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Narendra Modi / inde / croissance
L’Inde insensible aux turbulences / Le géant asiatique devrait continuer à connaître une croissance importante en 2025
"L’Inde et la France, c’est une vieille histoire". Ces mots d’Emmanuel Macron, président de la République, à l’occasion de son déplacement à New Delhi l’année dernière sont un des signes de l’intérêt que portent de nombreuses nations de premier plan au pays dirigé par Narendra Modi. Il faut dire que parmi ses atouts figure une croissance loin d’être atone. C’est ce qu’expliquait Goldman Sachs Research le mois dernier, dont les équipes s’attendent à ce que " l’économie indienne soit relativement isolée contre les chocs mondiaux au cours de l’année à venir - y compris les droits de douane imposés par la nouvelle administration du président élu des États-Unis Donald Trump".
Une santé quelque peu insolente, lorsqu’on la compare aux difficultés de l’autre géant asiatique, qu’est la Chine, à maintenir la croissance de son Produit intérieur brut à plus de 5 % ou à celles de l’Europe. Ce n’est pas le cas de l’Inde, où les équipes du mastodonte américain s’attendent " à ce que l’économie indienne augmente en moyenne de 6,5 % entre 2025 et 2030". Ils considèrent pour 2025 qu’elle sera de l’ordre de 6,3 %, ce qui se situait à date près de 40 points de base en dessous du consensus des économistes interrogés par Bloomberg.
Fondamentaux
Les secteurs pouvant bénéficier de la bonne santé de l’économie indienne sont nombreux, Franck Languillat, directeur général de La Financière de la Cité, confiait récemment à WanSquare considérer le pays tel "un acteur assez naturel notamment sur la bijouterie. On peut imaginer qu’étant donné que le pays semble relativement protégés des droits de douane américains, tout en connaissant une croissance à près de 6 % puisse y alimenter l’appétit pour l’or".
Santanu Sengupta, économiste en chef de l’Inde chez Goldman Sachs Research, confirme cette vision positive et argue que " l’histoire de croissance structurelle à long terme pour l’Inde reste intacte ". Un sentier de croissance prometteur qui compte quelques nuances cependant, qu’explique le spécialiste du géant asiatique comme étant en partie la résultante d’une " préférence globale des décideurs indiens ces dernières années [qui] a été la résilience macroéconomique plutôt que de poursuivre des poussées de croissance à court terme".
Frein
Les difficultés de la Banque de réserve de l’Inde à assouplir sa politique monétaire seraient en partie dues à une inflation alimentaire, qui persiste à demeurer élevée et volatile. Des raisons météorologiques en sont en partie la cause. Cependant après une année 2025 où elle est estimée à plus de 7 %, par les équipes de Goldman Sachs Research, elle devrait n’être plus que de 4,6 % l’an prochain (contre une inflation de l’ordre de 4,2 %).
Une difficulté qui s’estompe mais pour autant chez la banque américaine, on évoque une prudence probable de l’institut d’émission en 2025. Les équipes de Santanu Sengupta ne parlent que deux de baisses de taux d’ici l’année prochaine et chacune de 25 points de base. Les chocs exogènes provoqués par les choix commerciaux de Donald Trump seraient une des raisons de cette grande vigilance des institutions indiennes à ne pas se précipiter.
Un choix qui peut se trouver conforter par des dépenses publiques et une croissance du crédit qui sont attendues en baisse en 2025. Des facteurs qui ne pourront ainsi pas venir au secours de la croissance indienne dans les mêmes proportions que par le passé.
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