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Euronext / Europe de la défense / guerre en Ukraine
Comment Euronext veut contribuer au réarmement de l’Europe / Une transition vers "le nouveau ESG" de la défense
C’est dans un contexte géostratégique marqué par un changement de paradigme entre les Etats-Unis et l’Europe qu’Euronext a fêté son 25e anniversaire ce mardi, lors de sa conférence annuelle. "Aujourd’hui, le thème central de cette édition, ‘Faire de l’Union pour l’épargne et l’investissement une réalité’, résonne comme un impératif. Dans un contexte global d’incertitudes stratégiques, il ne s’agit pas seulement d’un enjeu de croissance européenne, mais bien d’un levier stratégique pour accélérer l’innovation européenne et investir dans notre sécurité, notre transition digitale et notre développement durable", a expliqué Stéphane Boujnah, président du directoire de l’opérateur boursier paneuropéen, au Pavillon Gabriel.
Un quart de siècle qu’Euronext œuvre à la transformation des marchés financiers européens et le groupe compte encore innover. "A l’heure où l’on parle ‘d’Europe bashing’, Euronext est un des rares projets européens qui marche alors qu’au cours des 25 dernières années, l’environnement politique mondial a considérablement changé. Aujourd’hui, l’Europe a compris que pour être libre, il faut être craint et pour être armé, il faut du financement. Or, le réarmement de l’Europe ne se fera pas exclusivement par la dette publique, ou par les impôts. Il faut un mixte de tous les efforts. Euronext peut donc être un contributeur important de ce projet ", a-t-il déclaré en marge de l’évènement.
Energie, sécurité, géostratégie
Un acteur pertinent capable de faciliter, dans les meilleures conditions possibles, les levées et le financement des nouvelles capacités industrielles des acteurs de la défense et de l’aérospatial, et pas seulement les plus grandes entreprises du secteur, comme Thales, Airbus ou Safran, mais aussi toutes les sociétés non cotées. "La principale caractéristique du secteur de la défense, qui est aussi une complexité, est qu’il vit de la commande publique, elle-même liée à la dette", a rappelé le patron d’Euronext.
Aussi, Euronext veut inventer une nouvelle méthode de travail, en préparant, à la demande des investisseurs publics et privés, la transition entre " l’ESG d’hier et l’émergence de l’ESG de demain ", c’est-à-dire en passant des enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance, à l’énergie, la sécurité et la géostratégie. "Attention, cela ne signifie pas que les sujets environnementaux ne seront plus une préoccupation majeure, le "new ESG" devant justement leur permettre de continuer à exister dans cet esprit de maintien de la paix. Il faut que tout change pour que rien ne change", a précisé Stéphane Boujnah. Un engagement massif du groupe, promet le patron d’Euronext, qui réfléchit donc à de nouveaux outils comme des indices permettant notamment la levée "d’European defense bonds" si cela devenait nécessaire ou d’autres destinés à rendre plus visibles des sociétés non cotées, à l’instar des programmes existants du groupe comme Tech Share ou IPOready. "Euronext souhaite être un catalyseur du rapprochement des entreprises de défense en Europe", a-t-il insisté.
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