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Une première année prolifique pour France Deeptech / De nouvelles recommandations pour amplifier le financement des technologies de rupture

L’association réunissant l’écosystème français de la deeptech vient de fêter son premier anniversaire, avec des rangs encore plus remplis qu’à son lancement. L’occasion de détailler ses solutions visant à soutenir l’essor de ce secteur stratégique pour la souveraineté et le rayonnement de l’économie tricolore, dont certaines sont destinées à mieux activer les financements accordés à ses entreprises. Parmi elles, entre autres : anticiper une nouvelle stratégie France 2050 ou développer une offre bancaire adaptée.
France Deeptech fête son anniversaire à la Monnaie de Paris. Crédits : Charlène Yves pour France Deeptech
France Deeptech fête son anniversaire à la Monnaie de Paris. Crédits : Charlène Yves pour France Deeptech

Une bougie de soufflée. France Deeptech, l’association structurant l’écosystème tricolore des acteurs qui peuplent le paysage des innovations de rupture, vient de fêter son premier anniversaire. Elle avait, pour mémoire, été lancée il y a un peu plus d’un an, sur le modèle des autres associations verticales de la French Tech - comme France Fintech, la Ferme Digitale ou France Biotech -, afin d’accompagner les entrepreneurs du secteur et de proposer aux pouvoirs publics des mesures pour faciliter leur essor. Alors qu’elle avait été inaugurée autour de 120 membres, ils sont désormais au nombre de 300. Et représentent, tous ensemble, 5 milliards d’euros levés et plus de 10 000 emplois directs.

Parmi les adhérents, l’on y retrouve les start-ups et scales-ups qui composent la deeptech française, comme les spécialistes du quantique Pasqal et Alice & Bob, ceux du "new space" Unseenlabs et The Exploration Company, celui des batteries à lithium pour l’aéronautique Limatech ou encore celui de l’intelligence artificielle appliquée au droit, Jimini AI. Côté investisseurs ? Tikehau Capital et Supernova Invest, qui viennent de participer à la levée de fonds du créateur d’un modèle de flotte de satellites inspiré du cloud Loft Orbital et bien d’autres fonds d’investissement de la Place, comme Elaia, XAnge, Omnes Capital, Breega ou Jolt Capital, entre autres.

 

Thales entre dans la danse

 

Il reste également les partenaires, venant compléter le panorama des membres de France Deeptech : d’autres associations comme France Digitale, France Biotech et France Invest, des cabinets de conseil, d’avocats, des incubateurs, le CNRS et autres laboratoires, Bpifrance, de grandes écoles comme Centrale Supélec ou l’ESSEC… tout un panel d’acteurs qui devrait désormais s’enrichir d’un quatrième type d’entre eux, les corporates. Si développer son réseau de grandes entreprises actrices du secteur sera une des ambitions de France Deeptech en 2025, l’association peut pour l’heure compter sur l’une des plus incontournables d’entre elles : Thales, avec qui elle a noué un partenariat à la fin de l’année 2024.

"Malgré les freins qui pèsent encore sur le développement de l’écosystème deeptech en France, le volontarisme des pouvoirs publics, des investisseurs, des laboratoires de recherche et des entrepreneurs a permis une vraie accélération ces dernières années", a relevé Romain Roullois, le general manager de France Deeptech, à l’occasion de ce premier anniversaire. De fait, depuis 2018, le nombre de start-ups créées chaque année dans le secteur a doublé, pour atteindre 340 en 2023, recensait le dernier point d’étape du Plan Deeptech de Bpifrance. À cette date, elles étaient au nombre de 2 170 sur le territoire et exploitaient 143 sites industriels.

 

Après France 2030

 

Au titre de l’année 2024, les deeptechs françaises ont aussi levé 3,5 milliards d’euros, détaille le baromètre annuel d’In Extenso Innovation Croissance. Certes, le montant est en recul par rapport à 2023, suivant la dynamique générale installée dans la French Tech. Mais il reste néanmoins significatif, en comparaison aux quelque 8 milliards d’euros levés par l’ensemble des start-ups françaises l’an passé, selon ce rapport. Si nombre d’investisseurs privés s’intéressent désormais de près à cet écosystème deeptech, il est aussi largement soutenu par le plan d’investissement public France 2030, dont Bpifrance est le grand opérateur. D’où l’importance de préparer la suite.

Car France Deeptech a aussi profité de ce premier anniversaire pour présenter quelques recommandations, dans le but notamment de donner plus d’allant aux financements profitant à ces entreprises particulières. Leurs technologies sont en effet souvent issues de laboratoires de recherche et elles ont généralement une vocation industrielle. La première proposition de l’association consiste donc à élaborer un nouveau plan stratégique de financement France 2050, en évaluant France 2030 pour en tirer des leçons et garantir la continuité des projets stratégiques. Une manière de pouvoir définir les priorités de cet éventuel France 2050 et d'en acter ainsi le lancement.

 

International et fiscalité

 

Autre recommandation : celle de renforcer l’attractivité de l’écosystème français auprès des fonds internationaux, en créant un programme "Asia & Middle East Deeptech exploration", en facilitant des acquisitions ou investissements internationaux dans les start-ups françaises en respectant des délais raccourcis, tout en mettant en place un mécanisme d’assurance pour la protection de la propriété intellectuelle. Pour les entreprises qui se tournent vers du financement bancaire, France Deeptech propose de développer une offre adaptée à leurs besoins particuliers, notamment dans le secteur industriel. À cet égard, il pourrait être utile de concevoir des garanties spécifiques, de mettre en place des prêts à maturité longue ou bien de collaborer avec de grandes banques pour créer une offre structurée commune.

Enfin, l’association insiste aussi sur l’importance d’accélérer le remboursement des dispositifs fiscaux, du côté des start-ups comme des investisseurs. La mise en place d'un crédit d’impôt recherche (CIR) à la source ou la clarification et simplification des options de préfinancement du CIR pourraient ainsi être utiles. L’instauration d’un récépissé fiscal accéléré pour les investissements éligibles et la mise en place d’un seuil pour garantir la non-remise en cause des décisions fiscales validées est aussi proposée. Autant de recommandations issues de l’un des quatre groupes de travail thématiques de France Deeptech - les autres étudiant la commande publique, le transfert de technologies et la réglementation du vivant - et constituant une synthèse des échanges qui se sont tenus au fil d’un processus de consultation mené en 2024 entre entrepreneurs, investisseurs, chercheurs, organismes publics et experts sectoriels.

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