Start-up / Alan
Start-up
Alan
Alan applique la "gamification" à la prévention en santé / Et veut que ses innovations transforment les dépenses obligatoires d'assurance en investissements stratégiques
L’année 2025 a débuté sur les chapeaux de roues pour Alan. Entre le démarrage des contrats remportés auprès du ministère de la Transition écologique et de Matignon, ou encore ses premiers pas effectifs au Canada, l’assureur 2.0 creuse le sillon des succès enregistrés l’an passé. Une période qui avait aussi été marquée par plusieurs lancements d’innovations structurantes, profitant des retombées de ses avancées en intelligence artificielle et destinées à renforcer l’engagement des salariés de ses entreprises adhérentes.
"La prévention en santé génère de la rentabilité", a assuré Jean-Charles Samuelian, le cofondateur et dirigeant de la licorne à l’occasion d'une keynote organisée à l’hôtel Gaillard, pour le lancement d’Alan Play, sa dernière innovation. Il s’agit d’un remodelage de son application au travers de laquelle ses membres ont accès à leurs cartes de tiers payant, aux consultations médicales, ou aux programmes de prévention. La proposition d’Alan repose sur un constat éprouvé : un état de santé dépend largement de certaines habitudes quotidiennes simples d’activité physique, comme la marche, ou de bien-être mental.
L’idée est ici de "gamifier" leur pratique, au travers de l’intégration de séries de réussites, de progressions par niveaux, de compétitions entre collègues ou de récompenses tangibles, en y intégrant le triplé d’innovations qui avait été lancé à l’automne dernier. Cette approche, qui consiste à appliquer les codes du jeu vidéo à des champs qui ne le sont pas de nature, a le vent en poupe : elle permet d’offrir un sentiment de récompense immédiate, pour des actions - par exemple l’investissement financier - qui offrent des bénéfices à plus long terme. Les fins sont ici bien différentes. Mais les moyens restent les mêmes : rendre ludique le fait d’entreprendre des actions préventives de santé, afin d’augmenter leur cadence.
Des retombées qui peuvent toutefois se mesurer rapidement
Certains avantages peuvent néanmoins se mesurer plus rapidement : "80 % des responsables des ressources humaines rapportent une amélioration de la cohésion d’équipe. Et la cohésion booste la performance d’une entreprise", a indiqué Jean-Charles Samuelian, puisque la nouvelle plateforme a déjà été testée auprès d’un échantillon de clients. En clair, Alan veut que les entreprises tirent parti de ses innovations pour transformer ce qui relève d’une dépense obligatoire - l’assurance santé - en un investissement stratégique.
"Dans un contexte d’inflation médicale, chaque action de prévention, ce sont des futures dépenses qui baissent", a-t-il également ajouté. C’est aussi pour répondre à cet enjeu qu’Alan avait annoncé, lors de la présentation de ses résultats annuels, lancer une offre à destination des néo-retraités, "Dolce Vita". Une population à l’aisance digitale grandissante, dont les besoins en santé et de prévention augmentent lorsque leurs revenus baissent. Tout comme les salariés de ses 33 000 entreprises et administrations clientes, ils auront donc aussi accès à Alan Play. Pour l’heure, la start-up compte plus de 710 000 membres, dans quatre pays différents : la France, la Belgique, l’Espagne et donc désormais le Canada.
En 2024, année lors de laquelle elle avait signé une levée de fonds de série F de 173 millions d’euros auprès du bancassureur belge Belfius, elle avait franchi le cap des 500 000 euros de revenus annuels récurrents, correspondant à une amélioration de 48 % de ces derniers. Son résultat net reste encore dans le rouge, à hauteur de 54 millions d’euros. Les pertes ont été réduites de 21 % du chiffre d’affaires en 2023, à 14 % en 2024. Alan prévoit pour 2025 une croissance de 40 % de ses revenus et vise, toujours, la rentabilité à l’échelle du groupe en 2026.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

