Fusions, Acquisitions
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Des discussions de rapprochement entre Bureau Veritas et SGS confirmées / Il n'est pas dit qu'elles aboutiront à un accord entre les deux poids lourds du secteur
Après avoir intégré le CAC 40 à la fin du mois de décembre, Bureau Veritas attire de nouveau l’attention à la Bourse de Paris : le spécialiste des tests, de l’inspection et de la certification (TIC) a figuré parmi les plus fortes hausses de l’indice phare au fil de la séance. Une réaction positive des marchés consécutive à une annonce faite mercredi matin par le groupe dirigé par Hinda Gharbi. Il a indiqué être en discussion avec son homologue suisse SGS en vue d’un potentiel rapprochement, à la suite d’un article de l’agence Bloomberg paru la veille et s’appuyant sur des sources proches du dossier.
"Rien ne garantit que ces discussions aboutissent à une quelconque transaction ou accord", pointe Bureau Veritas. SGS, de son côté, a fourni le même commentaire dans un communiqué distinct. Mais à l’inverse, son titre a été sanctionné à la Bourse de Zurich. Deux déclarations logiquement faites au regard de la réglementation incombant à des sociétés cotées, mais qui ne présagent donc pas de la confirmation de ce rapprochement.
Si ce dernier venait à se concrétiser, cette nouvelle entité européenne pourrait en représenter une d'envergure, valorisée à plus de 30 milliards d’euros. SGS, installé dans 120 pays, a une capitalisation boursière de 18,8 milliards d’euros (17,6 milliards de francs suisses) et a réalisé 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2023. Bureau Veritas pèse presque 14 milliards d’euros, a généré 6 milliards d’euros de revenus l’an passé et couvre 140 pays dans le monde. Les deux entreprises sont les grands poids lourds d’un secteur des TIC porté par des tendances de fond, sur le plan de la durabilité, de la transition énergétique, de la réglementation ou bien de la réorganisation des chaînes d’approvisionnement.
Un marché de taille
Ce marché est estimé à plus de 300 milliards d’euros au niveau mondial mais reste en revanche fragmenté, composé de nombre d'acteurs de taille moyenne et spécialisés dans certaines verticales. Il est aussi intimement lié aux spécificités géographiques réglementaires. Bureau Veritas avait estimé, lors de la présentation de son plan stratégique, être capable de s’adresser à la moitié de ce marché. Pour renforcer ses bastions de croissance ou en créer de nouveaux, le groupe français s’est d’ailleurs lancé dans une stratégie active de gestion de son portefeuille et a signé de multiples acquisitions depuis le début de l’exercice.
Une dynamique s’appuyant sur sa dernière feuille de route, qui vise, d’ici à 2028, une croissance organique "mid to high single digit", une amélioration de la marge de 180 points de base, soit proche de 17 % et une transformation du cash de 90 %. SGS, quant à lui, semble être à un "momentum" différent, remarquent les analystes d’Oddo BHF dans une note publiée ce matin. Ses objectifs à l’horizon 2027 sont ceux d’une croissance organique comprise en 5 et 7 %, d’une marge de 16,2 % et une transformation de cash de 50 %.
Un éventuel rapprochement reposerait aussi forcément sur l’accord des autorités de la concurrence et sur le soutien des actionnaires des deux entreprises. Le Groupe Bruxelles Lambert est le principal d’entre eux chez SGS, avec une participation d’environ 19,3 %. Chez Bureau Veritas, c’est la société d’investissement Wendel qui tient ce rôle, puisqu’elle possède plus de 26 % des parts du groupe français - soit environ 40 % de son actif net réévalué. Bpifrance, qui est entré au capital de Bureau Veritas l’année dernière au travers du fonds Lac 1, serait aussi à convaincre.
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