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OVH CLoud / Octave Klaba / cloud
OVHcloud franchit plusieurs paliers clés de croissance / Tandis qu'Octave Klaba reprend la direction générale de l'entreprise
La gouvernance d’OVHcloud est en mouvement. Le spécialiste du cloud a annoncé mardi, en marge de la publication des résultats de son exercice décalé de 2025 (clos fin août), que son fondateur et président du conseil d’administration, Octave Klaba, reprenait les rênes de sa direction générale. Il l’avait quittée en 2018, lorsque Michel Paulin s’était installé à ces fonctions. Benjamin Revcolevschi lui avait, par la suite, succédé il y a un an. Cette réunification des fonctions, d’ores et déjà effective, intervient alors que le groupe amorce une nouvelle phase stratégique. Sa dernière feuille de route touchera en effet à sa fin en 2025. Une nouvelle, à dérouler de 2026 à 2030, sera présentée dans les prochains mois : "Step Ahead".
"Nous nous situons sur un marché aux cycles courts, où les acteurs et les attentes des clients changent très rapidement, au regard des enjeux de souveraineté numérique, ou encore de la demande autour de l’intelligence artificielle. Le conseil d’administration a donc voulu créer davantage de proximité entre la vision stratégique, l’exécution et l’anticipation de celle-ci", explique Stéphanie Besnier, directrice financière du groupe, à WanSquare. "Cette évolution de gouvernance coïncide également avec l’atteinte de plusieurs objectifs que nous nous étions fixés lors de notre IPO en 2021", précise-t-elle. Parmi eux : se développer auprès des clients corporate, sur le marché du cloud public, ainsi qu’aux États-Unis. Forts du franchissement de seuils symboliques de revenus, ces trois buts ont d’ailleurs notamment soutenu la croissance du groupe au titre de l’exercice, qui s’est affichée à 9,3 % en données comparables. Elle a porté le chiffre d’affaires de l’entreprise roubaisienne à plus d’un milliard d’euros.
Prêt à s’étendre
Tout d’abord, le chiffre d’affaires réalisé grâce à la clientèle "corporate" a, par exemple, dépassé 200 millions d’euros. Il traduit un taux de croissance annuel moyen de 12 % entre 2023 et 2025. " Nous avons atteint une taille critique en France, où nous comptons des clients au sein du CAC 40. Cela atteste de la qualité de notre offre. L’enjeu, désormais, sera de développer cette même stratégie en Italie et en Allemagne tout d’abord, puis demain aux États-Unis", indique Stéphanie Besnier. Un segment de clients ayant été construit au fil des cinq dernières années et pesant encore moins lourd, dans le total, que les "digital starters", débutant dans le cloud (571,1 millions d’euros de revenus, en hausse de 4,6 % sur la période) ou les "digital scalers", en forte croissance (307,4 millions d’euros, en progression de près de 21 %).
Le renforcement du groupe sur le segment "corporate" se lit à la fois sur son segment de cloud privé – représentant 671,6 millions d’euros de revenus, en hausse de 8,5 % en données comparables – que sur celui du cloud public, dont la croissance s’affiche à 17,5 %, pour 219,2 millions d’euros. Du côté du premier, les incertitudes géopolitiques et commerciales ont par exemple poussé cette clientèle à témoigner de l’intérêt pour les offres "on-prem cloud platform" de l’entreprise, permettant d’opérer des environnements de cloud computing sur site. D’un autre côté, l’accélération du groupe auprès des "corporate" lui a aussi permis de faire monter en gamme son offre de services professionnels dans le cloud public, observe OVHcloud. Les marges de manœuvre restent vastes, puisque la croissance annuelle du marché du cloud public est estimée à hauteur de 20 % par le groupe.
Enfin, OVHcloud a atteint les 100 millions d’euros de revenus aux États-Unis, pour un taux de croissance annuel moyen de plus de 20 % entre 2023 et 2025. Ils sont désormais devenus le deuxième pays de son portefeuille, et ont aussi porté la croissance dans la zone "reste du monde". Si l’entreprise entend tirer parti de son statut européen pour offrir une alternative de cloud souverain à ses clients du continent, face aux géants américains qui occupent ce marché, elle possède également plusieurs cordes à son arc pour convaincre localement outre-Atlantique. "Nous y avons trouvé notre clientèle, grâce à la promesse de ne pas utiliser les données de nos clients, un positionnement prix-performance qui fonctionne également sur des profils de start-ups et scale-ups, ou encore une profondeur de produits dans le cloud privé qui permet d’avoir une infrastructure adaptée aux besoins, sans y être bloqué ad vitam æternam", relève Stéphanie Besnier.
La marge se hisse au-dessus de 40 %
La croissance de l’activité du groupe s’est accompagnée d’une progression dynamique de sa marge opérationnelle : elle a augmenté de 200 points de base, pour atteindre 40,4 % du chiffre d’affaires, sous l’effet d’une hausse limitée des coûts et d’un levier opérationnel porté par un effet volume. Les flux de trésorerie, retranchés des capex, ont quant à eux doublé pour se fixer à 57,6 millions d’euros. "Cela découle de l’amélioration de notre rentabilité et de la normalisation de nos capex. Nous serons ‘free cash-flow positif’l’année prochaine", assure Stéphanie Besnier, précisant que le groupe continuera d’investir, tant dans la recherche et développement que dans les infrastructures - mais dans une moindre proportion par rapport au chiffre d’affaires et en tirant parti de ceux précédemment déployés, notamment sur le plan du maillage géographique.
Pour l’exercice 2026, OVHcloud prévoit une croissance organique de son chiffre d’affaires comprise entre 5 % et 7 %. Un objectif inférieur à la croissance enregistrée cette année, tandis que les analystes financiers s’attendaient à une cible plus élevée. A la Bourse de Paris, le titre de l’entreprise a été sanctionné tout au long de la séance, clôturant sur un recul de 20 %.
Cette prévision tient à la fois de la structure de la clientèle du groupe, mais aussi des vents contraires traversés par l’économie européenne, détaille Stéphanie Besnier : "Nous rencontrons une belle traction commerciale du côté de nos clients digital scalers et corporate. Nous avons, en revanche, besoin de réinvestir dans notre offre pour les clients qui commencent à migrer vers le cloud, les digital starters. Ceci passe en partie par le web cloud, un marché qui croît moins que le cloud privé ou public. Par construction, le taux de croissance est donc plus faible. Le contexte macroéconomique, en Europe, où nous réalisons 80 % de notre activité, est aussi à prendre en compte. La reprise tarde à s’amorcer, notamment dans le secteur des services IT. Cela reviendra, et nous serons là pour prendre cette vague". OVHcloud prévoit, pour le reste, que sa marge d’Ebitda sera supérieure à celle de l’exercice 2025 et que ses capex seront compris entre 30 et 35 % du chiffre d’affaires (contre 33,3 % cette année).
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