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Macro-économie / Taux / Fed / tapering / achats d'actifs / taux d'intérêt

Macro-économie / Taux
Fed / tapering / achats d'actifs / taux d'intérêt

La Fed ajuste sa puissance de feu

Compte tenu de l’avancée de la reprise économique, la Banque centrale américaine a décidé de diminuer progressivement sa présence sur les marchés obligataires au cours des mois à venir. Les yeux des investisseurs sont désormais rivés sur ses taux directeurs…

Plus de quatre mille milliards de dollars plus tard, une page se tourne. Après avoir déversé - durant la crise pandémique – des wagons de liquidités sur le marché des bons du Trésor et des créances hypothécaires titrisées (Mortgage-backed security) pour garantir des conditions de financement accommodantes, la Réserve fédérale américaine (Fed) a décidé de lever le pied en raison des "progrès substantiels" réalisés par l’Oncle Sam en matière d’emploi et d’inflation.

Alors que ses achats nets d’actifs atteignaient 120 milliards de dollars par mois jusqu’à maintenant, elle a acté un infléchissement de ce rythme (tapering) à hauteur de 15 milliards de dollars à compter de ce mois-ci. Ainsi, ses acquisitions nettes de bons du Trésor atteindront 70 milliards de dollars en novembre (contre 80 milliards de dollars auparavant), puis 60 milliards de dollars en décembre. Concernant les créances hypothécaires titrisées, les achats nets s’établiront à 35 milliards de dollars en novembre puis 30 milliards en décembre.

Durant sa conférence de presse, Jerome Powell, président de la Fed a précisé que "si l'économie évolue globalement comme prévu, nous estimons que des réductions similaires du rythme des achats nets d'actifs seront probablement appropriées chaque mois, ce qui implique que les augmentations de nos avoirs en titres cesseront d'ici le milieu de l'année prochaine. Cela dit, nous sommes prêts à ajuster les approches du rythme si des changements dans les perspectives économiques le justifiaient". 

Si tout se passe comme escompté, les achats nets d’actifs de la Fed seront nuls dès juillet 2022. En fait, à compter de cette date, les seuls achats qu’elle mènera pourraient viser à maintenir constante la taille de son bilan. En d’autres termes, elle pourrait conduire - dans un premier temps - une politique de réinvestissement des tombées de titres arrivant à maturité : le degré d'accommodation de la politique monétaire serait donc encore très élevé.

La question du taux d'intérêt directeur

Dans le cadre du resserrement de sa politique monétaire, la prochaine étape pour la Fed consistera à augmenter son taux d’intérêt directeur. A ce propos, Jerome Powell a déclaré que "nous ne pensons pas que ce soit le bon moment pour relever les taux d'intérêt, car nous voulons voir le marché du travail se rétablir davantage et nous avons de très bonnes raisons de penser que cela se produira lorsque le variant Delta reculera, ce qui est le cas actuellement".

Pour rappel, le dernier dot plot (la trajectoire future du taux d’intérêt directeur attendue par chacun des membres du Comité de politique monétaire - FOMC) qu’a publié la Fed en septembre montrait que neuf des 18 membres du FOMC s’attendaient à au moins une hausse de taux d’intérêt l’an prochain – contre sept en juin. Le marché juge également cette possibilité de plus en plus vraisemblable. En effet, d’après le marché des contrats à terme sur les fonds fédéraux, la probabilité d’assister à au moins une hausse de taux en juin prochain est de 61,4% (donc en même temps que la fin des achats nets d'actifs), soit près de quatre fois plus qu’il y a un mois, peut-on calculer grâce à CME FedWatch Tool.

Estimant que l'inflation ralentira de manière significative à partir du deuxième trimestre 2022 et que le niveau d'emploi maximum ne sera pas atteint avant la fin de 2022, Kathy Bostjancic, économiste chez Oxford Economics, avance que la Fed sera moins agressive que le marché ne l'anticipe et attendra décembre 2022 pour relever ses taux. Un sentiment plutôt partagé par Paul Ashworth, économiste chez Capital Economics, qui ne prévoit, lui, aucune hausse de taux au cours de l'an prochain. 

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