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Société Générale pulvérise (déjà) ses cibles annuelles / La banque trace sa route vers 2026 malgré l’incertitude économique mondiale

La banque frappe fort dès le début de l’année 2025, dépassant déjà largement plusieurs objectifs annuels. Portée par un rebond spectaculaire de la banque de détail, des performances record sur les marchés actions et une discipline de gestion exemplaire, Société Générale affiche un bénéfice net multiplié par 2,4 en un an et une rentabilité à 11 %. Une démonstration de force qui conforte la stratégie mise en place par Slawomir Krupa, malgré les incertitudes engendrées par les droits de douane américains.
Slawomir Krupa (©Photo by JOEL SAGET / AFP)
Slawomir Krupa (©Photo by JOEL SAGET / AFP)

Démarrage de l’année 2025 sur les chapeaux de roues pour Société Générale. La banque dirigée par Slawomir Krupa a surpassé ses objectifs annuels. Avec un résultat net part du groupe multiplié par 2,4 sur un an, à 1,61 milliard d’euros et une rentabilité (ROTE) à 11 %, soit bien au-dessus de la cible de 8 % pour l’année (et ce même en retraitant les 200 millions d’euros de gains de cessions d’actifs ce trimestre, le ratio ressortant ainsi à 10,9 %), le groupe confirme l’exécution rigoureuse de son plan stratégique.

 

La Banque de détail en France et le marché actions comme moteurs de croissance ce trimestre

 

De fait, portés par des revenus en hausse de 6,6 % par rapport au premier trimestre 2024, à 7,1 milliards d’euros – et même de 10,2 % hors actifs cédés (sur une cible annuelle supérieure à + 3 %)-, les performances de Société Générale sont robustes. "Elles sont un motif de confiance. Il nous reste encore beaucoup de travail à accomplir mais nous allons continuer à avancer dans la bonne direction même si l’environnement actuel apporte son lot d’incertitudes. Notre trajectoire ne sera pas toujours parfaitement linéaire mais notre cap est clair ", a assuré le directeur général lors d’une conférence téléphonique.

Tous les pôles d’activité sont au rendez-vous, avec la confirmation du net rebond de la Banque de détail en France, Banque privée et Assurances, amorcé au troisième trimestre l’année dernière. De fait, celle-ci s’est révélée être, durant le trimestre, l’un des moteurs de croissance du groupe les plus dynamiques, avec des revenus en hausse de 14,1 % sur un an, à 2,3 milliards d’euros. BoursoBank a poursuivi son fort développement commercial avec près de 460 000 nouveaux clients sur le trimestre, soit une base d’environ 7,6 millions de clients à fin mars 2025.

Autre contributeur majeur aux performances du groupe : la Banque de Grande Clientèle et Solutions Investisseurs qui voit ses revenus progresser de 10 % sur un an, à 2,9 milliards d’euros. Ils sont portés notamment par le marché actions qui a délivré une performance record avec des revenus à 1,06 milliard d’euros, en forte hausse de 21,8 % par rapport à la même période l’année dernière, grâce à la dynamique dans les produits de flux et les produits listés.

 

Des précautions d’ores et déjà prises

 

L’on notera également la maîtrise des coûts – dont Slawomir Krupa a fait la priorité de son mandat. Les frais de gestion reculent au premier trimestre de 4,4 % sur un an, dépassant là encore les objectifs annuels (réduction de plus de -1 %, hors actifs cédés). Ce faisant, le coefficient d’exploitation est ramené à 65 %, en avance sur la cible de moins de 66 % pour 2025. "D’autant que si les taxes comptabilisées intégralement sur le premier trimestre étaient lissées sur l’année, celui-ci s’établirait à 62 % ce trimestre ", a précisé Slawomir Krupa.

Le coût du risque, quant à lui, s’affiche à seulement 23 points de base - un niveau faible, inférieur à la fourchette cible et intégrant déjà une augmentation des provisions du premier semestre (3,1 milliards d’euros), illustrant la politique prudente du groupe.

Du côté des fonds propres, cœur de la stratégie du groupe, le ratio CET1 atteint 13,4 %, soit 320 points de base au-dessus des exigences réglementaires, renforcé notamment par la finalisation de cessions stratégiques (SGEF, SG Private Banking Suisse, SG Kleinwort Hambros). "Notre bilan est donc robuste, ce qui est un atout supplémentaire pour continuer à avancer dans le contexte actuel. La gestion des risques est toujours un élément crucial dans le pilotage d’une banque. Plusieurs configurations pourraient émerger. La première serait un ralentissement macro-économique mondial lié aux disruptions du fonctionnement de l’organisation du commerce international et la seconde serait une volatilité prolongée des marchés en raison d’une incertitude profonde. En partant de ces deux considérations, une multitude de combinaisons de scenarii peut être envisagée mais quel que soit le scénario qui se matérialisera in fine, nous sommes confiants dans notre capacité à le gérer ", a assuré Slawomir Krupa, qui compte tirer parti de la diversification du modèle de Société Générale, en termes de sources de revenus, de présence géographique – "les géographies cœur font partie des moins touchées par les risques douaniers ", a-t-il souligné -, et de secteurs d’activité. "Par ailleurs, nous ne voyons aucun signe de détérioration de la valeur de nos actifs tandis que la volatilité des marchés a été plutôt favorable jusqu’à présent pour nos activités de marché ", a-t-il fait observer.

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