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Fraikin : les créanciers tiennent leur sortie / Le loueur est en passe de passer sous le contrôle d’Asterion
Huit ans après avoir pris le contrôle de Fraikin à la faveur d’une restructuration de sa dette, et deux ans après une cession avortée, ses créanciers devenus actionnaires ont trouvé preneur. Benefit Street Partners, Värde Partners et Canyon Partners, actionnaires majoritaires du loueur français de véhicules industriels et utilitaires, ont conclu un accord d’exclusivité avec Asterion Industrial Partners pour lui céder le groupe. Le fonds madrilène reprendrait une entreprise réalisant environ 1 milliard d’euros de chiffre d’affaires et gérant plus de 50 000 véhicules dans dix pays européens. Le prix n’a pas été communiqué. La finalisation est attendue au premier trimestre 2027, après consultations sociales et autorisations réglementaires.
Les actionnaires actuels avaient pris le contrôle de Fraikin en 2018 à l’issue d’une longue séquence. En janvier 2017, Petit Forestier avait renoncé à racheter son concurrent devant les objections de l’Autorité de la concurrence, qui redoutait un quasi-monopole dans la location longue durée de véhicules frigorifiques. CVC Capital Partners, actionnaire majoritaire depuis 2007, avait alors dû passer la main. En avril 2018, un consortium de créanciers emmené par Alcentra et Värde Partners prenait le contrôle de la holding du groupe, lors d’une recapitalisation réduisant sa dette d’environ 500 millions d’euros. Alcentra opère aujourd’hui sous la marque Benefit Street Partners.
Une sortie longtemps différée
Les nouveaux propriétaires ont ensuite dû patienter pour revendre Fraikin. En 2024, les créanciers-actionnaires avaient chargé la banque Moelis de trouver un repreneur, sans succès. Le redressement du groupe peinait encore à convaincre les acquéreurs potentiels, malgré le doublement de son résultat opérationnel courant en 2023, à 45 millions d’euros, tandis que la dette liée au renouvellement de la flotte atteignait 1,45 milliard d’euros fin 2023.
Le dossier est revenu sur le marché au printemps 2026. En mai, Bloomberg évoquait une valorisation pouvant atteindre 3 milliards d’euros, Bank of America et Lazard étant chargés de sonder les repreneurs. Ce sont ces mêmes banques qui conseillent aujourd’hui les actionnaires majoritaires et la direction dans l’opération avec Asterion. Chez Lazard, Pierre Ouaknin a mené l’opération, deux semaines après avoir conseillé la cession à Geodis de l’essentiel des activités de transport et de logistique de Deret.
Le pari d’Asterion sur la mobilité
En huit ans, Fraikin a changé de visage. Le groupe revendique une « amélioration significative » de ses performances financières, fruit de plusieurs années de transformation. Asterion s’intéresse aussi à son réseau européen, qui combine location longue durée, entretien et gestion de flottes pour une clientèle notamment présente dans la santé, la distribution alimentaire et la gestion des déchets. « Fraikin fournit une infrastructure essentielle à la mobilité commerciale à travers l’Europe. Sa taille, son modèle de services intégré et ses relations clients de longue date constituent une solide plateforme de croissance », fait valoir Bice Di Gregorio, associée du fonds. Asterion, qui gère 10 milliards de dollars d’actifs, est déjà présent dans l’énergie, le numérique, les services aux collectivités et la mobilité.
Fraikin prévoit désormais de continuer à investir dans sa flotte, ses ateliers de maintenance et ses outils numériques. Le fonds madrilène veut aussi aider ses clients à adopter des véhicules moins polluants, dans le prolongement de ses investissements dans les infrastructures de la transition énergétique.
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