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Le FMI alerte sur la mauvaise pente prise par le taux d’endettement public mondial / Et le coût budgétaire notable des chocs d’incertitude géoéconomique
Le taux d’endettement public mondial file un mauvais coton. C’est ce que révèlent les données présentées par le Fonds monétaire international (FMI) dans son nouveau rapport sur les finances publiques. D’après l’institution de Washington, la dette publique planétaire pourrait être amenée à représenter 99,6 % du Produit intérieur brut (PIB) mondial en 2030, contre 92,3 % en 2024, soit au-dessus de son pic atteint pendant la pandémie.
"Les grandes économies, telles que le Brésil, la Chine, la France, l’Afrique du Sud, le Royaume-Uni et les États-Unis, sont les principaux contributeurs à cette augmentation de la dette publique mondiale", indique le FMI, soulignant que les besoins de financement brut devraient rester élevés dans de nombreux pays. "Les risques d’un niveau de dette encore plus élevé ont augmenté en raison de conditions financières plus strictes et plus volatiles, ainsi que d’une incertitude économique accrue", ajoute l’institution.
La période trouble que connaît l’économie mondiale notamment du fait des incertitudes géoéconomiques (incertitudes concernant les variables économiques et politiques qui influencent le niveau d’intégration économique mondiale, telles que les évolutions des politiques commerciales, des investissements, des chaînes d’approvisionnement) a conduit les économistes du FMI à s’intéresser aux retombées que pouvaient avoir les chocs qui y sont liés sur les finances publiques. Concrètement, est étudié l’effet d’un choc d’une ampleur similaire à celui de l’adhésion de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce en 2001.
Il en ressort qu’une augmentation significative de ce type d’incertitude générerait à moyen terme une hausse du taux d’endettement public d’environ 4,5 points de PIB. "Cette hausse est principalement causée par un accroissement du déficit public, marqué par des dépenses plus élevées et des recettes plus faibles, une réduction persistante de la production réelle et une augmentation temporaire des taux d’intérêt à long terme", d’après le FMI. Dans le détail, l’incertitude géoéconomique entraîne une augmentation persistante des dépenses publiques de 0,9 point de PIB à moyen terme, accompagnée d’une baisse initiale des recettes de 0,1 point de pourcentage du PIB. Il y a également une réduction persistante du PIB de 2,3 % et une augmentation temporaire des taux d’intérêt à long terme de 0,2 point.
A noter que les mécanismes sous-jacents à la hausse du taux d’endettement varient selon les économies. Au sein des pays avancés, le bond est principalement lié à une hausse substantielle et durable des dépenses publiques, estimée à environ 1 point de pourcentage du PIB à moyen terme. Cette augmentation peut être attribuée en grande partie à des dépenses liées à d’autres formes de soutien fiscal et à des dépenses militaires accrues. En revanche, dans les économies de marché émergentes et en développement, l’augmentation de la dette publique provient d’une diminution significative des recettes qui est particulièrement prononcée à court terme.
"Les résultats indiquent également que les risques de dette pour les pays déjà confrontés à des niveaux de dette élevés sont susceptibles de se multiplier en période d’incertitude géoéconomique accrue, comme c’est le cas actuellement".
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