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Finances publiques

Le gouvernement sonne le tocsin sur l’état des finances publiques / Plusieurs principes pour les rétablir

Ce matin, le Premier ministre François Bayrou a tenu une conférence de presse pour prendre les Français à témoin de la situation dégradée des finances publiques. Situation qui appellera à déployer une nouvelle doctrine qu’Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a détaillée.
François Bayrou, Premier ministre et Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics - Alain JOCARD / AFP
François Bayrou, Premier ministre et Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics - Alain JOCARD / AFP

"Nous sommes au bord du surendettement". François Bayrou, Premier ministre, a affiché un ton inquiétant ce matin à l’occasion d’une conférence de presse sur les finances publiques. "Il est des heures de vérité décisives et celle-ci en est une. Seule une prise de conscience de nos concitoyens, seule la confrontation les yeux ouverts avec la vérité de notre situation (budgétaire), peut soutenir une action déterminée", a déclaré le locataire de Matignon, devant un parterre composé de ministres, parlementaires, représentants d’organisations syndicales, hauts fonctionnaires et grands patrons.

À grand renfort de diapositives faisant état de la dégradation continue du taux d’endettement public et du creusement du déficit public, le maire de Pau a évoqué une "situation intolérable". Sur le chemin du reflux du déficit public de 5,4 % du Produit intérieur brut (PIB) en 2025 à un niveau inférieur à 3 % du PIB en 2029, le gouvernement devra en passer par la délicate étape du projet de loi de finances (PLF) pour 2026.

L’exécutif a chiffré à 40 milliards d’euros l’effort budgétaire qu’il allait falloir réaliser l’année prochaine (après 50 milliards d’euros en 2025). Dans le détail, ce montant représente la différence entre le déficit public qu’afficherait la France à politique inchangée (compte tenu de la trajectoire des dépenses d’intérêts par exemple) et le déficit public visé par le gouvernement à 4,6 % du PIB.

François Bayrou n’a pipé mot sur la répartition de l’ajustement entre la Sécurité sociale, les collectivités locales et l’Etat. Pour mémoire, ce dernier a pris à sa charge une très grande partie de l’effort en dépense cette année (environ les trois-quarts). Par ailleurs, le Premier ministre n’a pas indiqué si de nouvelles mesures en recettes allaient être proposées.

Invitée à s’exprimer lors de la conférence de presse, Amélie de Montchalin, ministre des Comptes publics, a dévoilé les principes qui allaient présider au rétablissement des finances de la France. D’une part, "nos dépenses de fonctionnement ne doivent pas augmenter plus vite que le Produit intérieur brut (PIB) ", a déclaré la ministre.

D’autre part, Amélie de Montchalin souhaite que l’Etat distribue moins, parlant d'"État guichet", et planifie davantage. Par ailleurs, "l’intérêt général doit prévaloir sur les intérêts particuliers", a-t-elle fait valoir. "Nous devons accepter de baisser les impôts pour tout le monde plutôt que d’avoir des niches fiscales pour quelques-uns. Nous devons accepter qu’il y ait des perdants si l’intérêt général y gagne", a-t-elle ajouté.

Enfin, la ministre a évoqué des dépenses que la France n’avait plus les moyens d’assumer. "Nous ne pouvons plus nous permettre d’avoir un État enchevêtré, avec des doublons, illisible. Nous avons lancé un chantier sur les opérateurs et les agences, nous irons au bout, pour les fusionner, pour les reministérialiser, et parfois les supprimer", a affirmé Amélie de Montchalin. Elle a aussi notamment alerté sur le coût des arrêts maladies : 17 milliards d’euros en 2024, soit une hausse d’un tiers par rapport à 2021.

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