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Comment Pigment compte continuer de pallier les inconvénients des directions financières / La start-up passe encore à la vitesse supérieure dans l'IA
Entre les évolutions de marché, la cybersécurité, les risques géopolitiques, environnementaux, l’intelligence artificielle (IA), les chamboulements réglementaires ou encore le ralentissement économique et les fluctuations d’inflation, l’agenda des directions financières s’annonce bien chargé pour l’année 2025. Des risques qui restent finalement ceux que les pilotes des finances d’une entreprise sont habitués à tenter de mitiger, relève une étude conduite par la start-up spécialiste de la planification financière et stratégique, Pigment. Une enquête menée par le directeur financier et stratégique de l’entreprise membre du "Next 40" co-fondée et dirigée par Éléonore Crespo, Jay Peir. "En tant qu’éditeur de logiciels, nous avons le souci constant d’écouter nos clients. Ces derniers ne suffisent pas forcément à capter toutes les tendances de fond, d’où l’idée d’avoir élargi le panel des répondants pour auditer davantage le marché", nous fait remarquer Édouard Beaucourt, responsable Europe, Moyen-Orient et Afrique (EMEA) de la fintech.
Et il ressort de ce grand sondage mené auprès de 2 500 représentants de directions financières (issus d’entreprises de plus de 500 collaborateurs) que ces derniers ne semblent pas nécessairement mieux protégés des risques auxquels ils font face en interne. "Il y a de grandes constantes : le manque de collaboration, le fait que les prises de décisions soient encore et toujours trop lentes et pas assez appuyées sur les bons faits. Dès que l’on se porte sur des profils aux compétences spécifiques, il existe aussi un manque de disponibilités des bons talents sur le marché", souligne Édouard Beaucourt. "Ce qui est un peu plus surprenant est de voir à quel point la finance a un rôle actif dans la recherche de compétences multiples : analyse de données, modélisation, statisticiens… leur champ d’action est de plus en plus large. Elles ont la vertu de jouer désormais un vrai rôle de pilotage plus opérationnel, moins cantonné au compte de résultat et au budget d’une entreprise. Aujourd’hui, elles veulent contribuer au raffinage des informations qui proviennent des départements de ventes ou de la supply chain, par exemple", explique Édouard Beaucourt. Les directeurs financiers interrogés assurent d’ailleurs que l’alignement avec les autres départements de leur organisation sera l’un des sujets parmi les plus importants, dans l’évolution de leurs responsabilités, au cours des cinq prochaines années.
Un signe de maturité qui corrobore aussi l’un des autres éléments de l’étude, observe Édouard Beaucourt : si l’IA est effectivement considérée par certaines directions financières comme un risque, elles sont aussi de plus en plus nombreuses à être conscientes qu’elles pourront tirer parti de la technologie pour améliorer la collaboration et la vélocité de leur prise de décision. Tout le monde n’y est cependant pas encore. Certes, la confiance des répondants à destination de la technologie est plutôt consensuelle et s’affiche en hausse de quatre points par rapport à l’étude de l’an passé, à 72 %. En revanche, la tendance de ceux à admettre avoir évité d’utiliser l’IA, par exemple en raison de la manière dont les données de l’organisation seraient utilisées, a grimpé à 60 %, contre 53 % l’année dernière.
Des conditions à son adoption
"Pour qu’il y ait une adoption, il faut qu’il y ait de l’accessibilité. C’est un sujet impérieux. Pigment est né dans un environnement technologique, ce qui nous a permis de rendre l’usage de l’IA naturel dans nos logiciels", pointe le responsable EMEA de l’entreprise. Cela se traduit par exemple dans la multiplication, par sept, de l’utilisation de l’IA par ses clients, au travers notamment des modèles de langage naturel qui y sont rendus disponibles. "Les directions financières l’utilisent sans s’en rendre compte, car elle est complètement intégrée", relève-t-il. C’est aussi en ce sens que Pigment dévoile aujourd’hui trois nouveaux agents d'IA, ces systèmes intelligents et autonomes capables de réaliser des tâches spécifiques sans intervention humaine – le nouvel eldorado du secteur de l’IA. Ils sont au nombre de trois. Le premier est un agent "analyste", destiné à analyser les informations provenant des systèmes internes de l’entreprise, mais aussi ceux qui proviennent de sources externes afin d’identifier certaines tendances, de risques ou d’opportunité.
