Private Equity / démocratisation private equity
Private Equity
démocratisation private equity
L’élan de démocratisation du private equity tient bien son rythme / Les professionnels restent plus partagés sur certains points
La tendance est installée. Cela fait maintenant quelques années que le private equity, classe d’actifs traditionnellement réservée aux institutionnels, se démocratise chez les investisseurs particuliers. En témoigne le nombre de fonds lancés à cet effet qui s’en va en grandissant, tout comme leurs encours qui progressent. Rien qu’en France, l’exemple de ceux des fonds non-professionnels investis en actifs financiers non cotés est probant. Du côté des Fonds Communs de Placement à Risques (FCPR), hors Fonds d’investissement de proximité (FIP) et Fonds communs de Placement dans l’Innovation (FCPI), ils sont passés de 628 millions d’euros à la fin de l’année 2017 à 7,8 milliards d’euros à la fin de l’année 2023, recense une récente enquête menée par l’Autorité des marchés financiers (AMF).
Une dynamique qui devrait être amenée à se poursuivre, anticipe l'AMF : "D’une part, sur le plan national, la loi industrie verte pose les bases légales à l’introduction d’une part minimale de fonds principalement investis en actifs financiers non cotés et PME au sein des allocations par défaut des gestions pilotées par horizon des Plans Épargne Retraite. D’autre part, au niveau européen, la révision du règlement européen ELTIF a comme objectif de créer un standard européen permettant le développement de fonds investis à long terme dans l’économie à travers le financement d’entreprises non cotées et accessibles à une clientèle de particuliers". A l'échelle de l'Europe, cette prévision semble effectivement être bien partagée par les opérateurs de l’industrie.
En amont du lancement du salon de l’IPEM de Cannes la semaine prochaine, l'organisme et le cabinet AlixPartners viennent en effet de publier leur traditionnelle étude menée auprès de 158 sociétés de gestion européennes (GP’s). "Il s’agit d’une vraie démocratisation, nous mentionnons même une révolution des ressources", a estimé Nicolas Beaugrand, partner et managing director chez AlixPartners, en charge du private equity en France, lors de la présentation de l’étude. De fait, les trois quarts des GP’s interrogés admettent bien être témoins d’une évolution saisissante en la matière, observant que cela pourrait significativement remodeler l’industrie des classes d’actifs privés.
Les structures en mouvement
De quoi entraîner un intérêt croissant pour de nouveaux produits, semi-liquides, ouverts ou à durée de vie indéterminée. Si la quasi-intégralité (92 %) des répondants admet que ces structures de fonds ne conviendront pas à toutes les classes d’actifs, ils sont toutefois 84 % à observer qu’elles deviendront la nouvelle norme sur le marché. Si cela venait à se confirmer, il s’agirait bien d’un changement de cap par rapport au modèle de fonds à durée fixe, tandis que cela représenterait aussi des défis réglementaires et opérationnels importants, d’autant plus dans le capital-risque, indique l’étude. Et si une grande majorité d’acteurs européens de l’industrie estime bien que la démocratisation du private equity va réellement faire bouger les lignes dans le secteur, l’enthousiasme retombe s’agissant du potentiel de croissance des fonds levés.
À ce propos, le résultat est en effet davantage mitigé : 58 % des GP’s pensent que les investisseurs particuliers auront un impact positif et significatif sur les opportunités de collectes de fonds dans leur segment d’activité et 42 % disent qu’il sera limité. "Cela signifie qu’il s’agira d’une révolution de paradigme qui changera la donne, mais que tout le monde ne sera pas en mesure de l’exploiter et de saisir l’opportunité", a de son côté commenté Antoine Colson, le CEO et managing director de l’IPEM. Car ce changement s’accompagne forcément de l’ouverture de nouveaux champs d’action et sujets d’inquiétudes.
Pour pouvoir profiter de cette tendance, les GP’s relèvent dans un tout premier temps qu’il sera nécessaire d’éduquer les investisseurs individuels sur les caractéristiques spécifiques et intrinsèques du private equity (illiquidité, risque de pertes, mécanismes de souscription etc.). De même, 65 % des répondants indiquent que cette vague d’investisseurs particuliers entraînera une demande accrue de liquidité et que cela fera aussi monter la pression sur leur image de marque. Néanmoins, l’élargissement de l’audience du private equity est un fait, relève l’étude d’AlixPartners et de l’IPEM. Et cela se traduit dans les changements que les GP’s anticipent au sein de leur base d’investisseurs, tout comme l’accroissement prévu de ceux qui comptent en avoir au sein de leurs rangs. Actuellement, les "single family office", les investisseurs de détail et individus très fortunés représentent 20 % à 30 % de la base des investisseurs de 15 % des firmes de private equity. Dans cinq ans, ils devraient représenter 30 % de cette base et chez 32 % d’entre elles.
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