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Macro-économie / Taux

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France : l’emploi privé prend le bouillon / Hors pandémie, il subit un recul semestriel inédit depuis la crise financière mondiale

Entre fin septembre 2024 et fin mars 2025, l’emploi salarié privé a reculé de 0,5 %, soit un rythme de destructions nettes semestriel (110 000) jamais vu - hors pandémie - depuis 2009, montrent les données de l’Insee. Pas une composante du secteur marchand n’en réchappe.
Astrid Panosyan-Bouvet, ministre du Travail - Matthieu Delaty / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP
Astrid Panosyan-Bouvet, ministre du Travail - Matthieu Delaty / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Très sale temps pour l’emploi salarié privé en France. Les enquêtes de conjoncture le laissaient deviner, les données en dur de l’Insee viennent malheureusement le confirmer. D’après l’institut statistique, ce sont 109 800 destructions nettes d’emplois salariés privés qui ont été enregistrées entre fin septembre 2024 et fin mars 2025. Lorsqu’on exclut la pandémie de l’analyse, cette contraction de 0,5 % est inédite depuis 2009 quand la France avait dû affronter les retombées de la crise financière mondiale. Sur un an, la diminution atteint 0,6 % (123 300).

Le marché du travail n’est pas aidé par une activité économique qui subit moult vents contraires dopés par l’incertitude nationale et internationale. Le Produit intérieur brut (PIB) en volume a d’ailleurs stagné sur le même intervalle de temps.

En se penchant sur chacune des branches de l’économie hexagonale, on se rend compte que l’ensemble d’entre elles connaît des difficultés. En effet, dans l’industrie privée, ce sont 4 800 destructions nettes que le secteur déplore. Son niveau d’effectifs est ainsi au plus bas depuis le premier trimestre 2024. Du côté de la construction, qui a connu une année 2024 très compliquée en lien notamment avec le resserrement des conditions de financement, près de 20 000 (-1,2 %) destructions nettes d’emplois ont été enregistrées. Enfin, l’emploi salarié privé du secteur tertiaire marchand recule de 0,6 % (84 000) et celui au sein de l’agriculture de 0,1 % (3 300).

Dans leur dernier point de conjoncture, les économistes de l’Insee disent s’attendre à 20 000 destructions nettes supplémentaires pour l’emploi salarié privé au deuxième trimestre 2025 et là encore, à l’exception de l’agriculture, tous les secteurs seraient touchés. Notons qu’ils avaient sous-estimé d’environ 20 % l’ampleur de la baisse survenue au quatrième trimestre 2024 et au premier trimestre 2025.

Et pour la suite ? L’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) estime que la contraction, en valeur absolue, du volume de l’emploi marchand va s’accélérer durant le second semestre de l’année.

"Nous anticipons 245 000 destructions nettes d’emplois dans le secteur marchand entre fin 2024 et fin 2026. Parmi celles-ci, 40 % seraient imputables à la réduction massive de la politique de l’emploi, tandis que la réduction des aides aux entreprises et le retour de la durée du travail à son niveau de 2019 contribueraient pour un peu moins d’un tiers au rattrapage de productivité dans le secteur marchand. Le renchérissement du coût du travail découlant du rattrapage des salaires et la hausse du chômage expliqueraient 30 % des gains de productivité attendus sur la période", jugent ses économistes.

L’Unédic, quant à elle, prévoit que l’emploi affilié à l’Assurance chômage va décroître de 49 000 entre le dernier trimestre 2024 et la fin 2025.

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