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BNP Paribas / AXA IM
BNP Paribas ajuste sa trajectoire pour AXA IM, sous l’influence de la BCE / Un impact plus modéré que redouté
Aucune annonce formelle. Mais l’interprétation de la BCE est désormais limpide. Vendredi 11 avril, Bloomberg révélait que la Banque centrale européenne ne comptait pas autoriser l’application du " compromis danois " au rachat d’AXA Investment Managers (AXA IM) par BNP Paribas. Dans une interview accordée à l’agence publiée sur le site de l’institution, Claudia Buch, présidente du conseil de supervision, enfonçait le clou : ce traitement " est destiné à être appliqué au secteur de l’assurance et non, par exemple, aux entreprises de gestion d’actifs ".
Si aucun nom n’a été cité, le message a été reçu cinq sur cinq. BNP Paribas a actualisé lundi les hypothèses financières de l’opération devant donner naissance à un leader européen totalisant environ 1 400 milliards d’euros d’encours sous gestion : l’impact sur le ratio de solvabilité Common Equity Tier 1 (CET1) ne serait pas de 25 points de base (pb) comme annoncé en août 2024, mais de 35 pb. La banque parle d’un ajustement basé sur l’" hypothèse où cette interprétation devait être retenue in fine " — manière subtile d’entériner une décision désormais jugée acquise. Même si les modalités retenues pour traiter cette opération au plan prudentiel ne seront communiquées qu’au moment du closing de l’opération, toujours prévu à l’été 2025, à l’issue d'échanges encore en cours avec les autorités de supervision sur ce sujet.
La banque maintient le cap sur les retours aux actionnaires
Ce recalcul du ratio CET1 s’accompagne d’un ajustement des perspectives de rentabilité. Le retour sur capital investi (ROIC), initialement attendu au-delà de 18 % à trois ans, est désormais projeté au-dessus de 14 % à cet horizon, puis supérieur à 20 % à la quatrième année. Le repli est plus marqué que celui, modeste, observé sur la solvabilité, mais moins sévère que redouté par les analystes. BNP Paribas, de son côté, assure que "les objectifs globaux de rentabilité comme sa trajectoire de croissance ne seraient pas modifiés, ni sa trajectoire de fonds propres et de ratio CET1 ".
Le lancement prochain du programme de rachat d’actions, annoncé en février et déjà validé par la BCE, est confirmé. Il en va de même pour la politique de distribution de dividendes et de retour aux actionnaires, récemment renforcée par l’instauration d’un dividende semestriel lors de la présentation des derniers résultats annuels records du groupe. Ce qui explique le rebond de l’action BNP Paribas lundi (+3,5 %), supérieur à la baisse enregistrée vendredi (–2,4 %).
La BCE verrouille le périmètre du compromis danois
Le "compromis danois", mis en place pour la première fois en 2013 pour répondre aux besoins spécifiques des banques danoises exposées au secteur de l’assurance, permet aux établissements financiers d’acquérir des participations dans des sociétés d’assurance sans devoir déduire intégralement ces participations de leur ratio de solvabilité Common Equity Tier 1 (CET1). Autrement dit, grâce à ce mécanisme, les banques peuvent réduire l'impact de ces acquisitions sur leur capital, car elles ne sont pas contraintes de comptabiliser la valeur totale de ces participations dans leur calcul du ratio CET1.
En pratique, le compromis danois applique une pondération de 250 %, ce qui signifie qu'une acquisition d'1 milliard d'euros n'aurait un impact sur le ratio CET1 que de 250 millions d'euros. Cette approche réduit la pression sur le capital des banques par rapport à une pondération classique de 100 %, qui aurait impliqué de prendre en compte l'intégralité de l'acquisition dans le calcul du ratio CET1. C’est dans cette optique que BNP Paribas, tout comme Banco BPM pour l’acquisition d'Anima, a cherché à étendre ce mécanisme aux acquisitions dans le secteur de la gestion d'actifs, en structurant ces opérations via sa filiale d’assurance – BNP Paribas Cardif dans le cas de la banque française.
Mais la BCE vient de refermer la porte, sans grande surprise. "Il y a quelques semaines, la BCE avait déjà émis un avis défavorable concernant le rachat d’Anima par Banco BPM ", rappelle lundi la Deutsche Bank. Et il semble désormais clair que la ligne rouge a été tracée. Même si, comme le précisent les analystes d’Octo Finances, "l’EBA pourrait également avoir son mot à dire ", un avis divergent semble peu probable.
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