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Alphabet prend ses précautions pour pouvoir s’offrir Wiz / Cette transaction à 32 milliards de dollars va bien devoir obtenir les approbations réglementaires nécessaires
Il serait peu dire qu’Alphabet le veut vraiment. La maison-mère de Google a officialisé hier l’annonce de la signature d'un accord définitif en vue de mettre la main sur Wiz, une start-up championne de la cybersécurité dans le cloud, pour la coquette somme de 32 milliards de dollars (29,5 milliards d’euros). Soit la plus grande acquisition jamais réalisée par le géant américain, qui sera réglée entièrement en numéraire. Un chèque nettement révisé à la hausse en comparaison à celui de 23 milliards de dollars qu’Alphabet avait proposé l’été dernier pour cette même transaction, avant qu’elle ne tombe à l’eau. Et bien supérieur également à la valorisation de 12 milliards de dollars que la dernière levée de fonds de cette start-up fondée par des ingénieurs israéliens, anciens de chez Microsoft, avait fait ressortir en 2022. Une vente de titres, en fin d’année 2024, avait quant à elle fait remonter sa valorisation à 16 milliards de dollars.
Wiz a développé une plateforme de cybersécurité, connectée aux principaux environnements de cloud et de code, servant start-ups, grandes entreprises et administrations publiques, explique Google. La start-up rejoindra ainsi Google Cloud - bien que plusieurs médias américains indiquent que l’entreprise conservera une certaine autonomie au sein de la structure - une fois l'opération finalisée. Une association qui devrait présenter plusieurs avantages, promet le géant américain, à l’heure où l’intelligence artificielle générative démultiplie la demande en la matière, du fait des besoins en puissance de calcul dont ses développeurs ont besoin.
Deux vents porteurs
Cette utilisation croissante des infrastructures en nuage augmente de facto les risques de sécurité qui y sont reliés. Google Cloud veut donc mieux se positionner, avec Wiz, sur deux tendances porteuses : l'amélioration de la sécurité du cloud et la possibilité d'utiliser plusieurs d'entre eux, autrement appelée "le multicloud". Une manière pour Google Cloud de donner un peu plus de valeur ajoutée à son offre cloud, puisque la division de la firme dirigée par Sundar Pichai reste pour l’heure moins incontournable que celles de Microsoft et Amazon.
Fait assez rare pour être souligné, Alphabet n’a d’ailleurs pas hésité à citer ses concurrents dans son communiqué : "Les produits Wiz continueront de fonctionner et d’être disponibles sur tous les principaux clouds, notamment Amazon Web Services, Microsoft Azure et Oracle Cloud et seront proposés aux clients via une gamme de solutions de sécurité partenaires. Google Cloud continuera également d’offrir à ses clients un large choix grâce à une variété de solutions de sécurité partenaires disponibles sur Google Cloud Marketplace". Car la firme le sait bien. L’accord est soumis aux conditions de clôture habituelles, comprenant forcément les approbations réglementaires anti-trust.
Tout ceci prenant place dans un contexte où Google est d’ores et déjà sous le joug d’enquêtes et que Andrew Ferguson, placé à la tête de la Federal Trade Commission (FTC) par Donald Trump, ne semble pas vraiment enclin à baisser la garde face aux géants du numérique, dans le sillage de sa prédécesseure Lina Khan. "À la FTC, nous mettrons fin à la vendetta des grandes entreprises technologiques contre la concurrence et la liberté d’expression", avait-il lancé sur X à l’annonce de sa nomination.
La cible se prépare aussi
Au-delà du chèque étourdissant que Google est prêt à signer pour mettre la main sur Wiz, certaines clauses de l’accord semblent aussi prouver à quel point les craintes d’un blocage anti-trust planent autour de cette opération. À commencer par les moyens que la firme serait prête à mettre pour rassurer sa cible et son management à cet égard. Après l’abandon des premières discussions d’acquisition à l’été dernier, différentes explications avaient en effet été relatées. Certaines faisaient part d’une volonté de l’entreprise de travailler sur une introduction en Bourse. D’autres, plus officieuses, d’une appréhension trop forte d’un blocage réglementaire et notamment de la part de ses investisseurs, souligne aujourd'hui le Financial Times (FT).
Selon les informations du quotidien britannique, Alphabet aurait ainsi consenti à payer 10 % du prix de l’accord à Wiz si celui-ci venait à être éconduit. En temps normal, ce type d’indemnités s’élève plutôt aux alentours de 2 % ou 3 %, rappelle le quotidien. Voire plus dans certains cas rares. Wiz partage un certain nombre d’investisseurs avec la jeune entreprise de design de logiciels Figma, remarque le FT, comme Index Ventures, Andreessen Horowitz et Sequoia Capital. Une société qu’Adobe avait tenté de racheter en 2022, avant que cette transaction à 20 milliards de dollars ne tombe à l’eau en raison de difficultés anti-trust. Les indemnités s’étaient alors élevées à 1 milliard de dollars, soit environ 5 % du prix. Une personne directement impliquée dans les négociations des frais d’indemnités de rupture entre Wiz et Alphabet aurait par ailleurs fait savoir que l’accord n’aurait pu être conclu sans cette promesse. Si les précautions sont de mises, la signature de l'accord prouve toutefois que les deux parties semblent avoir bon espoir de passer ce test réglementaire.
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