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BNP Paribas signe un bénéfice historique en 2024 / Et instaure un dividende semestriel, reflet d'une visibilité accrue
"C'est le plus haut résultat jamais enregistré par BNP Paribas." Jean-Laurent Bonnafé, le directeur général de la première banque de la zone euro, ne cachait pas sa satisfaction en présentant mardi les résultats annuels de la banque. En 2024, BNP Paribas est parvenue à dégager un bénéfice net historique de 11,7 milliards d’euros, en progression de 4,1% par rapport aux près de 11 milliards d’euros du précédent record en 2023. Et cela, grâce à un très solide quatrième trimestre au cours duquel ce même bénéfice net a augmenté de 16%, pour s’établir à 2,32 milliards d’euros.
Dans le même temps, le produit net bancaire (PNB) des trois derniers mois de l’année a progressé de 11%, à 12,14 milliards d’euros. À chaque fois, la banque a fait mieux que prévu : les analystes tablaient sur 2,26 milliards de bénéfice et 11,7 milliards de revenus respectivement.
Des résultats portés par la banque d’investissement
Cette solide performance repose en grande partie sur la bonne tenue des activités de marché et de la banque de détail hors de France. Le pôle Corporate & Institutional Banking (CIB) s’est particulièrement illustré. Toujours au quatrième trimestre, les revenus des activités Equity & Prime Services, qui englobent la négociation et le courtage d’actions ainsi que les services aux hedge funds et autres investisseurs institutionnels, ont bondi de 30 %. Ceux du pôle Fixed Income, Currencies & Commodities (FICC) ont progressé de 34 %.
Ainsi, "le bénéfice avant provision est supérieur de 8 %, soit 317 millions d’euros, au consensus, dont 93 % proviennent de la BFI", observent les analystes d’UBS. Autre satisfaction, le groupe a également bénéficié d'une amélioration des revenus dans ses activités de banque de détail hors de France, notamment en Italie, compensant ainsi la légère baisse des revenus d'intérêts nets en France (-1% sur le trimestre). Un recul qui pourrait d’ailleurs ne pas s’éterniser, la banque mettant en avant une "production de prêts en forte progression au quatrième trimestre 2024", signe d’un possible retournement de tendance.
En parallèle, l’activité de spécialités financières a connu une dynamique contrastée. Si le leasing automobile (Arval) a souffert d’une hausse des coûts, la division Personal Finance a réalisé une solide performance, avec des coûts mieux maîtrisés.
Quant à la troisième division du groupe, IPS (Investment & Protection Services), centrée sur l'assurance et la gestion d'actifs, son produit net bancaire s’est accru de 8,4% au cours du trimestre, soutenus par la progression de l’activité et les revenus de Wealth Management (+10,8%).
Une solidité financière confirmée
Cette dynamique s’est accompagnée d’un renforcement des ratios de solvabilité. Le ratio CET1 s’établit à 12,9 %, 10 points de base au-dessus des attentes du marché, et la banque prévoit de maintenir ce niveau autour de 12,3 % en 2025.
C’est fort de cette solidité financière que BNP Paribas a annoncé mardi un changement de calendrier dans sa politique de distribution aux actionnaires, avec la mise en place d’un dividende intérimaire dès 2025. "Son montant, fixé à 50 % du résultat du premier semestre, reflète notre confiance dans la capacité du groupe à maintenir un retour aux actionnaires régulier et discipliné.", a souligné Jean-Laurent Bonnafé.
La décision prise par la banque envoie de fait un message fort sur la solidité et la prévisibilité de ses résultats. Peu d'entreprises cotées adoptent ce mode de versement de dividendes répartis sur l'année, une pratique plutôt réservée aux majors pétrolières (à une fréquence trimestrielle généralement), connues pour la robustesse et la régularité de leurs performances financières. Dans le secteur bancaire, en revanche, les dividendes sont souvent perçus comme plus incertains, un constat illustré par les réductions, voire les suspensions de paiements lors des crises financières passées
Perspectives optimistes pour 2025 et au-delà
Cette confiance affichée par BNP Paribas dans sa capacité à générer des résultats stables et prévisibles se reflète dans ses perspectives. BNP Paribas a fixé des objectifs ambitieux pour les années à venir, avec un retour sur capitaux propres (ROTE) prévu à 11,5% en 2025 et à 12% en 2026, dépassant les prévisions du consensus. La banque vise une croissance annuelle des revenus supérieure à 5% entre 2024 et 2026, ainsi qu'une amélioration continue de l'efficacité opérationnelle. Un engagement qui se traduit notamment par un effet de ciseaux estimé à environ +1,5 point par an en moyenne sur la période.
Au-delà des chiffres, BNP Paribas n'a pas vocation à participer au mouvement de consolidation bancaire qui s'amorce sur le Vieux Continent. "On observe en Europe un certain nombre de mouvements de consolidation, mais il s’agit essentiellement de fusions domestiques. C’est ce qui est réalisable dans le cadre actuel. De notre côté, ce n’est pas un sujet sur lequel nous nous penchons ou travaillons", a expliqué Jean-Laurent Bonnafé.
Bien sûr, la priorité de BNP Paribas "est le développement de plateformes européennes". Pour autant, la banque a pleinement conscience qu’ "intégrer sur une même plateforme deux banques de pays différents reste un défi majeur", a poursuivi le dirigeant.
"En revanche", a-t-il rappelé,"les fusions domestiques ont tout leur sens dans les pays où elles sont possibles. Elles renforcent les acteurs locaux, améliorent leur rentabilité et leur capacité d’investissement, ce qui est un atout pour l’économie."
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