De la robe d’avocate à l’Autorité des marchés financiers, Laura Martini a troqué la défense des intérêts privés pour le service de l’intérêt général. Adjointe de la directrice de l’Instruction et du Contentieux des sanctions, elle accompagne désormais les rapporteurs dans l’instruction d’affaires complexes, à l’heure où celles-ci se font toujours plus techniques et internationales, sans hésiter à porter la voix de l’institution devant les tribunaux si les dossiers l’exigent. Portrait.
Laura Martini ( AMF)
Laura Martini ( AMF)

Face à la complexité croissante des affaires financières, l’Autorité des marchés financiers (AMF), présidée par Marie-Anne Barbat-Layani, sait s’appuyer sur des profils à la fois affûtés et engagés. Ancienne avocate, Laura Martini est aujourd’hui adjointe à la direction de l’Instruction et du Contentieux des sanctions (DICS). " J’ai eu la chance de croiser tout au long de mon parcours universitaire et professionnel plusieurs intervenants de l’AMF qui m’ont donné une vision très positive de l’Autorité, une maison d’experts qui œuvre pour l’intérêt général, c’est aussi cela qui m’a donné envie de franchir le pas", confie-t-elle à WanSquare.

 

Trouver sa juste place dans une mission d’intérêt général

 

Passée par des cabinets spécialisés en droit financier tels que Mirieu Sauty, Duhamel Blimbaum, ou encore Duhamel, Laura Martini a d’abord exercé cinq ans en tant qu’avocate, naviguant entre contrôles AMF, structuration de fonds et dossiers à forts enjeux, notamment au moment du contentieux sur les prêts toxiques des collectivités ou encore lors de la réorganisation des passeports européens à l’heure du Brexit.

Mais c’est en rejoignant le régulateur en 2020 qu’elle trouve un alignement parfait avec ses convictions : "Je voulais conjuguer exigence technique, intérêt général et environnement stimulant, en ayant un impact plus large que les intérêts privés des clients d’un cabinet d’avocats. L’AMF réunissait tout cela. Travailler à l’AMF, c’est contribuer à la transparence, à la protection des investisseurs, et à l’intégrité des marchés financiers. Il y a là une forme d’utilité publique qui m’a tout de suite parlé", avoue-t-elle.

 

Un rôle clé au coeur de la procédure de sanction

 

En quatre ans, elle aura su gravir les échelons de la DICS, qu’elle a intégrée dès son arrivée, passant de chargée d’affaires juridiques à superviseure, avant d’être nommée adjointe au sein de la direction, dirigée par Amélie du Passage, fin 2024.

Un poste exigeant, mêlant pilotage d’équipe, suivi des contentieux et appui aux rapporteurs de la commission des sanctions. "A l’issue d’un contrôle ou d’une enquête, le collège de l’AMF décide des suites à donner à un dossier, et s’il décide de poursuivre les personnes concernées par le contrôle ou l’enquête, il va leur envoyer un acte de poursuite qui est une notification de griefs. Cet acte est, en parallèle, transmis à la présidente de la Commission des sanctions, ce qui marque l’ouverture de la procédure de sanction. C’est aussi à ce moment précis que la présidente de la Commission va désigner parmi ses membres un rapporteur chargé d’instruire le dossier à charge et à décharge. Et c’est à ce stade-là que la DICS intervient, puisqu’elle apporte un concours technique juridique au rapporteur, à sa demande et sous son autorité, dans le cadre de ses diligences d’instruction du dossier ", explique Laura Martini, indiquant aussi travailler au service de la Commission des sanctions dans le cadre des procédures d’homologation des transactions, des accords de composition administrative, et là encore pour apporter une assistance technique juridique.

 

Chaque dossier est unique

 

C’est ainsi que Laura Martini mobilise son expertise au quotidien, dans un contexte où les affaires se complexifient sans cesse. "Aujourd’hui, les fraudes sont plus sophistiquées, plus internationales. Le volume de pièces, le nombre de parties prenantes, la diversité des enjeux rendent chaque dossier unique", constate-t-elle.

L’année 2024, marquée par de nombreux dossiers d’abus de marché, en est une illustration. Derrière les termes techniques – manipulations de cours, transactions suspectes – se dessinent des situations où la fine compréhension des mécanismes financiers croise une exigence juridique de haut niveau. "Il faut s’adapter à des techniques sans cesse plus modernes, parfois très pointues, issues du monde du trading, Tout en s’ancrant solidement dans les textes ", reconnait-elle.

 

Avocate de l’AMF sans porter la robe

 

Attachée au contradictoire, elle continue d’ailleurs de plaider devant la cour d’appel de Paris lorsque les décisions de la Commission des sanctions sont contestées. Un exercice qui prolonge son passé d’avocate : "Même sans la robe, l’audience reste un moment fort. Cela permet de porter la voix de l’Institution et de valoriser le travail rigoureux de nos équipes", souligne Laura Martini qui se félicite d’être au contact de personnalités de haut niveau - conseillers d’Etat, magistrats de la Cour de cassation, experts reconnus – dans une maison qu’elle décrit comme "un lieu de transmission ", et où le droit sert de levier pour réguler des enjeux économiques majeurs.

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