WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Entreprises / Actions / IA

Entreprises / Actions
IA

De grands groupes et des start-ups s'allient derrière un programme pour l'IA européenne / Des recommandations concrètes sur des champs d'actions clés

BNP Paribas, L'Oréal, Orange, Porsche, Siemens, EDF, ou encore Alan, Mistral AI et Pigment : plus de soixante entreprises européennes se sont regroupées dans une coalition visant à faire du Vieux continent un champion en matière d'intelligence artifcielle. Présentée à l'occasion du Sommet pour l'action sur l'IA de Paris, cette initiative compte travailler de concert avec l'exécutif européen, stratégie sur les sujets d'importance à la clé. 
(Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)
(Photo by Xose Bouzas / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP)

Que l’action ait été le thème choisi pour le Sommet mondial sur l’intelligence artificielle (IA), qui se tient cette année à Paris, n’a pas échappé aux entreprises du Vieux continent. Plus de soixante d’entre elles, allant des grands groupes (dont Airbus, BNP Paribas, AXA, CMA CGM, Dassault Systèmes, EDF, Kering, L’Oréal, Orange, Publicis, TotalEnergies, Siemens, Volkswagen, Deutsche Bank ou ASML, entre autres), aux start-ups françaises les plus en vue du secteur, comme Mistral AI, Dataiku, Owkin, Alan, Loft Orbital ou encore Pigment, ont en effet lancé à cette occasion une coalition, "EU AI Champions Initiative".  

Un projet donc dévoilé dans le cadre de ce grand sommet et qui devrait également déboucher sur un dialogue avec la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, chefs d’États et de gouvernements de l’Union européenne (UE), explique Jeannette zu Fürstenberg, la dirigeante européenne du fonds américain General Catalyst, cheffe de file du projet. "L'initiative vise à définir une vision positive pour l'Europe en mobilisant les talents et les capitaux, en accélérant l'adoption de l'IA dans les industries établies et en augmentant la compétitivité des entreprises européennes", explique-t-elle.

Pour soutenir cette ambition, l’initiative s’appuie sur un rapport de General Catalyst, "Un programme ambitieux pour l’IA européenne". En son sein, notamment, différents constats sur les impératifs européens en matière d’IA, des exemples de diffusion de la technologie grâce à la collaboration et, enfin, des recommandations de politiques. Elles couvrent les champs clés où Bruxelles pourrait effectivement prendre des mesures d’actions : la réglementation, l’harmonisation et le partage des données, les programmes d’accélération de l’investissement et de l’adoption de l’IA, les infrastructures et la compréhension du sujet pour le grand public.

 

A chaque problème sa solution

 

Partant de là, l’initiative propose donc plusieurs ébauches de réponses. Sur la réglementation, plus de 100 lois relatives à la technologie, dans toute l’UE, pourraient par exemple être harmonisées, simplifiées et rationalisées. L’essentiel étant de réduire autant que possible l’incertitude réglementaire, explique l’initiative. La réduction des charges bureaucratiques et la mise en œuvre de mesures d’absorption des risques pourraient aussi faciliter le financement des entreprises d’IA et encourager les banques commerciales, sociétés de capital-risque et investisseurs à accélérer en ce sens.

L’investissement en la matière devrait, en tout cas, être relié aux différentes réformes des marchés européens. "Les discussions à venir sur l'Union des marchés de capitaux (UMC), la solvabilité et la titrisation seront déterminantes pour l'élaboration de la politique d'investissement dans l'IA", insiste le rapport. "En s'appuyant sur le Fonds européen de compétitivité et les initiatives d'application de l'IA, il convient de créer des procédures simplifiées pour les permis de travail afin d'attirer les meilleurs talents du monde pour stimuler le développement et l'adoption industrielle de l'IA. Notre proposition renforce la souveraineté de l'IA et réduit les dépendances à l'égard des écosystèmes étrangers, tout en encourageant les investissements directs étrangers", poursuit-il.

Si de premières discussions sur les mesures à prendre seront entamées dès aujourd’hui avec certains dirigeants des entreprises membres de l’initiative et responsables politiques européens, les hauts cadres technologiques des sociétés participantes se réuniront aussi demain pour commencer à élaborer des stratégies, visant plus particulièrement à accélérer l’adoption de l’IA et à favoriser un écosystème local d’infrastructures. Un ensemble d’actions qui pourrait créer des opportunités financières d’envergure, estime EU AI Champions Initiative. "Lorsque l'Europe parviendra à créer un cadre transparent et ciblé pour l'IA, axé sur la concurrence et offrant des possibilités d'investissement viables, plus de 20 grands investisseurs internationaux, dont Balderton, Blackstone, CVC, DST Global, EQT, General Catalyst, Insight, KKR, Lightspeed et Warburg Pincus, se tiendront prêts à consacrer 150 milliards d'euros de nouveaux capitaux et de fonds déjà levés à des opportunités liées à l'IA en Europe au cours des cinq années à venir", assure l’initiative. Des investissements couvrant les entreprises Tech de l’IA, celles qui appliquent la technologie pour améliorer leurs activités ou encore les infrastructures soutenant le sujet.

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article