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Macro-économie / Taux / OFCE / Etats-Unis / tarif douanier

Macro-économie / Taux
OFCE / Etats-Unis / tarif douanier

Les Etats-Unis pourraient bien perdre sur tous les tableaux / Les droits de douane coûteraient cher dans les années à venir

Production, consommation ou encore bien-être. Les équipes de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) sont formelles, les droits de douane pourraient avoir un goût amer pour les Etats-Unis. En étudiant les effets sur cinq ans, elles statuent que la production américaine devrait baisser potentiellement de 7 %. S’y ajoute une perte de bien-être, pour les consommateurs, considérée comme pouvant être importante.
Cargo. Photo by CHARLY TRIBALLEAU / AFP
Cargo. Photo by CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Un colosse aux pieds d’argile. La puissance économique américaine n’est pas sujette à caution, cependant sa structure diffère de nombre d’autres économies. Un constat partagé par un chercheur associé à l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et deux confrères, ceux-ci arguant que les Etats-Unis sont de fait plus largement ouverts aux échanges avec le reste du globe que ce dernier ne l’est envers la nation dirigée par Donald Trump.

Une relation déséquilibrée dont les conséquences ne se font pas attendre dans l’analyse quantitative menée par les trois économistes sur les tarifs et les représailles associées. Stéphane Auray – chercheur associé à l’OFCE et professeur d’économie à l’Ensai -, Aurélien Eyquem - professeur associé d’économie au département d’économie d’HEC Lausanne – et Michael Devereux, professeur à la Vancouver School of Economics et à l’Université de la Colombie-Britannique, affirment qu’elle "implique qu’un tarif de taille égale dans les deux régions entraîne un effet négatif sur la production plus important pour les États-Unis que pour le reste du monde".

 

Projeter

 

Pour autant ils arguent que la "réponse à un droit de douane permanent est beaucoup plus importante à court terme qu’à long terme". Ils mettent pour cela en avant la "réponse endogène de la politique monétaire à la flambée de l’inflation de l’Indice des prix à la consommation (IPC) consécutive au choc tarifaire". Ils soulignent également l’importance des chaînes d’approvisionnement mondiales dans l’apparition des effets négatifs à long terme du choc tarifaire. La présence des biens intermédiaires importés contribuerait en grande partie à ces effets indésirables.

Raisonnant en utilisant un pays d’origine et un pays étranger, censés représenter d’une part le reste du monde et de l’autre les États-Unis, ils tâchent de mesurer l’impact d’une hausse impromptue et permanente des droits de douane tant sur les biens importés, sur le PIB, la consommation, l’inflation de l’IPC et les termes de l’échange ou encore la balance commerciale et le bien-être dans les deux pays. Le résultat central obtenu consiste en "une hausse de 10 % des droits de douane américains sans rétorsions [qui] réduit la production américaine de près de 3 % à l’impact, réduisant la consommation américaine de 0,5 %. Elle augmente l’inflation de l’IPC américain de 0,3 %, entraînant une hausse du taux directeur américain de plus de 60 points de base".

 

Discerner

 

Un des résultats clés se trouve être qu’à la suite de "l’augmentation des droits de douane américains, la production du reste du monde ne diminue que légèrement", ce qui pourrait bien être le début des mauvaises surprises pour l’administration Trump. Dès lors que le reste du monde adopterait des droits de douane de rétorsion équivalents, cela amplifierait les effets négatifs sur la consommation, la production et l’inflation américaines.

Les projections dans le temps long – à 5 ans - établies par leurs soins évoquent des économies qui "ont presque convergé vers leurs nouvelles valeurs à long terme induites par les droits de douane. D’un point de vue qualitatif, l’évolution de la production et de la consommation est très similaire, mais légèrement plus faible, la dynamique à court terme et l’amplification induites par la politique monétaire ayant disparu". La production américaine est toujours annoncée en baisse entre -0,8 % et -3,3 % selon les cas, la consommation y est également en berne et les pertes de bien-être des consommateurs américains seraient a minima modérées et au mieux importantes.

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