Levées de fonds
Levées de fonds
Yapluka réunit des poids lourds pour sa levée de fonds de 60 millions d’euros / Un modèle qui entend accompagner les futurs "blockbusters d'auteur" européens
Yapluka veut construire un nouveau champion européen du septième art. Fondée en 2024 par Dimitri Rassam, producteur notamment du Comte de Monte-Cristo (2024), cette société indépendante dédiée au financement, au développement et à la distribution d’œuvres cinématographiques a annoncé avoir finalisé une levée de fonds de plus de 60 millions d’euros. Aux côtés de son fondateur, actionnaire majoritaire, le tour de table réunit des investisseurs de premier plan aux expertises complémentaires, mêlant acteurs de la filière cinématographique, institutionnels, entrepreneurs et family offices. Parmi eux : Pathé, le groupe M6, CMA Médias, Bpifrance, les assureurs Aréas et Monceau, Motier, la société d’investissement de la famille propriétaire des Galeries Lafayette représentée par Guillaume Houzé, le cofondateur de la licorne Mirakl Adrien Nussenbaum, le producteur Thierry Pasquet ou encore Laurent et Adrien Dassault. La réalisation de l’opération a été accompagnée par Rothschild & Co en qualité de conseil financier exclusif de l’entreprise et Fairway Avocats en qualité de conseil juridique principal.
Un modèle spécifique
Cette opération, indique l’entreprise, lui permet d’ouvrir une nouvelle phase de développement et lui offre les ressources nécessaires au plein déploiement de son modèle. « Inspirée des mini-studios américains et adaptée aux spécificités du marché européen, la société intervient très en amont des projets pour réunir les financements, les partenaires, les talents et la stratégie de distribution internationale autour d’une même ambition. Elle se concentre sur les films dotés de budgets compris entre 20 et 80 millions d’euros, un segment stratégique où peuvent naître les grandes œuvres populaires et exigeantes de demain », explique Yapluka. L’objectif, indique-t-elle, est d’accompagner les producteurs et les créateurs, de la conception de leurs projets jusqu’à leur diffusion sur les marchés internationaux.
Yapluka remarque que si l’Europe a tous les atouts pour faire émerger une nouvelle génération de grandes œuvres internationales – grâce à ses talents, son patrimoine créatif et son savoir-faire – il reste encore à pouvoir accompagner cette ambition à l’échelle du continent. En réunissant les expertises financières, éditoriales et internationales essentielles au développement des projets au sein d’une même plateforme, Yapluka veut créer les conditions de l’émergence d’une nouvelle génération de ce qu’elle nomme des « blockbusters d’auteur ». « Nous vivons un moment charnière pour le cinéma. Contrairement à ce que certains annonçaient, le public n’a pas déserté les salles : il est simplement devenu plus exigeant. Aujourd’hui, un film doit mériter chaque spectateur. C’est une contrainte, mais surtout une formidable opportunité. Elle nous pousse à revenir à l’essence même du cinéma : raconter de grandes histoires, portées par une véritable vision, capables de créer un événement et de rassembler un large public », a souligné Dimitri Rassam à l’occasion de l’annonce.
Les objectifs
Cette nouvelle phase de développement s’accompagne de plusieurs objectifs. Au cours des cinq à sept prochaines années, l’entreprise entend accompagner une quinzaine de films, qui représentent un volume cumulé de production proche d’un milliard d’euros.
Son approche par portefeuille lui permettra de sélectionner les projets ambitieux, de mutualiser les risques et de composer progressivement un catalogue de propriétés intellectuelles, précise l’entreprise. « Yapluka a déjà dévoilé une première slate de projets illustrant cette ambition internationale, parmi lesquels The Iron King, adaptation en langue anglaise du premier tome des Rois Maudits de Maurice Druon, écrite et réalisée par Matthieu Delaporte et Alexandre de La Patellière, Winter Warriors, adaptation du best-seller d’Olivier Norek réalisée par Nikolaj Arcel, Slaying the Badger, écrit et réalisé par Tobias Lindholm, ainsi que The Legion », indique l’entreprise. Déjà opérationnelle, Yapluka compte ainsi trois tournages en cours et à venir, ainsi qu’une programmation pour 2028 déjà largement avancée, précise-t-elle.
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