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Elon Musk compte se reconcentrer sur Tesla / Ses résultats trimestriels traduisent ses difficultés
La publication des livraisons de Tesla du premier trimestre, il y a quelques semaines, avait déjà laissé entrevoir que les résultats du groupe ne seraient sûrement pas au beau fixe. De fait, le constructeur de véhicules électriques a vu son chiffre d’affaires baisser de 9 % sur les trois premiers mois de l’année, à 19,3 milliards de dollars, tandis que sa marge opérationnelle a fondu de 343 points de base sur un an, pour atterrir à 2,1 %. Au quatrième trimestre de 2024, elle s'affichait même à 6,2 %. Son bénéfice net a chuté de 71 %, en se fixant à 409 millions de dollars. "Ce trimestre allait forcément être difficile", commente Matt Britzman, analyste chez Hargreaves Lansdown.
Il faut dire que Tesla avait déjà, par exemple, fait savoir que certaines perturbations dans ses usines, à mettre en lien avec le démarrage de la production de son dernier Model Y, avaient pénalisé son activité trimestrielle. "Pour un constructeur automobile, l’utilisation des capacités de production est cruciale, et l’arrêt de la production pour renouveler le véhicule le plus vendu allait forcément laisser des traces dans les résultats financiers. Mais la patience des investisseurs s’amenuise. Les marges sont en baisse depuis un certain temps et il n’y a pas de catalyseur clair pour un redressement significatif en 2025, les droits de douane assombrissant les perspectives à court terme", ajoute l’analyste.
Décision présidentielle
La remise à jour du Model Y devrait bien rassurer les investisseurs, qui avaient pu s’inquiéter du manque de renouvellement de certains modèles du groupe - d’autant plus dans l’environnement concurrentiel des véhicules électriques au sein duquel les industriels chinois assoient leur puissance. En revanche, il reste effectivement que Tesla est, comme ses pairs, désormais aussi chahuté par la politique commerciale de Donald Trump. "En ce qui concerne les droits de douane, nous sommes la société la moins touchée par ceux-ci. Nous approvisionnons localement l’Amérique, l’Europe et la Chine, ce qui nous place dans une position plus forte que nos concurrents. Je continuerai à plaider en faveur d’une baisse des droits de douane plutôt que d’une hausse, mais la décision revient fondamentalement au président des États-Unis", a fait savoir Elon Musk de la présentation des résultats du groupe. Puisque malgré cet avantage pris aux États-Unis grâce à des usines nationales, les répercussions en cascade des droits de douane sur l’aluminium, l'acier et les pièces détachées pourraient, nécessairement, se refléter dans les coûts du groupe.
À ces différentes perturbations s’est ajouté un impact moins directement quantifiable, mais sans doute tout aussi important sur l’image de marque de Tesla et la manière dont l’entreprise était pilotée : les multiples activités connexes d’Elon Musk, tout particulièrement depuis qu’il est entré au gouvernement de Donald Trump pour tailler dans les dépenses de l’administration publique au sein de la commission pour l’efficacité gouvernementale, le DOGE. Entre les appels au boycott, les manifestations ou des actes de vandalisme contre des véhicules Tesla, les prises de position politiques clivantes du patron de l’entreprise n’ont en effet pas été sans conséquence. "J’ai essuyé quelques revers depuis que je travaille au département de l’efficacité gouvernementale. Je pense que le travail que nous y accomplissons est en réalité très important, car il vise à réduire le déficit insensé qui mène notre pays à la ruine. Il est donc naturel que ceux qui bénéficiaient de ces dépenses inutiles et de ces avantages financiers tentent de s’en prendre à moi, à l’équipe DOGE et à tout ce qui m’est lié", a assuré Elon Musk.
Un jour ou deux
En revanche, le milliardaire ne compte pas continuer à y dédier l’entièreté de son agenda. Et entend plutôt remettre le cap sur Tesla. "Je pense que je vais continuer à y consacrer une journée ou deux par semaine, tant que le président le souhaite. Mais à partir du mois prochain, je consacrerai beaucoup plus de temps à Tesla, maintenant qu’une grande partie du travail est accomplie", a avancé Elon Musk. Une mise en retrait donc imminente, qui devraient rassurer la communauté financière, estime l’analyste Matt Brizman : "Les investisseurs peuvent pousser un petit soupir de soulagement, […] car cela pourrait atténuer quelque peu la pression sur l’image de marque de Tesla".
En attendant, le fondateur de Tesla n’a pas manqué d’afficher sa confiance quant à l’avenir de son entreprise. "Nous ne sommes pas au bord de la mort, loin de là. Il y a des défis à relever. Mais je reste extrêmement optimiste quant à l’avenir de l’entreprise. Elle repose essentiellement sur les voitures autonomes à grande échelle et les robots humanoïdes. La valeur d’une entreprise qui fabrique à grande échelle et à bas prix des robots humanoïdes autonomes vraiment utiles, ce que Tesla va faire, est donc stupéfiante. Je continue de penser que Tesla, avec une excellente exécution, sera de loin l’entreprise la mieux valorisée au monde", a-t-il prévu, rappelant par exemple qu’une flotte de taxis autonomes allait être mise en service à Austin, au Texas, au mois de juin. Les retombées concrètes et financières des avancées du groupe dans les véhicules autonomes devraient se faire reconnaître aux alentours du second semestre de 2026, a prévu Elon Musk.
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