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Coface face au retour du risque commercial mondial / Mais le regain de tensions profite à ses services d’analyse

Malgré une érosion des marges, Coface enregistre une croissance solide de son chiffre d’affaires au premier trimestre, soutenue par la fidélité de ses clients et le dynamisme de ses services d’information. Face au regain de tensions commerciales, l’assureur-crédit reste prudent, tout en misant sur la pertinence de son positionnement dans un environnement volatil.
Photo by Aleksander Kalka / NurPhoto / NurPhoto via AFP
Photo by Aleksander Kalka / NurPhoto / NurPhoto via AFP

Un début d’année solide pour Coface. Sur les trois premiers mois de 2025, l’assureur-crédit a vu son chiffre d’affaires progresser de 2% à taux de change et périmètre constants, atteignant 473 millions d’euros. Il s’agit du deuxième trimestre consécutif de croissance, porté notamment par une amélioration continue de l’activité avec les clients existants.

"Cela marque un renversement de la tendance observée l'année dernière, où nous avions enregistré une activité négative ou nulle pendant la majeure partie de l'année", a souligné Xavier Durand, le directeur général de Coface, lors d’une conférence téléphonique.

L’activité client désigne les revenus issus du portefeuille d’assurés existants, à l'exclusion de l’effet prix ou des nouveaux contrats. Cette composante, indicateur de la fidélisation et de la montée en charge des contrats en cours, a progressé de 1,2 % au premier trimestre, confirmant le redressement entamé fin 2024. Le taux de rétention client est resté proche de ses plus hauts niveaux historiques, à 95%.

 

Croissance des services, recul de l’affacturage

 

S’agissant des activités non assurantielles, leurs revenus ont augmenté de 7,5 %, avec une forte croissance des services d’information (+14,7 %) et des commissions de recouvrement (+14,8 %), tandis que l’affacturage a légèrement reculé (-0,7 %). Ce repli "reflète la situation de l'industrie en Allemagne et en Europe centrale", a observé Xavier Durand.

La croissance globale du chiffre d’affaires ne masque pas la détérioration des marges opérationnelles. Le ratio combiné net de réassurance, indicateur clé mesurant la somme des coûts et des sinistres rapportés aux primes encaissées, s’est établi à 68,7 %, en hausse de 5,6 points sur un an. Un niveau encore confortable (le seuil d’équilibre étant de 100 %), mais qui reflète un début de normalisation de la sinistralité, marqué par davantage de dossiers de taille moyenne. Le ratio de sinistralité net, qui mesure le poids des indemnités versées sur les primes encaissées, est remonté à 39,1 %, en progression de 3,3 points sur un an.

En parallèle, les coûts opérationnels ont augmenté de 5,7 %, en lien avec l’inflation et les investissements stratégiques engagés dans le cadre du plan "Power the Core". Le ratio de coûts atteint 29,5 %, en hausse de 2,2 points.

Conséquence, le résultat opérationnel s’inscrit en baisse de 14,5 %, à 91,2 millions d’euros. Mais le faible taux d’impôt de 23 % cette année, contre 27 % un an plus tôt, permet au résultat net d’afficher un recul moins marqué de 9,2 %, à 62 millions d’euros.

 

L’environnement le plus incertain depuis des années

 

Mais dans la mesure où le niveau d’activité traduit l’environnement économique qui prévalait avant l’annonce de droits de douane par les Etats-Unis, la grande interrogation porte bien sûr sur les perspectives. Déjà mis à rude épreuve lors de la première guerre commerciale lancée par Donald Trump en 2018, le métier d’assureur-crédit se retrouve une nouvelle fois en première ligne face à l’offensive tarifaire déclenchée le 2 avril 2025 par le président américain Donald Trump.

"Il est assez évident que l’environnement est plus incertain que jamais", reconnaît Xavier Durand, pointant le retrait des États-Unis du libre-échange et la difficulté à anticiper les effets des mesures annoncées. Si l’incertitude devait persister, et quel que soit le niveau - élevé, moyen ou même plus modéré – auquel elle devrait se stabiliser, Coface anticipe un impact défavorable sur le commerce mondial.

Mais cette situation pourrait aussi se traduire par une hausse de la demande pour les services du groupe, en particulier les services d’information ou les analyses de risque à court terme, au-delà du seul métier d’assurance. Dans ce climat instable, Coface estime que sa stratégie fondée sur une lecture fine des risques par secteur, géographie ou flux commerciaux demeure un atout clé. "Nous pensons avoir la bonne stratégie", résume le directeur général.

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