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Mario Draghi continue de soutenir le crédit en Europe
Les conditions de prêts aux ménages et entreprises continuent de s'améliorer si l'on en croit la dernière enquête publiée par la BCE pour le premier trimestre de cette année. Ainsi, les banques interrogées par Francfort ont expliqué avoir assoupli leurs critères de prêts aux acteurs économiques de leurs pays, principalement afin de rester compétitives et ne pas se faire voler les clients par des concurrentes plus généreuses qu'elles. Si elles estiment que les conditions de crédit aux entreprises pourraient légèrement se resserrer au deuxième trimestre, elles ne devraient en revanche pas modifier leur politique à l'égard des ménages, selon les résultats du sondage. Les banques ont également indiqué que les achats d'actifs de la BCE avaient amélioré leur liquidité et leurs conditions de refinancement sur les marchés mais qu'ils continuaient en revanche de faire pression sur leurs marges.
Côté demande, les réponses sont également plutôt encourageantes, puisque celle-ci d a augmenté toutes catégories confondues : la baisse des niveaux d'inventaires, mais également la faiblesse des taux d'intérêt ont contribué à la hausse de la demande de prêts des entreprises et ménages, selon les acteurs interrogés. Une bonne nouvelle pour la croissance de la zone euro selon Bert Colijn, analyste chez ING, qui souligne que les conditions de crédit ne seront pas un frein à la reprise amorcée en fin d'année dernière.
Les réponses des banques et des entreprises devraient conforter Mario Draghi jeudi lors de sa conférence de politique monétaire, lui qui avait déjà souligné la bonne tenue du crédit début mars lors de la dernière réunion: "La croissance du crédit a atteint son point le plus haut depuis huit ans et les mesures de politique monétaire mises en place depuis juin 2014, renforcées par les décisions de décembre 2016, ont continué de se transmettre efficacement aux conditions d’emprunt des entreprises et des ménages et aux flux de crédit dans la zone euro", avait-il alors expliqué.
Si les Allemands souhaitent un resserrement rapide de la politique d'assouplissement monétaire menée par Francfort, Mario Draghi a fait savoir qu'il préférait encore attendre une consolidation de la croissance et de l'inflation avant d'entamer le tapering. Rappelons que le rythme d'achats de titres mensuel est passé de 80 milliards à 60 milliards en mars, mais que le taux de dépôt est toujours situé en territoire négatif, à -0,4%. "Aucun changement n'est à attendre cette semaine, même si les divergences récentes au sein de la BCE plaident pour l'annonce d'une réduction des achats", explique ainsi Nicolas Forest, directeur de la gestion obligataire chez Candriam. 60% des économistes s'attendent désormais à une annonce dans ce sens dès le mois de septembre. Un agenda qui permettrait au président de la BCE d'attendre qu'une partie des risques politiques soit écartée.
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