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Macro-économie / Taux / Finances publiques / Eric Lombard

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Finances publiques / Eric Lombard

Eric Lombard plaide pour ne pas respecter à tout prix l’objectif de déficit public en 2025 / Eviter d’aggraver la situation économique avec des coupes budgétaires

Alors que les aléas sont plutôt orientés à la baisse autour de la croissance française, le ministre de l’Economie et des Finances a fait savoir qu’il était personnellement favorable à ce que l’exécutif n’effectue pas de coup de rabot sur les dépenses si la cible de déficit public pour 2025 risquait d’être dépassée.
Eric Lombard, ministre de l'Economie et des Finances - ALAIN JOCARD / AFP
Eric Lombard, ministre de l'Economie et des Finances - ALAIN JOCARD / AFP

L’objectif de déficit public pour 2025 n’est pas sacré. C’est ce que l’on peut déduire de l’intervention, ce matin, d’Eric Lombard, ministre de l’Economie et des Finances, sur BFM TV. Alors que Donald Trump, président des Etats-Unis, vient de dévoiler une forte augmentation des droits de douane frappant les importations américaines, le locataire de Bercy a souligné que si la France venait à évoluer dans un contexte de guerre commerciale au cours des prochains trimestres (si les négociations échouaient), sa situation économique serait "beaucoup plus difficile" qu’actuellement.

Si l’Hexagone est moins exposé que certains pays européens, son activité économique pourrait tout de même en faire directement ou indirectement les frais. Deutsche Bank évoque une perte de croissance comprise entre 0,2 et 0,4 point de Produit intérieur brut (PIB). Ce qui jouerait sur les finances publiques françaises à travers les dépenses (allocations-chômage si le marché de l’emploi se retourne) et les recettes (moins de rentrées fiscales).

Ainsi, atteindre un déficit public de 5,4 % du Produit intérieur brut (PIB), après 5,8 % en 2024, pourrait s’avérer compliqué à politique inchangée. "Je veux être très clair, on ne va pas modifier le budget en matière de dépenses cette année, les dépenses qui sont annoncées seront tenues", a plaidé Eric Lombard. "Ce sont des discussions qui sont en cours avec le gouvernement, tout n’est pas totalement arbitré, mais la position que je porte […] est que pour protéger la France et les Français il faudrait l’accepter [un déficit plus élevé que prévu, ndlr]", a-t-il fait valoir.

Eric Lombard a affirmé que l’engagement que la France avait pris envers ses partenaires européens et les marchés financiers avait trait au niveau de la dépense publique. "S’il y a une variation trop importante de la production, et bien le taux se dégradera de manière transitoire mais il nous paraît important de contrôler la dépense publique et de la faire évoluer de façon stable. Un coup de rabot supplémentaire sur la dépense aurait un impact négatif sur l’économie, sur les entreprises et les Français", a-t-il déclaré.

Rappelons que d’après la loi de finances pour 2025, les dépenses publiques de la France devraient progresser de 1,2 % en volume cette année (0,6 % pour les administrations publiques centrales). Par ailleurs, les règles budgétaires européennes n’imposent pas à un pays sous procédure pour déficit public excessif, comme l’est la France, de baisser ou même de stabiliser ses dépenses que ce soit en valeur absolue ou en proportion du PIB.

Dans les faits, il lui est demandé de réaliser un effort structurel chaque année, c’est-à-dire de diminuer son déficit public structurel (solde ajusté du cycle), les moyens d’y parvenir étant laissés à sa discrétion. Elle peut soit faire progresser ses dépenses publiques moins vite que sa croissance économique potentielle, soit décider d’adopter de nouvelles mesures en prélèvements obligatoires, soit les deux. En 2025, la France a actionné uniquement le second levier.

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