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Private equity : Ardian a porté les levées de fonds en France en 2016
Alors que l’Afic (Association Française des Investisseurs pour la Croissance) s’apprête à tenir une réunion pour présenter ses 16 propositions pour « faire du capital investissement français le numéro 1 européen » à l’attention des candidats à l’élection présidentielle, Preqin a fourni des données précieuses – et contrastées - sur le marché français.
D’une part, les levées de fonds par des sociétés de gestion basées dans l’Hexagone ont connu une année record, et cela en grande partie grâce à Ardian. L’un des leaders européens du private equity, qui affiche 60 milliards de dollars sous gestion, a réalisé ainsi trois des quatre plus importantes collectes de l’année : un septième fonds secondaire record à 10,8 milliards de dollars en avril, un sixième véhicule LBO à 4 milliards d’euros et un quatrième fonds expansion (capital développement et LBO inférieurs à 225 millions d’euros de valorisation) à 1 milliard d’euros, soit deux fois la taille du fonds levé deux ans auparavant. Seul Astorg Partners s’est hissé sur le podium des levées de fonds françaises, avec un sixième véhicule closé au hard cap à 2,1 milliards d’euros, après seulement neuf mois de roadshows.
L’appétit des Limited Partners pour la classe d’actifs, alternative illiquide mais au couple risque-rendement attractif dans le contexte de surliquidité, est toujours aussi vorace. Pourtant, le marché n’arrive pas à mettre au travail tout cet argent. Le marché est ainsi en net recul en valeur (-43% à 8,8 milliards d’euros) par rapport à des exercices 2014 et 2015 certes élevés (36,6 et 15,6 milliards d’euros), même si le marché français des LBO a enregistré un nombre record d’opérations (279 deals) l’an passé. La raison tient en réalité au faible nombre de méga deals : seules deux transactions ont franchi la barre du milliard d’euros, selon Preqin. Il s’agit de la vente de Foncia par Bridgepoint et Eurazeo à un consortium d’investisseurs (Caisse des Dépôts et Placement du Québec, le chinois CIC et Partners group) pour 1,83 milliard d’euros et de la vente de la filiale d’électronique défense par Airbus à KKR (1,1 milliard d’euros). Ces données sont certes à prendre avec prudence, car elles ne prennent pas en compte les ventes de Morpho (basé en Allemagne) par Safran à Advent International (2,45 milliards d’euros) ou encore celle d’Atotech par Total à Carlyle (3,2 milliards de dollars), qui n’a pas encore été finalisée.
Sur le front du venture en revanche, plusieurs grandes opérations réalisées par les « licornes » françaises (ces start-up valorisées plus d’1 milliard d’euros) ont été au centre de l’attention cette année : le spécialiste des objets connectés Sigfox a collecté 150 millions d’euros, tandis que la plateforme musicale Deezer et le fabricant d’enceintes Devialet ont levé 100 millions d’euros, tous auprès d’un mix d’investisseurs venture, de grands corporates et de structures publiques comme bpifrance. Grâce à ces deals d’envergure, le capital risque français a signé un millésime stable (1,6 milliard d’euros), malgré la baisse de 15% du nombre de transactions. A fin juin 2016, le « dry powder » des montants levés mais pas encore investis par le private equity français était stable, à 18,5 milliards de dollars, selon Preqin.
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