Au final, l’agent est capable d’identifier les facteurs clés de performance ou de proposer certaines recommandations sous forme de tableaux de bord, de rapports ou même audio. "Typiquement, le sujet sacro-saint des directions financières est de pouvoir confronter le plus finement possible leur budget et leur réel. On pourrait imaginer avoir un automatisme de comparaison avec cet agent, et même sur une multitude d’autres dimensions", explique Édouard Beaucourt. Le second est un agent dit "planificateur", qui travaille en collaboration avec le premier.
Il permet de transcrire ses analyses en actions, en prenant en compte les conditions de marché et le plan stratégique de l’entreprise. Par exemple, si les ventes performent dans une zone et pas une autre, l’agent pourra simuler une stratégie pour conserver le même résultat final tout en équilibrant les efforts à entreprendre. Enfin, l’agent "modeleur" va permettre de perfectionner les modèles de données sur lesquels reposent les deux autres agents de Pigment. "Notre grand sujet n’est pas celui de construire des budgets, plutôt d’affiner les prévisions et surtout le re-prévisions qui y sont liées. Lorsque l’on prépare un plan budgétaire, il est difficile d’anticiper les mouvements à venir de l’inflation, par exemple. Son but sera de fabriquer et de maintenir des modèles qui vont rendre les nôtres encore plus performants", détaille Édouard Beaucourt.
Rester citoyen
"Notre mission est de sortir nos clients de la corvée des exercices de planification et c’est avec l’IA que nous tentons de résoudre ce sujet", précise Édouard Beaucourt, qui souligne toutefois l’importance de les renseigner sur les modèles sous-jacents et sur la manière dont est utilisée la technologie, eu égard aux initiatives d’IA citoyenne portées par Éléonore Crespo. En revanche, l’idée reste bien de contribuer à la démocratisation de la technologie. "Pigment a trois grands éléments de valeur : notre modélisation est dynamique, ce qui permet de faire évoluer un modèle sans le casser et de répondre à l’une des grandes difficultés des directions financières. Historiquement, quand une entreprise se déployait dans une nouvelle géographie, que de nouvelles règles de gestion entraient en vigueur ou que l’intégration d’une société était en cours, il fallait repartir de zéro. Nous pouvons ajouter des couches et sous-couches à nos logiciels. La deuxième est que notre plateforme est supportée par l’IA. Et la troisième est de faire en sorte que la technologie se mette au niveau de chacun, que leur barycentre des compétences reste celui de leur métier - même si celui des directions financières évolue lui aussi. Elles proscrivent désormais les termes de fonction support et se considèrent bien plus comme de vrais business partners", souligne-t-il.
Une manière de répondre aux problèmes de recherche de compétences et autres sujets identifiés par les directions financières. Mais pas seulement : les entreprises clientes de Pigment sont 80 % à utiliser au moins deux cas d’usage. Celui en finance est toujours présent, le second est généralement au programme dans les directions de ressources humaines ou de pilotage de la masse salariale. À l’inverse, aux États-Unis, l'attraction se situe plutôt du côté de la performance des ventes et des revenus, tout particulièrement dans le secteur de la Tech.
Car le fait est que la start-up est, malgré son jeune âge, une société déjà bien internationale. "Pigment est une entreprise aux racines françaises, mais à destinées globales", affirme Édouard Beaucourt. Près de 60 % de son chiffre d’affaires est par exemple réalisé aux États-Unis. Si les solutions de Pigment sont utilisées par bon nombre de jeunes entreprises technologiques (comme Klarna ou Deliveroo), elles font également de l’œil aux grands comptes, puisque ses clients de ce type ont été multipliés par 2,5 l’année dernière, avec de plus quelques grandes signatures au programme parmi des sociétés du Fortune 500, comme Unilever ou Siemens. En Europe, également, de grandes entreprises ont témoigné de leur confiance à Pigment en 2024 et notamment en France, à l’instar de Vinci, dans plusieurs de ses entités (chez Vinci Airports par exemple) ou encore de SNCF (chez Keolis, SCNF Voyageurs ou Gares et Connexions). Certaines grandes ETI, comme IDKids ou l’opticien Krys traitent aussi déjà avec Pigment. En tout, l’année dernière a permis à la société d’enregistrer une hausse de 50 % de son nombre de clients. Logiquement, la dynamique de croissance est toujours au rendez-vous. Alors que ses revenus annuels récurrents avaient été triplés au fil de l’année ayant précédé sa série D de 145 millions de dollars au début du mois d’avril dernier, ils ont été multipliés par deux en 2024.
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