Macro-économie / Taux / Stephen Miran / Donald Trump
Macro-économie / Taux
Stephen Miran / Donald Trump
Donald Trump nomme Stephen Miran à la tête du Conseil des conseillers économiques / Il est un fervent critique de la Fed
L’équipe de conseillers économiques du président élu Donald Trump se précise un peu plus. Le républicain a choisi de proposer la nomination de Stephen Miran à la tête du Conseil des conseillers économiques (Council of Economic Advisers - CEA). Fondé en 1946 et placé auprès de la Maison Blanche, ce dernier est chargé de fournir au Président des recommandations sur la politique économique nationale et internationale.
Par le passé, d’illustres personnalités telles que, notamment, Alan Greenspan, ancien président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Janet Yellen, secrétaire au Trésor et ancienne présidente de la Fed, Ben Bernanke, Prix Nobel d’Économie 2022 et ex-président de la Fed, Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’Économie 2001, l’ont dirigé.
" Je suis impatient de travailler pour aider à mettre en œuvre le programme politique du président pour créer une économie en plein essor et non inflationniste qui apporte la prospérité à tous les Américains !”, a réagi Stephen Miran, qui devra encore recevoir l’aval du Sénat, majoritairement républicain, pour entrer en fonction.
Quelques années après avoir obtenu un doctorat en économie à l’Université de Harvard, sous la direction du chercheur Martin Feldstein, lui aussi un temps patron du CEA pendant une partie de la présidence de Ronald Reagan, Stephen Miran a rejoint la sphère financière. Au cours des années 2010, il fut tour à tour gérant de portefeuille, analyste macro ou encore stratégiste, poste qu’il occupe d’ailleurs aujourd’hui chez Hudson Bay Capital Management. En outre, au cours de la dernière année du premier mandat de Donald Trump, il était conseiller économique au Trésor (Steven Mnuchin en était alors à la tête).
En parallèle de ses fonctions dans un fonds d’investissement, Stephen Miran a signé de nombreux rapports pour le Manhattan Institute, think tank qu’il a intégré en 2023.
Si Donald Trump se montre très virulent avec la Fed, celui qu’il a choisi pour présider le CEA a également des idées bien arrêtées sur ce que devrait être son fonctionnement. Dans un rapport réalisé avec l’économiste Dan Katz en mars dernier pour le compte du Manhattan Institute, il plaidait pour une réforme profonde de sa gouvernance. "[Elle] facilite la pensée de groupe qui a conduit à des erreurs importantes de politique monétaire [l’inflation élevée post-covid est pointée du doigt, ndlr] tout en permettant à la Fed la flexibilité d’étendre de manière imprudente son mandat à des domaines intrinsèquement politiques tels que le rationnement du crédit et la réglementation bancaire", peut-on lire sous sa plume.
Les réformes proposées comprennent entre autres la mise en place d’un mandat unique de 8 ans pour les membres du Conseil des gouverneurs (contre 14 ans aujourd’hui, sauf le président dont le mandat est de quatre ans renouvelable à l’infini), la modification de la structure du Comité de politique monétaire (FOMC) pour renforcer le pouvoir relatif des Fed régionales (seuls les membres du Conseil des gouverneurs, tous nommés par le président des États-Unis, votent à chaque réunion), la suppression des fonctions non liées à la politique monétaire telles que"la réglementation bancaire et la réponse aux crises du FOMC" (par exemple la décision de déployer un programme d’achats d’actifs devrait être bien davantage encadrée).
Par ailleurs, les dirigeants des Fed régionales ne seraient plus nommés par le Conseil des gouverneurs de la Fed et le conseil d’administration des Fed régionales mais par le gouverneur de l’État auquel elles appartiennent.
"Ces changements sont conçus pour créer de meilleures incitations pour permettre au FOMC de mener la politique monétaire sans considérations politiques à court terme, en partie en introduisant ce que nous appelons le "fédéralisme monétaire" pour contrôler la capacité du président américain à dominer complètement l’équilibre des pouvoirs au sein du FOMC. Ces changements garantissent également que la Fed peut fonctionner avec l’indépendance nécessaire pour définir une politique monétaire efficace tout en étant responsable devant les institutions démocratiques", estime-t-il.
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