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Arkema paré à saisir une reprise qui se fait attendre / Le groupe soigne son cash-flow dans un climat incertain
Le climat macroéconomique ne fut pas des plus propices en 2024 pour le secteur de la chimie, et les perspectives pour 2025 ne laissent pas entrevoir d’amélioration significative à court terme. Une situation peu idéale reflétée jeudi dans la baisse de 4 % du cours de Bourse d’Arkema, au vu des perspectives plus prudentes qu’attendu dévoilée par l’entreprise à l’occasion de la publication de ses résultats annuels.
Précisément, le point médian de la fourchette de prévision d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) donnée par le groupe, comprise entre 1,53 et 1,67 milliard d’euros pour 2025, s’est révélé 2 % inférieur au consensus (Visible Alpha). Cette perspective se fondant sur un "environnement macroéconomique qui reste incertain et marqué par une faible demande en ce début d’année", a indiqué le groupe. De fait, le premier trimestre sera " légèrement inférieur à celui de l’année dernière", qui était de 350 millions d’euros, soit environ 8 % de moins que les attentes des analystes (situées à 378 millions d’euros).
Pour autant, le positif l’emporte nettement dans la mesure où les résultats de 2024 ont donné une nouvelle occasion de mettre en lumière les bénéfices de la transformation profonde opérée par l’entreprise en près de vingt ans, depuis sa création en 2004, lors de la réorganisation de la branche Chimie du groupe Total (devenu TotalEnergies).
Aujourd’hui, près de 92 % de ses ventes proviennent de la chimie de spécialité, par rapport à la chimie dite "intermédiaire". C’est cette répartition des ventes qui explique la résistance remarquable tant de l’activité que de la rentabilité observées l’année passée, avec un chiffre d’affaires stable (+0,3 %), s’élevant à 9,54 milliards d’euros, et un Ebitda en hausse de 2,1 %, atteignant 1,53 milliard d’euros.
Une base solide qui va continuer à soutenir les perspectives à venir, soutenues par des acquisitions récentes, comme celles des adhésifs de performance d’Ashland (2022), de la participation majoritaire dans PI Advanced Materials, un acteur clé de la polymérisation de haute performance, ou encore l’intégration des adhésifs de lamination de Dow en 2024.
S’ajoutent à cela une douzaine de projets industriels stratégiques, entièrement financés, que le groupe a lancés. Il s’agit de l’atelier d’acide fluorhydrique en partenariat avec Nutrien, le géant américain de l’agrochimie, ainsi que l’usine de polyamide 11 bio-sourcé à Singapour. On note aussi l’extension des sites de la filiale Sartomer en Chine, et l’agrandissement en France de la production de Pebax (élastomères thermoplastiques). Le développement des spécialités fluorées 1233zd à faible pouvoir de réchauffement complète ces initiatives. Ensemble, ces projets, qu’ils soient internes ou issus de la croissance externe, doivent permettre d’ajouter 400 millions d’euros à l’Ebitda d’ici fin 2028.
Alors qu’un grand nombre de ses projets de croissance sont déjà achevés ou prêts à être déployés, Arkema dispose d’une capacité considérable, prête à être mobilisée dès qu’une reprise de la demande se fera sentir", soulignent ainsi les analystes de Jefferies.
En attendant, dans cet environnement de faible demande, un point clé "est la capacité d’Arkema à flexibiliser ses dépenses d’investissement jusqu’en 2025 et au-delà", ajoutent-ils. Cette flexibilité en matière d’investissements et la disponibilité des capacités de production a pour corollaire de soutenir la génération de free cash-flow. Le groupe prévoit ainsi un bond de son flux de trésorerie courant à environ 600 millions d’euros en 2025, contre 358 millions d’euros en 2024.
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