Levées de fonds
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Loft Orbital, pépite du « new space », lève 170 millions d’euros / Une flotte de satellites particulière qui convainc les grands clients et investisseurs
La fin d’année 2024 n’a pas été des plus propices aux levées de fonds françaises, malgré quelques opérations remarquées ayant répondu à l’appel. Au mois de novembre, The Exploration Company levait 150 millions d’euros afin de développer ses capsules spatiales. En ce début d’année 2025, une start-up du "new space" occupe de nouveau le haut de l’affiche. Au tour, cette fois, de Loft Orbital d’annoncer une série C de 170 millions d’euros pour accélérer le déploiement de sa flotte de satellites. Une opération menée par Tikehau Capital, ayant aussi mobilisé le fonds souverain singapourien Temasek, le spécialiste de l’investissement dans la deeptech Supernova Invest ou bien le fonds américain Tribeca Venture Partners. Bpifrance, au travers de son fonds Large Venture, a également remis au pot.
La banque publique d’investissement était en effet déjà entrée au capital de l’entreprise, lors de sa dernière levée de fonds de 125 millions d'euros en 2021. Depuis sa création en 2017 par Antoine de Chassy, Pierre-Damien Vaujour, et Alex Greenberg, la start-up franco-américaine (elle dispose de deux sièges, l’un dans le berceau de l’aérospatial, à Toulouse et l’autre dans la Silicon Valley) voit ainsi ses financements grimper à 300 millions d’euros. Et dépasse, avec cette opération, le milliard de dollars de valorisation. "Cette opération va nous permettre d’accélérer le déploiement à grande échelle de notre flotte de satellites, de développer nos activités à l’international, et d’avoir un siège à la table au cœur des développements IA pour le secteur spatial, avec l’ambition de jouer un rôle de leadership mondial dans la révolution technologique qui est à l’œuvre", s’est félicité Pierre-Damien Vaujour, à l’occasion de cette annonce.
Des infrastructures clés en main
L’objectif de Loft Orbital est clair : s’imposer comme un champion de l’infrastructure spatiale, grâce à une flotte de satellites particulière car "clé en main" et capable d’héberger plusieurs types de missions de front. Une possibilité ouverte par son modèle inspiré du cloud, permettant ainsi de contraindre les coûts et délais pour les clients, tout en ouvrant l’accès à une gamme de capteurs en orbite et à des capacités de calculs embarquées.
L’intelligence artificielle permet ensuite de procéder à des analyses de données en temps réel et de couvrir ainsi des applications stratégiques environnementales (par exemple pour détecter des évènements climatiques), de sécurité (avec le repérage de brouilleurs GPS) ou encore de défense. En témoigne notamment sa filiale dédiée aux programmes américains classifiés de défense, Loft Federal, qui lancera ses premiers satellites pour la Space Development Agency cette année.
Force est de constater que ce modèle de plateformes standardisées, aux interfaces modulaires et permettant aux clients de ne pas se préoccuper de la gestion de l’infrastructure, séduit effectivement. Loft Orbital indique avoir signé plus de 500 millions d’euros de contrats. Des accords généralement pluri-annuels, permettant de générer une croissance dynamique. Le chiffre d’affaires de Loft Orbital a doublé sur les deux dernières années et dépasse désormais les 100 millions d’euros. Pour l’heure, l’entreprise a déjà cinq satellites en orbite. Ceci lui aura permis d’exécuter cinq fois plus de missions.
Acteur mondial sans oublier l’Europe
Une trentaine de satellites sont aussi en cours de construction, pour des clients d’envergure. Outre la Space Development Agency, l’on y retrouve une autre agence de défense, l’US Space Force, les institutions spatiales que sont la NASA, le Cnes et l’ESA, mais également des entreprises privées, comme Microsoft, Earth Daily ou bien Helsing.
Sa double nationalité franco-américaine lui conférant un ADN mondial, Loft Orbital est aussi établi au Moyen-Orient. Un partenariat à plus de 100 millions d’euros avec Marlan Space, comprenant le lancement d’une entreprise commune, servira par exemple la construction d’une usine à Abu Dhabi pour répondre à la demande du marché moyen-oriental. Pas de quoi, néanmoins, mettre l’Hexagone de côté. Le site toulousain de Loft Orbital rassemble 100 de ses 250 collaborateurs, tandis que l’entreprise indique s’appuyer sur une chaîne d’approvisionnement tricolore, avec 100 millions d’euros investis dans les start-ups, PME et grands groupes de l’univers spatial national. Car la start-up le souligne : le secteur spatial européen, notamment avec son programme de future constellation de connectivité souveraine IRIS2, se situe à un tournant stratégique de son histoire. Une opportunité de taille pour Loft Orbital, qui souhaite donc jouer un rôle croissant et moteur à l’aube de cette nouvelle ère spatiale.
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