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IFOP; retard de paiements; délais;

Macro-économie / Taux / Cabinet Arc / Eric Lombard / croissance

Macro-économie / Taux
Cabinet Arc / Eric Lombard / croissance

Les entreprises françaises ne croient pas au retour de la croissance / La hausse des dépôts de bilan est dans tous les esprits

Bien peu nombreuses sont les entreprises hexagonales à tabler sur une croissance de leur activité, selon une étude dévoilée par le Cabinet ARC, en partenariat avec l’IFOP elles ne seraient que 12 % à faire ce pari. Elles anticipent majoritairement la stabilité de leur activité, à 74 %, ce qui peut apparaître comme un indicateur pour le moins positif lorsqu’on sait qu’à 88 % les répondants voient la situation économique française se dégrader lors des six prochains mois.
Éric Lombard, le ministre de l'Économie, des Finances et de la souveraineté industrielle et numérique, lors de la présentation de l'étude du Cabinet ARC. DR
Éric Lombard, le ministre de l'Économie, des Finances et de la souveraineté industrielle et numérique, lors de la présentation de l'étude du Cabinet ARC. DR

Les leviers pour retrouver le chemin de la croissance semblent bien ténus. Que ce soit au niveau individuel ou bien encore agrégé, le constat de l’étude menée par le Cabinet ARC, avec l’IFOP, est celui d’une situation pour le moins complexe pour les entreprises françaises. Il faut dire qu’à la guerre commerciale entamée par Donald Trump s’ajoute le passif des différentes crises à solder.

Ce sont près de 52 % des entreprises qui considèrent qu’il leur faudra "entre 3 et 5 ans, voire plus, pour effacer les effets des différentes crises subies sur leur santé financière". Devant composer avec un manque de fonds de propres et des échéances nombreuses, les entreprises sont 82 % à considérer "les délais de paiement comme une variable d’ajustement pour pallier leurs problématiques de trésorerie" potentiellement avant de se tourner vers des méthodes encore plus coûteuses telle que l’affacturage. Las cette méthode finit par se répercuter sur un autre acteur de l’économie tricolore, sans surprise 94 % des répondants n’ont enregistré aucune amélioration concernant les délais de paiement de leurs clients.

 

Résoudre

 

Par effet domino le retard moyen de paiement a progressé pour atteindre près de 17,3 jours, une épine dans le pied supplémentaire pour la trésorerie des entreprises. Difficile d’y remédier en un claquement de doigts et les solutions plébiscitées par les entreprises prendront du temps à être implémentés. On y retrouve notamment la création d’une notation "délais de paiement", 79 % d’entreprises y sont favorables ou encore le souhait que "les amendes infligées par la DGCCRF soient proportionnelles aux résultats des sociétés sanctionnées" portés par près de 85 % des répondants.

Un sujet pris très au sérieux par Éric Lombard, le ministre de l’Économie, des Finances et de la souveraineté industrielle et numérique, qui n’a pas manqué de rappeler ce matin – lors de la présentation des résultats de l’étude – qu’il avait demandé à Sarah Lacoche, directrice de la DGCCRF, d’augmenter les contrôles sur cette question. Interrogé concernant la poursuite de la pratique du Name and Shame, il s’est cantonné à répondre que "cela n’est pas très agréable mais très efficace".

 

Optimisme

 

Le ministre s’est également attaché à détailler les différents motifs d’espoir devant permettre à l’économie française de faire mieux que résister, ce qu’il considère qu’elle fait bien au vu des circonstances. Un exercice qu’il a commencé au niveau mondial, arguant que "l’atmosphère change notamment du côté des États-Unis". La situation actuelle n’est pas satisfaisante pour de nombreux acteurs, ce qui le pousse à discuter et il en veut pour preuve qu’en quelques mois seulement il aura participé à près de quatre G7.

Sur un plan continental, Éric Lombard voit le retour d’un couple franco-allemand qui selon lui "manquait au reste des pays européens". Le ministre s’est montré optimiste concernant l’alignement de Berlin et de Paris sur un agenda de compétitivité et de souveraineté, une conviction tirée de ses deux rencontres récentes avec son nouvel homologue allemand.

Le volet intérieur n’a pas été négligé pour autant ce matin, le locataire de Bercy arguant "que le déficit a de fait aujourd’hui un effet récessif". Il a assené sa conviction que le fait de savoir qu’on ne va pas augmenter les impôts va permettre de stimuler l’investissement. Face au nœud gordien de la situation hexagonale, il a également argué que "le problème n’est pas tant les prélèvements obligatoires que la dépense publique".

 

Innover

 

Pour autant Éric Lombard n’a pas donné de grain à moudre à ceux tentés de tailler largement dans la sphère publique, jugeant que la solution pour la France "n’est pas uniquement de raboter les prestations sociales, le problème c’est qu’on n’a pas assez (de hausse) du PIB. La croissance est quand même la meilleure façon de réduire la dépense publique". Il s’est cependant montré plus prudent notamment la question du financement du modèle sociale, donnant du crédit au "conclave [qui] va peut-être faire avancer le débat sur les retraites ".

Le ministre est revenu sur une autre problématique européenne, où le continent est l’équivalent du "pays avec la plus grosse épargne au monde " et qui la voit s’investir très largement en dehors de ses frontières. Il n’a pas uniquement évoqué le serpent de mer de l’union des marchés de capitaux, puisqu’interrogé sur les avancées d’un possible produit d’épargne européen il a confié travailler avec les Espagnols sur un label européen. Sans donner plus de détails et bottant très vite en touche sur un autre sujet d’actualité ; celui d’un possible fléchage de l’épargne liquide tricolore afin de financer la défense européenne. Il a rappelé que si elle serait effectivement mobilisable à court terme pour les souscripteurs, elle demeurerait investie à long terme.

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