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Entreprises / Actions / Lazard / activisme actionnarial / 2024

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Lazard / activisme actionnarial / 2024

L’activisme actionnarial s’est saisi de nouvelles médailles en 2024 / Fort rebond, petites capitalisations et rachats d'actions au menu en France

Qu’il s’agisse du nombre de campagnes annuelles, de celui des investisseurs à leur origine ou de l’essor soutenu des nouveaux venus, l’activisme actionnarial a encore atteint des records dans le monde en 2024, détaille l’étude annuelle de Lazard sur le sujet. Une tendance qui se reflète en France où, après une année d’accalmie en 2023, les actionnaires activistes auront été tout particulièrement actifs, plaçant l’Hexagone en deuxième position des pays ciblés sur le Vieux continent. Avec des motifs, des tailles d’entreprises ou des secteurs visés éloignés de ceux historiquement observés.
 (Photo by MATTHIEU ALEXANDRE / AFP)
(Photo by MATTHIEU ALEXANDRE / AFP)

Encore de nouveaux sommets. Alors que 2023 avait déjà été synonyme de record pour l’activisme actionnarial mondial, 2024 n’aura pas fait défaut : selon le traditionnel rapport de Lazard en la matière, 255 campagnes se sont déroulées dans le monde l’année dernière, contre 252 en 2023. Ce niveau a été atteint grâce à un premier semestre particulièrement chargé (au travers d’une progression enregistrée de 11 % sur un an pour 153 nouvelles campagnes).

Car le reste de l’année a suivi la tendance inverse, incarnant même le plus faible deuxième semestre en matière d’activisme actionnarial depuis 2021. Il a été ralenti par un quatrième trimestre particulièrement morne, au cours duquel les campagnes activistes se sont effondrées de 28 % - elles restent néanmoins en ligne avec la moyenne historique puisque la même période, en 2023, avait représenté la plus chargée jamais enregistrée. Au total, les questions de gouvernance auront été le sujet le plus en vue, suivies de près par les fusions-acquisitions et l’allocation du capital. Un motif de campagne qui a, de son côté, réalisé une progression considérable de plus de 10 points par rapport aux moyennes observées entre 2019 et 2023, pour atteindre 29 % de l’ensemble, soutenu par des demandes de rachats d’actions particulièrement fréquentes en Europe et au Japon.

 

L’exception européenne

 

Sans surprise, l’Amérique du Nord a concentré le plus grand nombre de campagnes, avec 132 d’entre elles au compteur. Rien qu’aux États-Unis, l’activité a grimpé de 8 % avec un secteur technologique au cœur des attentions. Il a atteint un nouveau plus haut en représentant 25 % de toutes les campagnes en 2024. La région Asie-Pacifique a de son côté enregistré un net rebond, avec 57 campagnes menées contre le record de 44 l’an passé. L’Europe fait ainsi figure d’exception : le volume des campagnes y a diminué, de 69 en 2023 à 62 en 2024.

Le début de l’année avait pourtant été marqué par de nouveaux records, mais l’activité au second semestre a finalement nettement ralenti. Le total reste toutefois au-dessus des niveaux moyens des cinq dernières années, tandis que le nombre d’entreprises ciblées – 52 d’entre elles – est resté stable. La baisse des campagnes lancées reste à mettre en relation avec le fait qu’un plus grand nombre d’entreprises avaient été "assaillies" en 2023 par des campagnes distinctes, souligne Lazard. Et la répartition régionale annuelle fait aussi ressortir davantage de disparités qu’en 2023 : le Royaume-Uni, cible favorite des activistes (35 % des campagnes européennes), a rencontré une hausse des campagnes axées sur la stratégie ou les opérations, en raison d’une progression des demandes de re-cotation en Bourse aux États-Unis.

 

Anomalies françaises

 

La France, qui n’avait concentré en 2023 que 7 % des campagnes européennes et dont la moyenne historique tourne à 12 %, a vu en 2024 cette proportion bondir à 16 %. Soit un point de plus que l’Allemagne qui ferme la marche du podium du Vieux continent. Et les campagnes françaises auront eu des cibles, sujets ou secteurs de prédilection particulièrement inhabituels. Déjà, les petites et moyennes capitalisations boursières, inférieures à 5 milliards d’euros, ont été sous le feu des projecteurs. Elles ont représenté 88 % des cibles françaises l’année dernière, soit environ deux fois la moyenne historique.

Ensuite, les campagnes portant sur l’allocation du capital, tout particulièrement s’agissant des rachats d’actions, ont elles aussi réalisé une percée d’envergure. En 2024, elles ont représenté 40 % du total, contre une moyenne historique de 15 %. Les médias, le divertissement et le sport ont, de plus, été les secteurs les plus ciblés, raflant également 40 % des parts des campagnes visant des entreprises tricolores, quand la tendance historique s’affiche habituellement à 9 %. Enfin, il reste à souligner que les principaux activistes établis dans l’Hexagone ont été largement absents du panorama avec, à la place, une très forte proportion de campagnes menées par des investisseurs de long-terme (à hauteur de 40 %, contre 18 % usuellement).

 

Les primo-activistes au rendez-vous

 

In fine, en tout et pour tout et à l’échelle mondiale, les investisseurs à avoir lancé des campagnes en 2024 auront été au nombre de 186. Soit le plus grand nombre jamais enregistré. Le fonds Elliott et ses 15 campagnes lancées aura été le plus productif de tous et présente, comme à son habitude, la particularité d’avoir été actif dans toutes les régions du monde.

L’activisme a continué de se développer grâce à l’activité robuste des nouveaux venus, relève également l'étude de Lazard. Il faut dire que, là aussi, de nouvelles médailles ont été obtenues puisque les 88 nouveaux activistes recensés représentent (encore) le niveau d’activité le plus élevé jamais observé. Ils incarnent, à eux seuls, 47 % de tous les activistes et 32 % des campagnes lancées l’an passé.

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