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Arkema maintient la rigueur / Et espère la reprise au printemps
Il y a du bon et du moins bon dans la publication des résultats 2023 du premier groupe chimique français. Pesant sur les volumes et le chiffre d’affaires, le ralentissement économique et son contexte de faible demande ne permettaient pas d’égaler le record d’excédent brut d’exploitation (Ebitda) de plus de 2 milliards d’euros atteint en 2022. Un environnement dégradé qui avait été intégré dès le départ au moment de formuler les prévisions de l’exercice écoulé, qui ont été atteintes.
Refluant de 28,9 % en 2023, l’Ebitda d’Arkema s’est établi à 1,5 milliard d’euros, conformément à l’objectif, et au-dessus du niveau pré-covid, malgré un environnement économique moins porteur. Une performance solide qu’Arkema a su réaliser en adaptant son modèle d’affaires, au travers de l’ajustement de sa politique de prix dans un contexte d’inflation forte, et de la gestion stricte de ses coûts, de ses stocks et de ses investissements.
De grandes tendances durables positives
À côté de cela, la base de comparaison commence à devenir favorable. L’Ebitda a renoué avec la croissance au quatrième trimestre, progressant de 14 % à 331 millions d’euros, après quatre trimestres de baisse. Un résultat de bonne qualité, supérieur de 2 % aux prévisions du consensus des analystes, "tiré par les Matériaux de Spécialité, avec en tête les Adhésifs et les solutions de revêtements [branche Coating Solutions]", observe Deutsche Bank.
Le groupe peut aussi s’appuyer sur une dynamique qui reste positive dans les solutions de haute performance répondant aux grandes tendances durables, en particulier dans les nouvelles énergies, les produits bio-sourcés ou recyclés, ainsi que dans les domaines de l’efficacité énergétique ou de l’allègement. Il en est ainsi de l’Ebitda des Additifs de Performance qui a progressé au second semestre, malgré le recul des volumes, soutenu par la croissance des applications à forte valeur ajoutée.
Mais si le groupe prouve sa capacité à opérer dans un contexte de demande dégradée, les attentes portent maintenant sur le calendrier de la reprise. Or, "l’essentiel des déstockages sont derrière nous mais la demande finale s’avère faible", notent les analystes d’Oddo BHF. Faute d’un environnement économique porteur, Arkema compte sur ses projets pour retrouver une dynamique de croissance sur son activité. Grâce en particulier à "la contribution croissante à partir du printemps de plusieurs investissements industriels importants en Asie et aux Etats-Unis ", a indiqué Thierry Le Hénaff, le président-directeur général. Il s’agit notamment de la nouvelle unité de polyamide 11 bio-sourcé à Singapour ou de l’unité de production d’acide fluorhydrique construite en partenariat avec le groupe agrochimique Nutrien aux Etats-Unis.
Les nouvelles usines vont monter en puissance
Des projets mis en oeuvre conformément à la nouvelle feuille de route dévoilée en septembre dernier, donnant la priorité à la croissance organique. Sachant que l’entreprise va également pouvoir compter sur l’intégration des activités de la société sud-coréenne PI Advanced Materials (PIAM), dans laquelle Arkema a finalisé en décembre l’acquisition d’une participation de 54 %.
Selon Stifel, la montée en puissance des nouvelles usines devrait ainsi ajouter 60 à 70 millions d’euros à l’Ebitda en 2024, tandis que la consolidation de PIAM devrait ajouter 50 millions d’euros. Mais en attendant, "l’année 2024 démarre dans la continuité du dernier trimestre avec un contexte de demande toujours faible" dans lequel le groupe va continuer à gérer ses opérations "de manière stricte", a prévenu Thierry Le Hénaff. Pour l’exercice en cours, les dirigeants tablent sur un Ebitda en hausse, compris entre 1,5 milliard et 1,7 milliard d’euros, soit un point médian à 1,6 milliard d’euros qui se situe légèrement en dessous du consensus Visible Alpha (1,63 milliard d’euros).
Et le premier trimestre s’annonce difficile. La direction s’attend à ce que l’Ebidta soit "comparable à celui du quatrième trimestre 2023", et inférieur au niveau du premier trimestre 2023", soit autour de 330 millions d’euros, contre 386 millions d’euros un an plus tôt. Un message de prudence à court terme qui explique la réaction mitigée des investisseurs et le recul de 4 % du cours de Bourse d’Arkema en deux jours.
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