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Macro-économie / Taux / Haut Conseil des finances publiques / déficit public

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Haut Conseil des finances publiques / déficit public

France : une réduction du déficit dont l’ampleur n’a rien d’assurée pour le Haut conseil des finances publiques / Prévision de croissance et de maîtrise de la dépense interrogent

Le chiffre de 0,9 % inscrit dans le PLF concernant la croissance du Produit intérieur brut (PIB) français en 2025 est estimé « un peu optimiste » par l’organisme. En parallèle, la cible d’évolution des dépenses publiques prévue par l’exécutif est qualifiée d’« ambitieuse » du fait d’économies jugées « partiellement » documentées.
Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes et président du Haut conseil des finances publiques - Lionel BONAVENTURE / AFP
Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes et président du Haut conseil des finances publiques - Lionel BONAVENTURE / AFP

La copie budgétaire du gouvernement ne convainc pas le Haut conseil des finances publiques. Saisi à l’occasion de l’amendement des projets de lois de finances et de financement de la sécurité sociale pour l’année 2025, l’organisme a mis en cause plusieurs de leurs fondements.

Parmi ces derniers : la prévision de croissance de l’activité économique. Supérieure à celle du consensus des économistes (+ 0,7 %), elle est "atteignable mais un peu élevée : elle paraît sous-estimer la perte de dynamisme de l’activité retracée par les enquêtes de conjoncture et repose notamment sur une hypothèse de stabilisation de l’investissement des entreprises optimiste au vu de la dégradation de leur environnement économique", estime l’institution indépendante rattachée à la Cour des comptes.

En valeur aussi, la croissance pourrait ne pas tenir toutes ses promesses (c’est elle qui influence la progression spontanée des prélèvements obligatoires), puisque la prévision d’inflation (1,4 %) est également jugée un peu élevée. "Elle est atteignable notamment en cas de nouvelle hausse des prix du pétrole, mais semble sous-estimer l’atonie de la demande et la tendance baissière de l’inflation sous-jacente", indique le HCFP.

Reste que le risque principal pesant sur les prévisions de recettes ne semble pas être la croissance nominale. D’après le HCFP, c’est plutôt celui afférant à "l’adoption des mesures nouvelles inscrites dans le projet de loi de finances, encore peu documentées et qui font l’objet du débat parlementaire". Pour mémoire, les mesures nouvelles en prélèvements obligatoires représentent 26,2 milliards d’euros, soit 0,9 point de PIB.

Du côté des dépenses, le HCFP se montre aussi circonspect. Le gouvernement a pour objectif de limiter la progression en volume de l’ensemble des dépenses de l’ensemble des administrations publiques à 1,1 % en 2025, une cible qualifiée d’"ambitieuse". En ce sens qu’elle suppose "des économies très importantes, qui ne sont à ce jour que partiellement documentées, un net ralentissement des dépenses des collectivités locales et une forte maîtrise des dépenses d’assurance-maladie, qui ne sont pas acquis, ainsi qu’une baisse des dépenses de l’État qui ne lui laisse que très peu de marges pour financer des dépenses imprévues en cours d’année".

Pour 2025, l’exécutif escompte faire refluer de 6 % à 5,4 % du PIB le déficit public de la France. Rappelant que l’abandon, proposé par le Premier ministre, de la hausse de la contribution solidarité autonomie, accroîtrait le déficit de 1,8 milliard d’euros (0,06 point de PIB), le HCFP conclut que cette trajectoire s’appuie sur des hypothèses macroéconomiques un peu optimistes, ainsi que sur des mesures d’économies pas encore acquises.

"Le respect de cet objectif est toutefois impératif dans le contexte d’urgence lié au dérapage des finances publiques en 2023 et 2024", prévient-il. Un sujet à propos duquel son président, Pierre Moscovici, Premier président de la Cour des comptes, était entendu, la semaine dernière, dans le cadre d’une commission d’enquête menée à l’Assemblée nationale.

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